Odon Godart

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Odon Godart
Description de l'image Odon Godart.jpg.
Naissance
Farciennes (Belgique)
Décès (à 82 ans)
Bousval (Belgique)
Nationalité Drapeau de la Belgique Belgique
Domaines Météorologie et astronomie
Diplôme Université catholique de Louvain
Renommé pour Introduction des coordonnées isobariques (voir Équations primitives atmosphériques)

Odon Godart, né le à Farciennes (Belgique) et décédé le à Bousval (Belgique), est un météorologue et astronome belge. Formé en mathématiques et en astronomie avant la Seconde Guerre mondiale, il s'enrôle du côté allié après la défaite belge. Il se spécialise en météorologie durant la guerre et participe au débarquement de Normandie. Il devient directeur du service météorologique réorganisé de l'armée de l'air belge puis retourne comme professeur d'astronomie en 1959. On lui doit cent quatre-vingts publications d'articles, de séminaires, de cours et de conférences en météorologie, astronomie et autres sujets scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Après ses études primaires et ses humanités gréco-latines au Collège du Sacré-Cœur des jésuites de Charleroi, il obtient sa Licence en sciences mathématiques à l’Université catholique de Louvain en 1935. Il devient alors assistant de Monseigneur Georges Lemaître, célèbre professeur à l’origine de la théorie du Big Bang sur l’expansion de l’univers. Il part ensuite aux États-Unis en 1938 pour faire des recherches sur les rayons cosmiques à l’Observatoire de Harvard et au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Lors d’un voyage à Hollywood, où il rencontre Paulette Goddard, l’actrice des « Temps modernes » avec Charlie Chaplin, il apprend la déclaration de guerre en Europe.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il décide alors de rentrer en Europe, et s’embarque sur un bateau de pêcheurs ostendais, qui apprenant la capitulation de la Belgique, retourne à Boston. Il s’engage alors dans l’armée canadienne et après plusieurs péripéties, dont une attaque de sous-marins, il arrive en Angleterre. Après de nouvelles et nombreuses péripéties, il est finalement versé au service météorologique de l’armée anglaise et il effectue des sondages au-dessus de la mer du Nord. En 1943, il participe comme navigateur à des bombardements sur l’Allemagne, lors du retour d’un bombardement sur la Ruhr, le Stirling est touché et s’écrase à l’atterrissage. Gravement blessé et seul survivant, il passe trois mois à l’hôpital où il se perfectionne en météorologie.

Il est ensuite versé au Bomber Command, organisation chargée des bombardements, où il travaille à améliorer les prévisions météorologiques. Il écrit un manuscrit « De l'introduction et de l'emploi des coordonnées isobariques comme surface de coordonnées en météorologie et sur ses conséquences isobariques[1] ». Cette idée est d'abord mal accueillie par son supérieur, R. C. Sutcliffe, mais son utilité sera rapidement reconnue[1]. Ce concept permet d'utiliser la pression pour les analyses et non l'altitude, ce qui simplifie les équations du comportement de l'atmosphère et sera utilisé plus tard dans la prévision numérique du temps[2].

Les préparatifs du débarquement de Normandie battent leur plein, mais pour en fixer la date (du jour J) il faut également que les conditions atmosphériques soient optimales. Le général Eisenhower demande que l’on prévoie le temps avec deux semaines d’avance une tâche pratiquement impossible à l'époque. Il y avait trois groupes de météorologistes: Royal Navy, Met Office and USAAF, qui travaillaient indépendamment, se rapportant à James Stagg chef prévisionniste au quartier-général, pour fournir des conseils au général Eisenhower sur sa planification de l'Opération Overlord[1],[3]. Originellement, le Jour J devait être lancé le mais le mauvais temps promettait de se prolonger plusieurs jours autour de cette date et le 19, prochain jour avec une marée favorable, avait été suggéré comme changement au plan. À h 30 le matin du , la prévision fournie par les trois groupes de météorologistes, dont Godart faisait partie, a contribué de manière significative à la décision d'Eisenhower de remettre le débarquement au . En effet, chacune des trois équipes avait prévu une accalmie le 6 juin[3].

Après guerre[modifier | modifier le code]

Odon Godart débarque un peu plus tard en Normandie et il est chargé de réorganiser le service météorologique de l'armée de l'air en Belgique, dont il devient directeur[1]. Il trouve enfin le temps de se marier en 1950 et 5 enfants viennent vite agrandir la famille. En 1959, il devient professeur à l’Université de Louvain où il enseigne l’astronomie jusqu’à son éméritat en 1983. Il publie bon nombre d'articles en astronomie, en cosmologie, sur Lemaître et quels autres sujets divers[1].

Il a été président de la Société royale belge d'astronomie, de météorologie et de physique du Globe[4].

Astronomie[modifier | modifier le code]

C'est Odon Godart qui annonça en 1965 à son ancien collègue Georges Lemaître alors très malade (il décéda quelques semaines plus tard), la découverte du fond diffus cosmologique par Arno Penzias et Robert Wilson. Cet « écho disparu de la formation des mondes », comme Lemaître l'avait poétiquement appelé, confirmait le scénario cosmologique du Big Bang, dont Lemaître avait été l'un des premiers artisans dans les années 1920-1930.

L'astéroïde 7043 Godart (1934 RB) a été nommé en l’honneur de Odon Godart[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (fr)« Odon Godart (1913 - 1996) et son œuvre. », Ciel et Terre, vol. 114, no 4,‎ , p. 143-148
  2. (en) Anders Persson, Early Operational Numerical Weather Prediction outside the USA, NOAA, , 99 p., pdf, p. 25 (The Sutcliffe development equation 1939-50) « Together with a Belgian mathematician Odon Godart, Sutcliffe introduced pressure as a vertical coordinate (Sutcliffe and Godart, 1943; Godart, personal communications 1993-96) »
  3. a et b (en) « Sverre Petterssen, the Bergen School, and the Forecasts for D-Day (La prévision du temps pour le Jour J) », [PDF]
  4. a et b (en) « 7043 Godart (1934 RB) », JPL Small-Body Database Browser, Jet Propulsion Laboratory (consulté le 10 septembre 2009)
  • Les prévisions météorologiques britanniques pendant la guerre 1940-1945, Ciel et Terre, vol 102, Page 15-20, 1986.
  • Histoire de la météorologie à l'aviation belge, Musée de l'Air, Cinquantenaire, Bruxelles, 1990.