Olivier Ihl

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Olivier Ihl
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Olivier Ihl, né le à Sarreguemines (Moselle), est un politologue français spécialiste de la sociologie historique du politique. Il est professeur des universités et fut directeur de l'Institut d'études politiques de Grenoble de 2005 à 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Formation[modifier | modifier le code]

Olivier Ihl suit ses études secondaires à Sarreguemines et à Nantes, où il obtient le second prix de sciences économiques au concours général.

Il étudie à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, où il obtiendra son diplôme avec mention « bien », puis une maîtrise de science politique. Il obtient ensuite un double diplôme (DEA de sciences sociales) à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne/ENS Ulm et à l’EHESS.

Il réalise une thèse d'histoire politique à l’EHESS sous la direction de Mona Ozouf. Intitulée La Citoyenneté en fête. Rites politiques et intégration nationale dans la France de la IIIe République, elle est publiée chez Gallimard en 1996 sous le titre La fête républicaine.

Un mois après avoir soutenu sa thèse, Olivier Ihl obtient son habilitation à diriger des recherches et devient en 1993 professeur des universités en science politique. Il devient alors le plus jeune agrégé de France.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière universitaire à l’université de Picardie en tant que maître de conférences en science politique, puis est nommé professeur à l'IEP de Grenoble en 1993 après sa réussite au concours d’agrégation.

En 1994, il entre au Centre d’études et de recherches sur l’administration, la ville et le territoire (CERAT), aujourd'hui rebaptisé Politiques publiques, action politique, territoires.

En 2007, à l'occasion d'échauffourées dans le cadre du blocage illégal de l'IEP de Grenoble, et alors qu'il est menacé, blessé et insulté, il frappe un manifestant avec une poubelle métallique[1],[2].

Responsabilités[modifier | modifier le code]

Olivier Ihl dirige l’IEP de Grenoble de 2005 à 2012. Il assume parallèlement différentes charges d'enseignements : cours fondamental de science politique (deuxième année), coresponsabilité du master de sciences de gouvernements comparées (avec Martine Kaluszynski), séminaire sur les mises en scène du politique (troisième année)...

Il est également responsable d'un programme international de coopération scientifique franco-chilien (PICS 3441) intitulé État et professionnalisation du politique, France-Chili, XIXe-XXe siècles. À ce titre l'IEP de Grenoble collabore avec de nombreuses institutions comme l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, l'Université de Bologne, l'Université catholique du Chili, l'Université du Chili...

Il est par ailleurs le pilote scientifique d'un pôle régional de recherche pluridisciplinaire portant sur les dynamiques sociales et territoriales[3].

Approche[modifier | modifier le code]

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Olivier Ihl est avec Yves Déloye l'un des principaux représentants de l'école de la sociologie historique du politique. Cette approche consiste à croiser les apports des trois disciplines (sociologie, histoire, science politique) afin de saisir des phénomènes complexes tels que le vote, les sciences de gouvernement, la République, etc.

Le fil directeur de ses recherches est la mise en scène du politique ; il a notamment étudié les commémorations républicaines, les rituels de commensalité, le protocole politique, les noms de rue, les voyages présidentiels, l’acte de vote, la démocratie, les populismes, les fraudes électorales, la relation entre violence et politique, la socio-histoire des récompenses et des distinctions.

Il défend une approche par l'« histoire matérielle », par laquelle est entendue l’appréhension des faits historiques par les hommes et les choses qui les font concrètement plutôt que par les grandes idées ou les récits institutionnels. Cela peut être par exemple un regard sur les hommes qui descendent dans la rue pour faire la Révolution, ou les événements dans les bureaux de vote lors des premières élections (rixes, empoignades, chahut, débats, etc.).

Dans Le Mérite et la République. Essai sur la société des émules, paru en 2007, il s’attache à montrer comment les différents régimes depuis la Révolution se sont attachés à produire une ingénierie des distinctions entre les hommes, avec pour objet central la médaille de la Légion d’honneur. Il y développe une théorie de l’émulation prémiale, technique séculaire et séculière de gouvernement, et emploie différents éléments de ses réflexions antérieures (sociologie historique, sciences de gouvernement, ingénierie des récompenses, rituels républicains).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Olivier Ihl, Une histoire de la représentation, Éditions du Croquant, (ISBN 9782365120975, présentation en ligne), coll. « Champ social », 420 pages.
  • L'acte de vote (avec Yves Déloye), Paris, Presses de Sciences Po, 2008.
  • Le mérite et la République. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007. Un large cahier iconographique est publié sur le site de l'auteur.
  • Les « sciences » de l’action publique (dir.), Grenoble, PUG, 2006.
  • Les sciences de gouvernement (codir. Martine Kaluszynski et Gilles Pollet), Paris, Economica, 2003.
  • La tentation populiste au cœur de l'Europe, (codir. Janine Chêne, Eric Vial, Ghislain Waterlot), Paris, La Découverte, 2003.
  • Un cérémonial politique : les voyages officiels des chefs d'état, Paris, L'Harmattan, (codir. Jean-William. Dereymez, Gérard Sabatier, dir.), 1998.
  • Le vote, Paris, Clefs-Montchrestien, 2000 (1996).
  • Le protocole ou la mise en forme de l'ordre politique, Paris, L'Harmattan, 1996 (codir. Yves Déloye, Claudine Haroche), 1996.
  • La fête républicaine, Paris, Gallimard, Bibliothèque des Histoires, 1996.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]