Omar Ould Hamaha

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Omar Ould Hamaha
Omar Ould Hamaha

Surnom Barbe rouge, Hakka
Naissance
Kidal
Décès 4 ou (à 50 ans)
Ametettaï, entre Aguel'hoc et Tessalit
Mort au combat
Origine Malien, Arabe bérabich
Allégeance ShababFlag.svg AQMI (~ 2005-2012)
ShababFlag.svg Ansar Dine (début 2012)
ShababFlag.svg MUJAO (fin 2012)
Flag of Jihad.svg Les Signataires par le sang
(début 2013 - août 2013)
Flag of Jihad.svg Al-Mourabitoune
(août 2013 - mars 2014)
Commandement Katiba Ansar Al-Charia
(début 2013)
Katiba Al-Mouthalimin
(fin 2013)
Conflits Guerre du Mali
Faits d'armes Bataille de Gao
Bataille de Ménaka

Omar Ould Hamaha, né le à Kidal[1] et tué par l'armée française, le 4 ou le , dans la région de Kidal[2] est un djihadiste malien qui au cours de la guerre du Mali a occupé des fonctions de commandement, au sein de différents groupes armés ; AQMI, le MUJAO, Ansar Dine, puis Al-Mourabitoune[3],[4],[5],[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Omar Ould Hamaha se déclare né en 1963[6], à Kidal[3], en territoire touareg. Il est issu d'une famille nombreuse de nomades berabiches[7]. Son père est goumier dans une unité mobile de l'armée[7]. Après des études à Tombouctou, au collège, puis au lycée franco-arabe, il obtient son baccalauréat en sciences en 1984[7]. Il choisit ensuite d'aller étudier le Coran dans une madrasa en Mauritanie.

Conversion au jihadisme[modifier | modifier le code]

À son retour à Tombouctou, en 1990, les Touaregs et certains clans arabes se soulèvent contre Bamako. L'un de ses frères, membre du Front islamique arabe de l'Azawad, est tué par l'armée malienne[7]. Il échappe à la répression militaire et adhère au mouvement Tabligh, un courant d’origine pakistanaise qui s’emploie à répandre l’islam par le prêche, et entame un tour du monde au cours duquel il se convertit aux idées jihadistes au milieu des années 2000[1].

Omar Ould Hamaha rejoint alors Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) comme lieutenant de Mokhtar Belmokhtar, émir de la brigade Al-Moulathimin, qui s'enrichit grâce aux trafics divers et aux enlèvements d'Occidentaux. Le 14 décembre 2008 entre Samira et Niamey au Niger, avec deux de ses hommes, il enlève deux diplomates canadiens ː Robert Fowler et Louis Guay. Libéré le 21 avril 2009 après le versement d'une rançon, Robert Fowler indiqua qu'Omar Ould Hamaha tenta inlassablement de le convertir à l'islam[8],[9],[10]. A la fin de l'année 2009, Omar apparaît dans une vidéo en train de s’entraîner avec d’autres jihadistes aux côtés de Mokhar Belmokhtar, dont la femme n'est autre que la nièce d'Omar[1].

Rôle durant l'occupation du nord du Mali par les groupes islamistes[modifier | modifier le code]

Début 2012, il rallie le groupe Ansar Dine[3] pour des raisons inconnues avec lequel il conquiert Tombouctou le [5] avant de s’illustrer lors de la bataille de Gao contre le MNLA[4].

Il rejoint ensuite le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), dont il devient le porte-parole[5], afin de rallier à sa cause des combattants issus des communautés touarègues et arabes et d'enrôler des recrues originaires de toute l'Afrique de l'Ouest[7].

Vers fin décembre 2012 ou début janvier 2013, il crée une nouvelle katiba, baptisée Ansar al-Charia. Elle combat au sein d'Ansar Dine et arbore des étendards blancs sur lesquels sont écrits la chahada. Elle est constituée principalement d'Arabes bérabiches de la région de Tombouctou. Elle comporterait également des transfuges du MAA[11],[5].

Après l'opération Serval[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, il est à Tombouctou lorsque débute l'opération Serval. Il quitte la ville dès les premiers bombardements français et se dirige vers la frontière algérienne. Il vit un temps dans les environs de la ville frontalière de Bordj Badji Mokhtar, avec son lieutenant Hamadou Ould Cherif[12].

En 2013, il semble suivre à nouveau Mokhtar Belmokhtar et rejoindre les Signataires par le sang. Dans une vidéo publiée en septembre 2013 il est présenté comme le chef de guerre de la katiba Al-Mouthalimin (les Enturbannés)[13],[14].

Le , la tête d'Omar Ould Hamaha est mise à prix par les États-Unis pour trois millions de dollars[15].

Mort[modifier | modifier le code]

D'après RFI, Omar Ould Hamaha aurait été tué au nord du Mali dans le bombardement de l'Ametettaï, la nuit du 4 au 5 mars 2014[16],[2]. Contactée par Reuters, une source militaire malienne déclare pour sa part qu'il « a été tué lors d'une opération aérienne française dans le Tigharghar », en précisant « C'est ce que nous ont indiqué les services de renseignement hier »[17]. Cependant, d'après un rapport des Nations unies obtenus par l'Associated Press, Omar Ould Hamaha aurait en fait été tué avec deux autres djihadistes le 8 mars, à environ 200 kilomètres au nord-est de Tombouctou, lors d'une fusillade avec des soldats français[18]. Le 20 mars, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian confirme la mort d'Oumar Ould Hamaha[19].

Cependant le , Abou Assem Al-Mouhajir, porte-parole d'AQMI conteste ces déclarations et affirme que « Omar Ould Hamaha est bien vivant. Il n'a pas été tué par les Français contrairement aux déclarations du ministre français de la Défense et des médias français »[20]. De leur côté, les services français persistent et confirment qu'Omar Ould Hamaha est bel et bien mort[21].

Finalement, en février 2016, Omar Ould Hamaha est présenté comme « martyr » dans une vidéo d'AQMI, qui confirme ainsi sa mort[22].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Portrait. On l’appelle “Barbe rousse” », Telquel (consulté le 2 février 2013)
  2. a et b Mali : un chef jihadiste tué par un missile français lors d'une opération, le Parisien, le 14 mars 2013.
  3. a b et c (en) « Oumar Ould Hamaha: a case study of the bridges between three groups », GCTAT (consulté le 2 février 2013)
  4. a et b « Qui est « le barbu rouge » du Sahel? », slateafrique.com (consulté le 2 février 2013)
  5. a b c et d Alain Rodier, « MALI : POINT SUR LES FORCES REBELLES », CF2R (consulté le 2 février 2013)
  6. « Mali: pour le djihadiste Oumar Ould Hamaha, « une seule solution: le combat et le sabre » », maliweb.net (consulté le 2 février 2013)
  7. a b c d et e « Mali: le djihad du "Barbu rouge" », L'Express (consulté le 2 février 2013)
  8. Lemine Ould Mohamed Salem, Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, Éditions de La Martinière, , p.95-114.
  9. Jeune Afrique : Robert Fowler, ex-otage d'Aqmi : "J'ai cru plusieurs fois que j'allais être tué", par Benjamin Roger.
  10. Paris Match : ROBERT FOWLER, OTAGE D’AQMI PENDANT QUATRE MOIS. “DIFFICILE DE NE PAS DEVENIR FOU”
  11. Sahara Media : La nouvelle qatiba « Ançar Echaria », un nouveau projet djihadiste conduit par l’homme à la barbe rouge
  12. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 207-208.
  13. 20 Minutes : Le chef d'Aqmi démissionne pour créer un groupe plus large au sein d'Al-Qaïda
  14. Le Figaro : Belmokhtar diffuse les préparatifs de ses attaques en images
  15. Le Point : La tête de Belmokhtar mise à prix
  16. RFI : Mali: mort d'un important jihadiste
  17. Reuters : Mali. Un important chef islamiste tué par l'aviation française
  18. Associated Press : Le porte-parole des jihadistes maliens abattu par les forces françaises
  19. AFP : Le ministre de la Défense estime que «la guerre de libération du Mali est finie, elle a été gagnée».
  20. RTL : Aqmi dément la mort d'un de ses chefs annoncée par Paris
  21. RFI : Mali: qui sont les nouveaux chefs des katibas jihadistes?
  22. Lemine OULD M. SALEM, Omar Ould Hamaha dit barbe rousse est présenté comme martyr. Sa mort est donc confirmée par #aqmi, twitter, 13 février 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]