Olympia Werke

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Olympia-Werke
logo de Olympia Werke

Création
Disparition 1992
Fondateurs Friedrich von Hefner-Alteneck (en)
Forme juridique Société par actions
Siège social Schortens
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Activité Machines de traitement de chèque, bureautique générale, terminaux et ordinateurs
Produits Caisses enregistreuses, machines de traitement de chèque, réseaux locaux
Société mère AEG
Effectif 20000 salariés (1960)
Site web www.olympia-vertrieb.de
AEG Mignon, machine à écrire d’Olympia Werke (1924).

Olympia Werke est une compagnie allemande qui produisait des machines à écrire et qui était établie à Roffhausen (de), près de Wilhelmshaven. La compagnie produit ses premières machines à écrire en 1903 à la demande de Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft (AEG). L’usine est fermée depuis 1991, et seule la marque existe encore.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, la société Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft (AEG) commande à l'ingénieur électricien berlinois Friedrich von Hefner-Alteneck (en) de développer une machine à écrire. Hefner Alteneck conçoit la Mignon, une machine à écrire peu coûteuse abordable tant pour les grandes entreprises que pour les professionnels et les particuliers. La société Union Schreibmaschinen-Gesellschaft m.b.H. lance la distribution de la machine le 15 août 1903 et commercialisera les machines sous la marque Olympia.

En 1912, la production de machines à écrire à levier débute et connaît une expansion importante après la Première Guerre mondiale, ce qui induit en 1923 une nouvelle implantation à Erfurt.

La société est rebaptisée en 1930 Europa Schreibmaschinen et les produits reçoivent le nom de marque international Olympia. La dernière Mignon, en 1933,est appelée Olympia-Plurotyp.

Le 31 décembre 1936, la dénomination sociale est modifiée en Olympia Büromaschinenwerke.

Pendant la Seconde Guerre mondiale l'usine d'Erfurt est endommagée par des tirs d'artillerie américaine qui ont lieu du 11 au 13 avril 1945. Le 3 juin 1945, ce qui subsiste de l'usine tombe entre les mains de l'Armée rouge et devient une entreprise publique (Volkseigener Betrieb) qui a produit sous le nom VEB Optima Büromaschinenwerke diverses machines de bureau.

Redémarrage après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Grâce à l’afflux d’ouvriers de l’usine d’Erfurt et au transfert réussi des machines après la Seconde Guerre mondiale, on aménagea d'abord une fabrique de machines à écrire à Bielefeld (Bielefelder Schreibmaschinen Werke), puis une nouvelle usine à Wilhelmshaven. À la fin de 1945 le président de l'entreprise de Bielefeld rechercha parmi les anciennes installations de la Marine de Roffhausen des terrains convenables et une main d’œuvre qualifiée. Le 1er octobre 1946, les forces d'occupation autorisent la reprise de la production. Au début de l'année suivante, la main d’œuvre se compose de 28 ouvriers, et la fabrication de machines à écrire reprend dans des conditions difficiles, mais les ventes (grâce à la forte demande qui caractérise le Miracle économique allemand) sont un véritable succès. Dès la fin de l'année 1947, l'usine prend le nom d’Orbis Schreibmaschinen-Werke[1].

En 1949, les responsables de l'usine saisirent la Cour internationale de justice de La Haye pour reprendre le droit d'utiliser la marque Olympia, disputée par les usines de RDA. Le tribunal considéra que seule l'usine de Wilhelmshaven détenait les droits sur la marque, et l'usine d'Erfurt prit désormais le nom d’Optima. Quant à l'usine de Wilhelmshaven, elle s'appela d'abord Olympia Werke West GmbH (1950) puis à partir du mois de juin 1954, Olympia Werke AG.

Expansion dans l'Après-Guerre[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1950, le chiffre d'affaires, la production et les effectifs augmentent sans cesse, si bien qu'en 1957 la société atteint un record avec 12 000 salariés. Dans tout le Nord-ouest de l'Allemagne, des sous-traitants fabriquent les pièces pour approvisionner Roffhausen. L’usine de Leer, forte de 2 500 salariés, ouvre en 1957 : elle est spécialisée dans les machines à écrire portatives et les modèles miniatures.

Puis l'entreprise continue de s'agrandir par rachats successifs, notamment celui du fabricant de calculatrices mécaniques Brunsviga Maschinenwerke GmbH à Brunswick (1957-59). Avec ce rachat, on transfère la fabrication de machines de comptabilité Olympia à Brunswick et l'entreprise se consacre au développement de calculatrices quatre opérations, par la suite commercialisées sous le nom de Brunsviga.

En 1959 l’usine de Roffhausen se lance dans la production de machines à écrire électriques de type SGE. Dès 1961, en Allemagne, une machine à écrire sur deux est une Olympia. En 1962, AEG augmente ses participations dans Olympia-Werke avant d'acquérir la totalité de son capital moyennant 55 000 000 DM. En 1969, le groupe rachète la marque Alpina Büromaschinen de Kaufbeuren et fait construire trois nouveaux ateliers à Roffhausen, pour un investissement de 10 000 000 DM. Olympia se développe simultanément à l'international avec des filiales à Belfast, Mexico, Santiago du Chili et Toronto. Au début de 1969, l'effectif des employés dépasse 20 000 salariés. Olympia n'est alors plus seulement le numéro un des fabricants allemands de machine à écrire, mais compte au nombre des trois premières sociétés de bureautique au monde[2].

La conversion à l'électrique[modifier | modifier le code]

L’inauguration de la halle no 1 du salon de Hanovre CeBIT 1970 (Centrum der Büro- und Informationstechnik) marqua l’apogée de la société Olympia. Dès la fin des années 1950, les industries du secteur de la bureautique occupaient le troisième rang parmi les exposants du Salon International de Hanovre, et en cette année 1970, Olympia était le plus gros fabricant du salon CeBIT. Ce fut l’occasion de présenter au public l’Olympia Multiplex 80, un des premiers terminaux informatiques européens. La Deutsche Bank de Hambourg avait été la première à bénéficier de cet équipement en 1969. En 1976, 70 terminaux „Multiplex 80“ (représentant un montant de 10 000 000 DM) sont déjà en service[3]. Cet équipement trouva des débouchés commerciaux dans deux secteurs : Olympia fournissait les banques et les services comptables ; Kabelmetal, le fabricant du Multiplex 80, s'occupait de tous les autres secteurs.

L'unité centrale (un PDP-8 de Digital Equipment) d'un réseau de terminaux Multiplex 80.

Vers le milieu des années 1960, Olympia fabriquait, outre des calculatrices mécaniques et électriques, des calculatrices électroniques, dotées d'afficheurs à tubes Nixie. Mais à la fin des années 1970, ces appareils, bourrés de transistors et de diodes, étaient trop encombrants et trop chers : ils ne pouvaient plus soutenir la comparaison avec les calculatrices et perdirent le marché ; aussi, dès le début des années 1970, Olympia se lança dans une coopération avec Matsushita pour les calculatrices, et avec Agfa pour les photocopieurs. Le déclin de la bureautique traditionnelle, au profit de la vogue des PC, annonçait la chute d'Olympia Werke AG ; car sa société-mère, AEG, rachetée entretemps par le groupe Daimler, n'était plus en mesure de relancer les investissements en recherche-développement.

Le démantèlement[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1980, le paysage continua de s'assombrir pour AEG Olympia AG. Après des années de déficit, les groupes AEG et Daimler-Benz annoncèrent leur retrait du marché de la bureautique en décembre 1991[4], et la fermeture des usines et de leurs 3 600 salariés.

Au cours des mois suivants, les manifestations des employés de la société manifestèrent à travers toute l'Allemagne (Wilhelmshaven, Francfort et Stuttgart), sous le slogan „Olympia – das Herz der Region muss weiterleben“ : on y insistait sur la responsabilité du groupe Daimler-Benz et la région Wilhelmshaven-Frise fit pression pour le maintien de l'emploi local. Tout cela ne put empêcher la fermeture du site de Roffhausen à la fin 1992. Un résultat positif de ces manifestations fut l'ouverture d'un centre de recherche, le TCN (Technologie-Centrum Nordwest), une SCOP récupérant une partie des actifs d'Olympia. Ce projet a reçu l'appui du gouvernement de Basse-Saxe, du groupe Daimler-Benz, de la Frise, de la ville de Schortens et des représentants syndicaux. AU début de l'année 1993, TCN regroupait 14 ateliers et employait 750 salariés[5],[6],[7]. En 2012, le QG des Services support de la Marine allemande s'est installé sur une partie des terrains du TCN.

Une partie d’AEG Olympia AG a éclaté en diverses PME, comme Olympia Office Vertriebsgesellschaft mbH pour la bureautique, OSG Office Service GmbH pour la maintenance des anciens matériels Olympia, et une société civile immobilière. Les deux premières entreprises ne sont pas restées longtemps dans le groupe AEG : OSG Office Service GmbH a été rachetée le par Elcosa AG de Schaffhausen ; Olympia Office Vertriebsgesellschaft mbH, les droits sur la marque Olympia et les usines du Mexique pont été revendues le au groupe chinois Elite basé à Hong Kong, pour former Olympia International Holdings Ltd[8].

Actuellement, les droits sur la marque Olympia en Allemagne ne sont plus détenus que par Heinz Prygoda, avec les produits Olympia International Holdings Ltd et Olympia Business Systems Vertriebs GmbH de Prygoda[9].

Matériels[modifier | modifier le code]

Machines à écrire[modifier | modifier le code]

Calculatrices de bureau[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eberhard Lippmann, AEG - Olympia - Optima. Büromaschinen aus Erfurt 1924-2004. Sutton Verlag Erfurt, 2010. (ISBN 978-3-86680-706-8).
  • Werner von Eye, Geschichte der Schreibmaschine. Georg Achterberg, Verlag für Berufsbildung GmbH, Berlin 1958
  • Herbert Morgenbesser, Deutsche Großbetriebe. Vol. 4. Ed. Hans-Christoph Reisner, Berlin 1962
  • Hans-Jürgen Schmid, Olympia … und die Olympianer. Brune-Mettcker-Verlag, Wilhelmshaven 2008, (ISBN 978-3-930510-35-1)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Edition spéciale du Wilhelmshavener Zeitung à l'occasion des 5 ans de la ville de Schortens, 21 janvier 2010, pp. XIV-XV.
  2. D’après Leonhard Dingwerth, Die Geschichte der Deutschen Schreibmaschinen-Fabriken, vol. 1 : Große und mittlere Hersteller, Delbrück, Verlag Kunstgrafik Dingwerth GmbH, (ISBN 3921913381), p. 81.
  3. « Kabelmetal verkaufte für 10 Millionen Mark DE-Systeme », Computerwoche,‎ (lire en ligne)
  4. Gerd Abeldt, « Doppeljubiläum rund um AEG Olympia - Planung für TCN begann 1993 », Wilhelmshavener Zeitung,‎ (lire en ligne)
  5. « Solidarisches Handeln in der Region erhält Arbeitsplätze », (consulté le 25 janvier 2014)
  6. Herbert Ehrenberg, « Rosinenpicker ohne Skrupel : AEG-Olympia », Zeit Online,‎ (lire en ligne)
  7. Technologie Centrum Nordwest – Die Historie: eine wechselvolle Geschichte, abgerufen am 6. Februar 2010.
  8. D’après Leonhard Dingwerth, Die Geschichte der Deutschen Schreibmaschinen-Fabriken, vol. 1 : Große und mittlere Hersteller, Delbrück, Verlag Kunstgrafik Dingwerth GmbH, (ISBN 3921913381), p. 86.
  9. „Olympia“ heute.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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