Olivier Voutier

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Olivier Voutier
Naissance
à Thouars
Décès
Hyères
Origine française
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau de la Grèce Grèce
Grade colonel
Faits d'armes Bataille de Péta
blocus de Nauplie

Olivier Voutier (né le 30 mai 1796 à Thouars - mort le 18 avril 1877 à Hyères) est un officier de marine français, ayant revendiqué la découverte de la Vénus de Milo et participé à la guerre d'indépendance grecque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tombe de Olivier Voutier au castel Sainte-Claire à Hyères

Fils d'un officier, il entre à quinze ans à l'École de Brest.

En 1820, la gabarre du roi La Chevrette dirigée par le capitaine de vaisseau Pierre-Henry Gauttier du Parc et sur laquelle se trouve Dumont d'Urville, lui-même étant élève-officier sur la goélette l’Estafette, fait escale à Milo. Un autochtone, Yorgos Kentrotas, creusant le sol à la recherche de pierres à bâtir, découvre une statue de 2,02m et d'un poids de 900 kg : l'Aphrodite de Melos, dite Vénus de Milo. Il la remet à Olivier Voutier[1]. Cependant, l’attribution de la découverte à Voutier n’est pas confirmée par Amable Matterer (capitaine en second de La Chevrette)[2].

En 1821, il démissionne de la marine et s'embarque de Marseille en août pour rejoindre la guerre d'indépendance grecque, à bord du navire affrété par le philhellène écossais Thomas Gordon. Arrivé à Tripolizza en septembre 1821, il assiste à la fin du siège de la ville dans l'entourage de Dimitrios Ypsilantis. Il participe au siège de Nauplie à la fin de 1821, notamment une tentative de prendre par surprise le fort maritime du Bourtzi, qui échoue.

En mars 1822, le ministre de la Guerre Ioannis Kolettis du gouvernement provisoire de la Grèce lui confie la tâche de réduire la place d'Athènes tout en ménageant les monuments. Il est ensuite nommé colonel de l'armée grecque en mai 1822[3] et participe à la bataille de Péta en juillet, puis au blocus de Nauplie.

De retour en France, il publie en 1823 un récit de son séjour et de son action, qui a un grand succès ; en effet il est l'un des rares philhellènes de retour en Europe à présenter la guerre d'indépendance sous un jour favorable et correspondant aux attentes du public. Il s'y présente comme un acteur de premier plan, ayant joué un rôle dans la plupart des épisodes marquants de la période. Cependant, son récit est critiqué dès l'année suivante par les mémoires d'un autre philhellène, Maxime Raybaud, qui l'accuse d'avoir exagéré son rôle et d'avoir inventé certains faits. De même, lorsque Mavrokordatos demande à Voutier un exemplaire de son livre, lors de son retour en Grèce en 1824, celui-ci ne lui en donne qu'une version dont les pages concernant l'épisode de Péta ont été arrachées, en alléguant que son philhellénisme avait pris le pas sur son respect de la véracité[4]. Le commandant Persat, un autre philhellène témoin oculaire, décrit quant à lui l'ouvrage de Voutier comme un « roman », « tissu d'impostures »[5], dans lequel ce dernier ment en affirmant avoir été présent à la prise de Tripolitza[6] et s'attribue des fonctions imaginaires (il prétend ainsi à tort avoir été chargé des préparatifs de l'assaut contre Nauplie en décembre 1821[7], épisode au cours duquel il aurait fait preuve de lâcheté[8]).

Voutier retourne une première fois en Grèce en 1824.

Revenu en Grèce en 1826, avec des fonds fournis par un banquier d'origine grecque, il organise une compagnie régulière de 80 hommes et participe avec le même Raybaud en novembre à une expédition manquée sur Atalánti, sous la direction de Kolettis[9]. Cette même année, Raybaud et lui se battent en duel, chacun étant blessé[4].

Il se retire à Hyères en 1847 où il acquiert de 1849 à 1860 un domaine où il fait construire le castel Sainte-Claire et son jardin où il est inhumé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Panneau d'information près de la tombe d'Olivier Voutier
  2. Notice sur l'amiral Durville et sur la statue de Milo (1858) notice incluse dans le livre publiant les notes de Matterer : Journal de la prise d'Alger, présenté et commenté par le Commissaire Général (CR) Pierre Juillien éditeur, Paris, 1960, pages 193-197
  3. Mémoires du Colonel Voutier sur la guerre actuelle des Grecs, Paris, Bossange frères, 1823.
  4. a et b William St Clair 1972, p. 288
  5. Mémoires du commandant Persat : 1806 à 1844, préface page e (lire en ligne)
  6. Mémoires du commandant Persat : 1806 à 1844, p.87
  7. Mémoires du commandant Persat : 1806 à 1844, p.94
  8. Mémoires du commandant Persat : 1806 à 1844, p.97
  9. Gordon, History of the Greek Revolution, t. 2 p. 348

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel Voutier, Découverte et acquisition de la Vénus de Milo, Hyères, 1874, in-8° br.
  • Jean-Paul Alaux, La Vénus de Milo et Olivier Voutier, Collection du galion d’or chez Jean-Paul Alaux, Paris, 1939.
  • Enlèvement de Vénus, textes de Dumont d'Urville, Marcellus et Olivier Voutier, préface d'Andrea de Lauris, Paris : La Bibliothèque (L'Écrivain voyageur), 1994 (ISBN 2909688062).
  • (en) William St Clair, That Greece Might Still Be Free: The Philhellenes in the War of Independence, Cambridge, Open Book Publishers, (ISBN 9780192151940).
  • Takis Thédoropoulos : L'Invention de la Vénus de Milo, Sabine Wespieser éditeur (ISBN 978-2-84805-064-5).