Okina

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Okina (Alava)
Quelques formes de glyphes pour la lettre ʻokina
La lettre fakauʻa du tongan (ou ʻokina de l’hawaiʻien) codée comme U+02BB (de façon transitionnelle à Hawaii). Lettre ʻokina en tongan ou hawaïen
La lettre ʻeta du tahitien (ou fakamoga du wallisien), actuellement non codée de façon claire Lettre ʻeta en tahitien, wallisien ou māori
Les glyphes ci-dessus sont dérivés d’une police sans serif de type Lucida Sans avec crénage ; le glyphe est encadré et la ligne de base est visible en arrière-plan.

L’okina est une lettre latine connue localement sous divers noms (voir ci-après) et dont l’encodage est encore incertain dans Unicode et la présentation encore incertaine. Le caractère « ʻokina » est utilisé pour marquer une consonne glottale proche du coup de glotte (API : /ʔ/) propre à de nombreuses langues polynésiennes et plus généralement austronésiennes.

Représentation de la lettre dans quelques langues polynésiennes[modifier | modifier le code]

La représentation de cette lettre est délicate car elle peut exister sous différentes formes suivant les sources, parfois à cause de difficultés typographiques et la méconnaissance, mais surtout à cause de difficultés ou ambiguïtés de codage. En marquisien, par exemple, l'Académie marquisienne préconise de la représenter par un accent grave sur la voyelle qui suit.

Cela a un impact sur l’orthographe officielle des mots polynésiens, particulièrement dans les noms propres et toponymes, car ces langues sont minoritaires partout où elles sont parlées (souvent dans de nombreuses variétés locales), face aux conventions usuelles des langues européennes dominantes (le français et l’anglais) qui sont non seulement officielles mais largement utilisées comme lingua franca.

Le tonguien[modifier | modifier le code]

Lettre nommée localement fakauʻa (forme honorifique du mot fakamonga, « faiseur de toux »).

Tonga a cependant entériné le choix :

  • du caractère Unicode U+02BB ʻU+02BB MODIFIER LETTER TURNED COMMA (lettre modificative virgule culbutée).

L’hawaïen[modifier | modifier le code]

Lettre nommée localement ʻokina (« séparateur », ce qui est la fonction phonétique du coup de glotte en notation API).

De façon transitionnelle, les textes sont encodés avec le même caractère qu’en tongan, mais ce n’est apparemment pas officialisé à Hawaï où la question est encore très discutée.

Le tahitien[modifier | modifier le code]

Lettre nommée ʻeta dont le codage est très incertain.

Certains[Qui ?] semblent recommander le même caractère choisi pour le tonguien (et la communauté hawaïenne semble aller aussi en faveur de ce caractère). Pourtant, pour des raisons historiques liées à l’usage du français et non de l’anglais comme langue officielle et lingua franca parmi les locuteurs des nombreuses langues polynésiennes françaises (dont le tahitien), de nombreuses références ont utilisé et utilisent encore les conventions de l’apostrophe française, bien que celle-ci joue un rôle très différent en français.

De plus, la forme traditionnelle de la lettre tahitienne ʻeta semble différer de celle du caractère choisi pour le tongien, la lettre virgule culbutée, qui apparait souvent tournée de 90 degrés, en une forme intermédiaire entre la virgule culbutée et l’apostrophe française. Le choix de ce glyphe particulier pourrait correspondre à la volonté locale de contenter les partisans des deux formes qui peuvent l’interpréter comme une variante glyphique consensuelle de l’une ou l’autre. Hors, ni l’une ni l’autre n’admettent une telle variante qui puisse être traitée de façon ambiguë entre les deux lettres modificatives candidates (apostrophe ou virgule culbutée). Et cette forme alternative n’a pas de codage propre dans Unicode.

L’INSEE en France, dans ses bases de données administratives nationales pour la Polynésie française, utilise l’apostrophe française, c’est-à-dire soit :

  • le caractère Unicode U+0027 'U+0027 APOSTROPHE (apostrophe droite simple code ASCII 39) ; soit :
  • le caractère Unicode U+2019 U+2019 APOSTROPHE-QUOTE (guillemet-apostrophe simple de droite, souvent en forme de chiffre 9, mais pas toujours) ; caractère généralement très bien supporté, mais dont l’apparence (droite ou courbée, lisse ou d’épaisseur variable, avec ou sans tête en boule, ou en forme de coin) et même l’orientation varient d’un style de police à l’autre, ce qui ne facilite pas la distinction et peut perturber le fonctionnement des apostrophes automatiques ;

Ce choix existe pour des raisons pratiques depuis longtemps à l’usage de l’administration (usage fait sur des systèmes en français et non en tahitien, ni accepté par le gouvernement de Polynésie française, les administrations locales affichant volontairement la vraie lettre chaque fois que possible pour marquer le caractère spécifique et indigène des langues polynésiennes).

Toutefois les caractères choisis ont le défaut d’être aussi des ponctuations et non des lettres pouvant faire partie d’un alphabet latin. L’ordre des alphabets polynésiens diffère d’une langue à l’autre : en Polynésie française, Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie où coexistent la plupart des communautés polynésiennes, la lettre (quel que soit le nom qui lui est donné dans chaque langue polynésienne) est ignorée du tri primaire, comme si c’était une apostrophe en français, et n’est traitée que pour les éventuelles différences du tri tertiaire portant sur les diacritiques (le tri secondaire porte sur la différence minuscule / majuscule, mais cela n’affecte pas l’ʻokina ou ʻeta tahitien). Dans les autres langues polynésiennes de pays où l’anglais est lingua franca, la lettre est classée à la fin de l’alphabet après z.

Aussi il n’est pas certain qu’on puisse identifier l’ʻeta du tahitien (ou les formes équivalentes des langues polynésiennes françaises) de la même façon, ce qui justifierait un codage séparé (alors que le wallisien et le tongien ont de fortes similitudes et des racines morphologiques et phonétiques communes : presque la même langue, mais un alphabet différent). Par ailleurs, les diacritiques utilisés en Polynésie française diffèrent de ceux des communautés polynésiennes anglophones. Ce qui constitue deux systèmes d’écriture distincts, et donc deux orthographes séparées pour les mêmes racines orales.

Aussi, on préfère assez souvent remplacer l’usage incorrect officiel (par l’INSEE) par un caractères similaire, codé cette fois comme une lettre :

  • Le caractère Unicode U+02BC ʼU+02BC MODIFIER LETTER APOSTROPHE (lettre modificative apostrophe) serait préférable dans ce cas, car l’apostrophe française sert à un autre usage (elle signale l’élision) d’une ou plusieurs lettres dans certaines contractions, ou requises par la grammaire française) et n’est pas une lettre en elle-même.

L'utilisation par l'INSEE ne constitue pas une recommandation d'usage ni une obligation pour le tahitien ou pour l'orthographe véritable, car sa présentation varie fortement d'une police à l'autre, et l'identité de la lettre ʻeta est très différente de celle de l'apostrophe française (qui ne sera utilisée que pour accéder à certaines données administratives).

En toponymie géographique, l’IGN a préféré le choix (transitionnel) de la virgule culbutée, mais les cartographies imprimées par l’IGN pour la vente locale en Polynésie affichent le caractère réel chaque fois que possible, ainsi que nombre de guides touristiques et panneaux indicateurs).

En 2008, il n’existe pas de consensus définitif sur le choix du caractère à utiliser pour le tahitien.

Le marquisien[modifier | modifier le code]

L'Académie marquisienne préconise un simple accent grave sur la voyelle qui suit.

Le wallisien[modifier | modifier le code]

Lettre nommée localement fakamoga (« faiseur de toux »).

Utilisation et codage exactement similaire au cas du tahitien.

Le maori de Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

En Nouvelle-Zélande, la glottale occlusive n'est prononcée que dans les variantes dialectales de Wanganui et du Taranaki, bien qu'avec la standardisation du māori de Nouvelle-Zélande, sa notation tend à disparaître au profit du « h ».

Le māori des îles Cook[modifier | modifier le code]

Appelé « 'amata » (« hamsah ») ou « 'akairo 'amata » (« marque du hamsah »), celui-ci est rarement noté, bien que la glottale occlusive soit phonologiquement pertinente. Voir Phonologie du māori (îles Cook).

Autres approximations[modifier | modifier le code]

On trouve diverses autres approximations palliatives (non recommandées) dans toutes les langues polynésiennes :

  • le caractère Unicode U+2018 U+2018 TURNED APOSTROPHE-QUOTE (guillemet-apostrophe simple de gauche, souvent en forme de chiffre 6 par rotation à 180 degrés de l’autre guillemet-apostrophe simple de droite) ; caractère généralement très bien supporté, mais dont l’apparence (droite ou courbée, lisse ou d’épaisseur variable, avec ou sans tête en boule, ou en forme de coin) et même l’orientation varient d’un style de police à l’autre, ce qui ne facilite pas la distinction et peut perturber la conversion automatique des apostrophes simples en apostrophes typographiques.
  • le caractère Unicode U+0060 `U+0060 GRAVE ACCENT (accent grave avec chasse) ; cet usage est incorrect mais encore assez courant car il est compatible avec le codage ASCII (code 96 en décimal).
  • le caractère Unicode U+00B4 ´U+00B4 ACUTE ACCENT (accent aigu avec chasse) ; cet usage est incorrect mais encore assez courant car il est compatible avec le codage ISO 8859-1 ou Windows 1252 (code 180 en décimal).

Certains auteurs font une approximation par transcription phonétique, ce qui n’est pas forcément correct pour l’API dont les symboles suivants proviennent initialement :

  • le caractère Unicode U+0294 ʔU+0294 LATIN LETTER GLOTTAL STOP (lettre latine coup de glotte) ; cet usage est incorrect et son apparence (en forme de point d’interrogation sans point) est trop éloignée de la lettre polynésienne originale, et la lettre réservée normalement à l’API se confond trop facilement avec un point d’interrogation.
  • le caractère Unicode U+02C0 ˀU+02C0 MODIFIER LETTER GLOTTAL STOP (lettre modificative coup de glotte) ; cet usage est très proche de ce qui serait souhaité pour le tahitien, mais son support est très limité, et plutôt réservé à l’API ou la transcription phonétique de langues sans orthographe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Okina, description complète et discussion des alternatives possibles sur la Wikipédia anglophone.

Articles connexes[modifier | modifier le code]