Olivier Ferrand

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Olivier Ferrand
Olivier Ferrand, en juin 2012.
Olivier Ferrand, en juin 2012.
Fonctions
Député de la 8e circonscription des
Bouches-du-Rhône

(10 jours)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe
Prédécesseur Valérie Boyer
Successeur Jean-Pierre Maggi
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Marseille (Bouches-du-Rhône, France)
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Velaux (Bouches-du-Rhône, France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Parti socialiste
Profession Administrateur civil

Olivier Ferrand est un haut fonctionnaire et homme politique français, fondateur et ex-président de Terra Nova, think tank progressiste de gauche, né le à Marseille et mort le à Velaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Ferrand est diplômé d'HEC Paris, de Sciences Po Paris et de l'ENA. Administrateur civil au ministère de l’Économie et des Finances, il a commencé sa carrière en 1997 à la direction générale du Trésor, où il s’occupe de négociations financières internationales (G7, FMI, OMC, OCDE), puis de négociations européennes.

Il est ensuite conseiller technique pour les affaires européennes du Premier ministre Lionel Jospin, conseiller du représentant de la France à la Convention sur l'avenir de l'Europe, Pierre Moscovici, membre du groupe des conseillers politiques du président de la Commission européenne, Romano Prodi, puis délégué général du think tank « À gauche en Europe », fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard.

Il est chargé de mission à l’inspection des finances, puis il est nommé rapporteur général de la mission « l’Europe dans la mondialisation » présidée par Laurent Cohen-Tanugi (2007-2008). Il a également été le rapporteur adjoint de la commission Juppé-Rocard sur les investissements d’avenir[1] (2009).

Européen convaincu, il est rédacteur en 2004 du rapport « Construire l'Europe politique[2] » que Romano Prodi a commandé à un groupe de hautes personnalités présidé par Dominique Strauss-Kahn. Administrateur de l'ONG EuropaNova[3], il participe aussi à la rédaction du rapport « Peut-on faire l'Europe sans les Européens ? », remis au Conseil européen de juin 2006.

Il est conseiller municipal de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales. Lors des législatives 2007, il se présente dans les Pyrénées-Orientales, mais est battu[4].

À partir du , il est chargé de mission à l’IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique).

Lors des législatives 2012, il est élu député de la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône, sous l'étiquette PS. Mais le , moins de deux semaines après son élection, il meurt d'un arrêt cardiaque[5] ou d'une rupture d'anévrisme[6], après un jogging. Il est inhumé le 3 juillet à Paris au cimetière de Montmartre, après une cérémonie à l'église Saint-Sulpice. De nombreuses personnalités politiques, dont plusieurs ministres, assistent à ses obsèques[7].

Une association appelée Les Amis d'Olivier est créée à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). Elle fait poser une plaque commémorative à Cosprons (hameau de Port-Vendres) où elle organise un rassemblement tous les 30 juin en sa mémoire, à proximité de l'Église Sainte-Marie de Cosprons[4].

Terra Nova[modifier | modifier le code]

Terra Nova est un think tank progressiste qui se déclare indépendant, et qui vise à produire et diffuser des propositions de politiques publiques innovantes. Il est néanmoins classé à gauche et jugé comme proche du Parti socialiste.

La production de Terra Nova repose sur deux catégories de publications[8]. D’une part, des rapports et essais[9], qui visent à moderniser les politiques publiques. Terra Nova a publié ainsi une trentaine d’essais et de rapports entre 2008 et 2012. Et d’autre part, des policy briefs : il s’agit de notes d’actualité quotidiennes[10], qui fournissent un décryptage des politiques en cours.

Terra Nova repose sur un large réseau d’experts[11]: il fédère près de mille personnalités qualifiées, françaises et européennes, issues de la recherche, de l’administration, de l’entreprise, du monde associatif. Ce réseau offre une expertise professionnelle sur l’ensemble des politiques publiques.

Terra Nova a une importante capacité d’influence médiatique et politique. Il travaille en partenariat avec de nombreux relais médiatiques (Libération, Le Nouvel Observateur, Mediapart, Rue 89, LCI). Il peut notamment revendiquer la paternité intellectuelle des primaires socialistes de 2011[12]. Olivier Ferrand a également mené la bataille de conviction politique au sein du Parti socialiste, aux côtés d’Arnaud Montebourg.

En 2011, trois ans après son lancement, Terra Nova est devenu un des acteurs de la réflexion politique en France : il a été élu meilleur think tank français de l’année 2011[13], parmi 75 institutions en compétition, dans le cadre du premier « trophée des think tanks[14] organisé par l’Observatoire français des think tanks[15] ». Cette reconnaissance vient après celle décernée par le « Global Go-To Think Tanks[16] », classement mondial de référence des think tanks, dans sa dernière édition : Terra Nova y fait son entrée dans le top 25 mondial (18e) et devient à cette occasion le premier think tank politique français. Avec un taux de 28 %, Terra Nova se classe également no 1 en termes de notoriété auprès des Français[17] (sondage Ipsos/Comfluence de novembre 2011).

Publications et médias[modifier | modifier le code]

Coanimateur de l’émission Think tanks sur LCI, chroniqueur sur Slate et sur France Info, après avoir été chroniqueur sur BFM TV. Il est l’auteur de tribunes régulières dans la presse nationale.

Il a écrit de nombreux essais et rapports :

  • Pour une primaire à la française (avec Olivier Duhamel, Terra Nova, août 2008) ;
  • L’Europe contre l’Europe (Hachette, avril 2009) ;
  • Moderniser la vie politique : innovations américaines, leçons pour la France (Terra Nova, avril 2009) ;
  • Primaire : comment sauver la gauche (avec Arnaud Montebourg, Seuil, septembre 2009),
  • Réforme des retraites : quelles solutions progressistes ? (avec Fabrice Lenseigne, Terra Nova, juin 2010) ;
  • Niches fiscales : une réforme volontariste est possible (avec Thomas Chalumeau et Daniel Vasseur, Terra Nova, septembre 2010) ;
  • Changer ou disparaître : quel avenir pour le football ? (avec Arnaud Flanquart, Terra Nova, janvier 2011) ;
  • Réformer l’élection présidentielle, moderniser notre démocratie (Terra Nova, avril 2011) ;
  • Gauche : quelle majorité électorale en 2012 ?[18] (avec Bruno Jeanbart, mai 2011) ;
  • Les primaires : une voie de modernisation pour la démocratie (Terra Nova, novembre 2011).

Il a également

  • dirigé l’ouvrage collectif L’État pyromane (Éditions Delavilla, janvier 2010) ;
  • enseigné les finances publiques, l’économie et les questions européennes à Sciences Po, HEC, l’ENA et l’IGPDE
  • rédigé et publié le manuel Finances publiques (avec Rémy Rioux et François Adam, Presses de Sciences Po & Dalloz, 3e édition, 2010).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre du PS, Olivier Ferrand a été responsable du PS pour les questions européennes et internationales. Maire adjoint du 3e arrondissement de Paris de 2001 à 2007, il est investi par le PS en 2007 comme candidat aux élections législatives dans la 4e circonscription des Pyrénées-Orientales. Battu au premier tour, il est condamné à un un an d'inéligibilité pour irrégularité de ses comptes de campagne[19]. Il est élu en 2008 au conseil municipal de Thuir, dont il devient maire adjoint.

Il est à nouveau investi par le PS aux élections législatives de 2012 pour la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il est élu député le , lors d'une élection triangulaire avec 40,48 % des suffrages face au candidat UMP, Nicolas Isnard (39,91 %), et face au candidat du FN, Gérald Gérin (19,61 %)[20]. Son suppléant est Jean-Pierre Maggi, conseiller général et maire de Velaux.

Sa mort suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique[21],[22],[23]. Une minute de silence est observée en sa mémoire à l'Assemblée nationale le [24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]