Omar m'a tuer

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le film, voir Omar m'a tuer (film).

« Omar m'a tuer » est une phrase à la grammaire incorrecte, liée à l'affaire Omar Raddad. Devenue célèbre dans le cadre de cette affaire judiciaire, elle fait rapidement l'objet de nombreux détournements.

Origine de la phrase[modifier | modifier le code]

Le , les gendarmes découvrent le corps sans vie de Ghislaine Marchal dans la cave de son domicile de Mougins. Près du corps, la phrase accusative « Omar m'a tuer » est retrouvée, écrite en lettres de sang sur une porte. Elle semble imputer le crime à Omar Raddad, jardinier de Ghislaine Marchal.

Cette inscription est célèbre pour la faute de grammaire qu'elle contient, l'accord correct étant « Omar m'a tuée ». En effet, il est supposé par l'enquête que Ghislaine Marchal a écrit cette accusation : le « m' » (« moi ») est ici le complément d'objet direct pour « Ghislaine ». Il est placé avant le verbe avoir (« m'a »). L'accord du participe passé du verbe « tuer » doit donc être fait au féminin : « tuée »[1],[2].

L'ensemble du débat autour de cette phrase et de cette faute se résume à la question de l'authenticité de l'inscription[3], la défense de Omar Raddad faisant valoir que Ghislaine Marchal, décrite comme une femme éduquée et de bonne famille, n'aurait pu commettre une telle faute de grammaire. D'autres soulignent cependant que cette faute d'accord est fréquente chez les locuteurs francophones[2] et que la victime l'aurait aussi commise[4] dans des documents retrouvés par gendarmes, mais dont l'expertise est contestée[3].

En tant qu'indice ambigu, la phrase est devenue l'emblème de toute l'affaire criminelle[2], au point de servir de titre au film qui met à l'écran l'histoire de ce meurtre.

Détournements de la faute[modifier | modifier le code]

L'erreur de grammaire est imitée volontairement dans un grand nombre de pamphlets[4], qui ne sont pas systématiquement compris par le lecteur. Ceux-ci y voient une erreur sans pour autant comprendre le contexte qui s'y rattache[2].

Le premier détournement connu de l'expression date du , dans une tribune publiée dans le journal Le Monde par André Rousselet, « Édouard m'a tuer », où il rend le Premier ministre d'alors, Édouard Balladur, responsable de son éviction de la présidence de Canal+[5]. Jacques Médecin publie la même année un livre sous-titré « Mitterrand l'a tuer »[4].

De nombreux détournement ont ainsi été effectués[4]. En septembre 2011, il y a déjà pas moins de douze livres publiés dont le titre suit cette matrice syntaxique[5], dont Sarko m'a tuer. Le sur-titre d'une des affiches promotionnelles de Canal+ pour le film Intouchables est « Omar m'a pousser », en référence à Omar Sy qui y joue le rôle de l'aide d'un tétraplégique[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’archaïque accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018)
  2. a b c et d « « Omar m’a tuer » : histoire d’une faute tristement célèbre (1/2) », Le Projet Voltaire,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018)
  3. a et b « Omar m'a tuer - les expertises en écriture », Police Scientifique,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018)
  4. a b c d et e « "Omar m'a tuer" : quand une phrase morbide devient un cliché publicitaire pénible », leplus.nouvelobs.com,‎ (lire en ligne, consulté le 26 octobre 2018)
  5. a et b François Krug, « Sarko m'a tuer » : pourquoi le titre de Rue89 vous a choquer », Rue89,