Rat musqué

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Rat musqué

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Rat musqué (Ondatra zibethicus)

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Rodentia
Sous-ordre Myomorpha
Famille Muridae selon ITIS
Cricetidae selon MSW
Sous-famille Arvicolinae
Genre Ondatra

Nom binominal

Ondatra zibethicus
(Linnaeus, 1766)

Synonymes

  • Castor zibethicus Linnaeus, 1766
  • Ondatra americana Tiedemann, 1808

Sous-espèces de rang inférieur

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image  Verbreitungsgebiet Bisamratten.jpg.

     /    habitat natif

     /    zone d'introduction

Description de l'image  Image:Bisamratte-drawing.jpg .

Le rat musqué (Ondatra zibethicus) (ou rat d'Amérique) est un rongeur de la famille des muridés de 30 à 40 cm de long qui pèse jusqu'à 1,5 kg (sec). Il est réputé pouvoir vivre une dizaine d'années en captivité, mais il ne dépasse que rarement 3 ou 4 ans dans la nature. Excellent nageur, il peut parcourir près de 100 m sans respirer sous l'eau ou y rester submergé et immobile plus de 15 minutes s'il se sent menacé.

Originaire d'Amérique du Nord, il a été introduit en Europe au début du XXe siècle pour sa fourrure et comme sujet de curiosité (en Bohême au début du XXe siècle). Il a été élevé dans de nombreux élevages en Europe, avant que des individus échappés d'élevages ou volontairement libérés dans la nature colonisent les milieux naturels et agricoles. Il est devenu dans les années 1960 le mammifère le plus commun des cours d'eau des zones agricoles d'Europe de l'Ouest où il cause d'importants dégâts.

Il ne faut pas le confondre avec le ragondin (Myocastor coypus), un autre rongeur beaucoup plus gros (jusqu'à 9 kg) de la famille des capromyidés originaire d'Amérique du Sud, lui aussi introduit en Europe, mais moins invasif et qui passe plus difficilement l'hiver, ni avec le rat d'eau, espèce indigène à l'Ancien monde.

Description[modifier | modifier le code]

  • Il possède une grosse tête avec des incisives puissantes, de fortes pattes postérieures frangées sur leur bord externe de petits poils natatoires.
  • Les membres antérieurs sont beaucoup plus courts.
  • De solides griffes lui permettent de creuser efficacement les sols
  • Longueur : 50 à 61 cm, dont 30 à 36 cm pour la tête et le corps, 20 à 25 cm pour la queue, presque glabre, noirâtre, écailleuse et comprimée latéralement (à part le castor, c'est le seul rongeur qui n'ait pas une queue arrondie).
  • Couleur : plus foncée sur le dos (brun à presque noir) et plus claire sur le ventre (brun-gris). Sa couleur peut légèrement varier avec l'âge.
  • Fourrure : Un duvet très dense de sous-poils gris le protège du froid, sous une couche de poils de couverture rigides et brillants.

Alimentation[modifier | modifier le code]

C'est un herbivore, mais si son régime alimentaire est essentiellement composé de végétaux, il le complète en hiver par quelques animaux aquatiques. Il est notamment capable d'ouvrir des coquillages (anodontes, moules zébrées, palourdes asiatiques qu'il casse toujours de la même manière). À l'occasion il peut également se nourrir de poissons laissés sur la rive par des pêcheurs.

Habitat[modifier | modifier le code]

Huttes de rat musqué
Ондатры. Тверская область.jpg

C'est un animal relativement ubiquiste, mais qui reste amphibie.
Il ne vit qu'à grande proximité des eaux dormantes ou courantes ; il creuse des terriers dans les berges débouchant normalement sous l'eau, ou lorsqu'il n'est pas dérangé construit des « huttes » rappelant celles des castors : amoncellements de branches et débris végétaux dans les roselières.

Il apprécie peu les berges en pentes très douces, notamment si elles sont piétinées par les animaux (son terrier s'effondre).

Dès qu'il peut y creuser un terrier, éventuellement en passant sous les parois de béton, il n'hésite pas à coloniser les berges de canaux très fréquentés.

Comportement[modifier | modifier le code]

C'est une espèce territoriale dont le comportement intraspécifique et interspécifique a été étudié, en lien avec ceux du castor canadien (autre espèce introduite en Europe du Nord)[1]. Il se rend plus discret (par exemple en ne faisant que des terriers, et pas de hutte) en présence d'une forte pression humaine, notamment pression de chasse ou de piégeage.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Dès la maturité sexuelle, acquise dès l'âge d'un an, le mâle et la femelle produisent – du printemps au début de l'été, via des glandes sexuelles – une substance à l'odeur musquée qui signifie qu'ils sont prêts à s'accoupler.
La gestation est brève (environ 30 jours), ce qui explique la prolificité de l'espèce : 2 à 3 portées par an sont possibles, avec 6 à 7 petits par portée, allaités de 21 à 28 jours.

Le mâle s'occupe des petits avec la femelle, dans le terrier avant leur émancipation.

À l’automne, les jeunes sont autonomes et quittent leurs parents pour chercher un nouveau territoire.

Espèce invasive[modifier | modifier le code]

Cette espèce invasive a colonisé les cours d'eau du nord de la France et de la Belgique dans les années 1960 à partir d'animaux introduits ou échappés d'élevages, ou relâchés par des éleveurs alors que le cours de la fourrure chutait.

Il fait partie des espèces invasives en Europe, classé nuisible et faisant l'objet d'une lutte intensive dans les zones agricoles situées entre les Pays-Bas et la région parisienne. Il est inscrit sur la liste d'espèces susceptibles d'être classés nuisibles en France.

Impacts[modifier | modifier le code]

Il cause des dégâts physiques aux digues et aux berges qu'il sape avec ses terriers[2].
Il a aussi un impact significatif sur les roselières (mesuré par l'ONCFS en France en comparant des zones de roselières protégées par des grillages (exclos) avec des zones non protégées)[3].


Capable de mobiliser environ 1 m3 de terre par an, le rat musqué y dégrade en effet les berges raides des fossés et des cours d'eau qui drainent les zones cultivées. Il déchausse les saules plantés au bord des mares et cours d'eau. Il est très difficile de le chasser et plus encore de l'éradiquer, car il se reproduit rapidement et il bénéficie dans ces régions d'une quasi-absence de prédateurs et d'une nourriture facile et très énergétique partout où les champs avoisinent les cours d'eau, ce qui est devenu très fréquent depuis que les remembrements dans les années 60 à 80 ont mis en culture des milliers de prairies alluviales et de bas-pays (céréales, maïs et pommes de terre ainsi que les betteraves sont appréciés de l'Ondatra).
Dans cette région, l'USAN (Union des syndicats d'assainissement du Nord) coordonne la lutte contre le rat musqué sur son territoire et en lien avec ses homologues belges (flamands et wallons) depuis avril 1968.

Il peut véhiculer la leptospirose, l’hantavirose (et la maladie de Lyme dans les régions où les tiques sont nombreuses) et probablement d'autres maladies.

Lutte contre le rat musqué[modifier | modifier le code]

En France par exemple, cette espèce est inscrite sur la Liste des animaux susceptibles d'êtres classés nuisibles. Elle est organisée sous l'égide des préfets, et le cas échéant de manière transfrontalière (par exemple dans les Flandres belges et françaises où il a trouvé un habitat idéal (nombreux cours d'eau et watringues aux berges raides où il se cache facilement et source abondante de nourriture d'origine agricole). Récemment,le projet CARTORA y mutualise certains moyens, dont une cartographie commune des zones infestées, pour soutenir l'effort de piégeage (dans le respect des règles communautaires), avec en outre un travail sur la certification des pièges et des actions communes de communication[4].

Depuis le 31 mai 2009, les appâts chimiques sont interdits dans toute l'Europe (la FREDON en distribuait 120 tonnes d'anticoagulants par an rien que dans le Nord-Pas-de-Calais[5]) en raison des risques toxiques et écotoxiques qu'ils génèrent. Le piégeage (piège en X, avec agrément et autorisation, ou piégeage à la nasse autorisé sans agrément), le tir à l'arc ou au fusil (avec cartouche sans plomb) et une gestion plus écosystémique (reprofilage de berges en pentes douces, aménagements favorisant les prédateurs des rats-musqués...) sont maintenant recommandés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ALST, H. von (2000): Untersuchungen zum intra- und interspezifischen Verhalten von kanadischem Biber Castor canadensis Kuhl, und Bisam Ondatra zibethicus (L.). - Proc. 1. EBS Bratislava 1997: 171-172. (2325)
  2. MERIAUX, J.-L., 1976. - Influence écologique du rat musqué (Ondatra zibethica L.) sur l’écosystème étang. Bull. Soc. Bot. Nord Fr., 28-29 : 3. Lille.
  3. ONCFS (Revue Faune Sauvage - Avril 2008)
  4. Présentation de CARTORA (Cartographie transfrontalière de l’infestation des rats musqués) , consulté 2013-06-10
  5. "La fin de la lutte chimique" ; Revue "Ici l'Aa", source d'information du SAGE Delta de l'Aa, n° 15 dec 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Piégeage

Référence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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