Troisième œil (biologie)

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Œil pariétal au sommet de la tête d'un Anolis carolinensis adulte.
Œil pinéal visible sur un jeune ouaouaron (observer la tache grisâtre entre les deux yeux).

Le troisième œil ou œil pinéal ou encore œil pariétal est un organe photosensible situé sur le haut du crâne de certains reptiles et amphibiens. Il existerait de manière vestigiale chez l'humain sous la forme de la glande pinéale.

Définition générale[modifier | modifier le code]

Chez les reptiles, il est beaucoup plus petit que les yeux latéraux et est composé d'une rétine, d'un cristallin et d'un nerf qui passe par un orifice dans le crâne, le foramen pariétal, pour relier la glande pinéale.

L'expérimentation a démontré que le troisième œil est fonctionnel, non tant comme récepteur d'images mais en permettant de percevoir l'intensité de l'éclairement, facteur décisif dans l'écologie des reptiles qui en disposent[1].

L'appellation « troisième œil » est utilisée pour désigner l'ensemble des cellules thermosensibles que possèdent certains reptiles tels le crotale au bout de leur museau et qui leur permet de chasser efficacement en résolvant le mimétisme de leur proies.

En effet même si la proie se masque en s'immobilisant ou en se fondant dans le paysage par sa couleur ou sa forme elle ne peut changer sa température : le crotale[2] semble pouvoir différencier deux signatures thermiques avec une précision au millième de degré.

Origine et évolution[modifier | modifier le code]

L'anatomie et l'embryologie comparées de la glande pinéale montrent que certains de ses neurones partagent une origine évolutive commune avec les photorécepteurs de la rétine des yeux.

Il a existé chez les dinosaures et se retrouve chez les reptiles contemporains comme le sphénodon. Mais chez les adultes le troisième œil est masqué par une écaille car durant l'évolution il a semble-t-il perdu de son influence au profit des yeux latéraux. Il s'agit alors d'un organe vestigial. Il est possible qu'il ait jadis servi à détecter un éventuel prédateur aérien.

Ainsi chez certains reptiles et oiseaux, la glande pinéale qui est située juste sous la surface du crâne, capte l'intensité lumineuse extérieure et permet ainsi d'ajuster le rythme circadien de l'animal[3], ce qui fait qu'on la désigne parfois comme le troisième œil des vertébrés primitifs[4].

Chez l'humain[modifier | modifier le code]

Dans une perspective biologico-historique, la glande pinéale est le vestige du troisième œil reptilien qui serait donc encore présent chez l'humain. L'explication est la suivante : chez les mammifères, dont l'humain, l'épiphyse a perdu cette fonction photoréceptrice et seules les cellules de la rétine contribuent à la perception de la luminosité ambiante[5].

Cette information est traitée par le noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus qui orchestre la régulation circadienne. Au sein de ce qu'on appelle le « système photoneuroendocrine »[6], la glande pinéale ne joue donc qu'un rôle de transduction qui convertit le rythme imposé par le noyau suprachiasmatique en message hormonal, sous forme de mélatonine[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrée Tétry, Zoologie, Gallimard, , 666 p.
  2. (en) « Biological infrared imaging and sensing »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) - Angela L. Campbell & al., US Air Force Office of Scientific Research (AFOSR), 2002 [PDF]
  3. (en) Extraretinal Light Perception in the Sparrow I : Entrainment of the Biological Clock - Michael Menaker, PNAS 1er février 1968, volume 59, pp. 414-421. [PDF]
  4. Hiroaki Mano et Yoshitaka Fukada, « A median third eye: pineal gland retraces evolution of vertebrate photoreceptive organs », Photochemistry and Photobiology, Volume 83, Issue 1, 26 février 2007 DOI:10.1562/2006-02-24-IR-813, pp. 11-18
  5. a et b (en) Erik Maronde et Jorg H. Stehle, « The mammalian pineal gland: known facts, unknown facets », Trends in Endocrinology & Metabolism, Volume 18, Issue 4, mai-juin 2007 DOI:10.1016/j.tem.2007.03.001, pp. 142-149
  6. (en) H.W. Korf et al., The pineal organ, its hormone melatonin, and the photoneuroendocrine system, Adv. Anat. Embryol. Cell Biol. 146 (1998), pp. 1–100.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]