Octave Crémazie

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Octave Crémazie
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Monument à Crémazie situé au carré St-Louis à Montréal.

Naissance
Québec, Drapeau : Québec Québec
Décès (à 51 ans)
Le Havre, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

  • Le Drapeau de Carillon

Octave Crémazie (1827-1879) est un écrivain et un poète québécois né au Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Octave Crémazie naît à Québec, le 16 avril 1827[1]. Après ses études faites au Séminaire de Québec, il devient associé en librairie avec ses deux frères Jacques et Joseph, d'abord sur la rue Saint-Jean, puis sur la rue de la Fabrique à partir de 1847[1]. Il consacre ses loisirs à la lecture et à la poésie. Il parcourt l'Europe et découvre Paris. La librairie J. & O. Crémazie réunit bientôt l'élite littéraire de Québec.

Crémazie publie ses premiers vers dans le Journal de Québec à partir de 1854. Les principaux poèmes qu'il a composés furent plus tard recueillis par ses amis et réunis en volume. Le long poème de 250 vers, Le Drapeau de Carillon, lui procure la gloire en 1858 et fait de lui un poète national. Le poème relate le périple d'un soldat parti à Versailles demander le secours de la France avec le drapeau de Carillon. Mis en chanson, le poème devient le symbole de la résistance des Français d'Amérique.

Nonobstant son œuvre poétique, l’histoire littéraire québécoise retient de l’apport d’Octave Crémazie sa participation au développement des lettres par le biais de sa fonction de libraire. La génération lettrée de 1840, sise dans la ville de Québec, est redevable aux frères libraires de la diffusion et de l’extension du mouvement romantique en terre d’Amérique française. Déjà en 1845, la librairie J. & O. Crémazie, qui tient boutique à quelques rues du Séminaire de Québec, dispose des œuvres d’auteurs romantiques tels Lacordaire, Montalembert, Byron, Bernardin de Saint-Pierre, Lamartine, Alfred de Vigny et Chateaubriand. En 1861 s’ajouteront Ozanam, Balzac, Théophile Gautier, Gogol, Musset, Stendhal, Madame de Staël, Victor Hugo et George Sand. On consultera la liste complète des ouvrages disponibles à la librairie J & O Crémazie en se référant au collectif de Réjean Robidoux et Paul Wyczynski, dir., Crémazie et Nelligan, Montréal, Fides, 1981, p. 14-17.

À cette époque, les frères libraires Crémazie, et particulièrement Octave, fréquentent tous les jours l’abbé français Pierre-Henri Bouchy, pédagogue venu au Québec entre 1842 et 1855. Musicien de formation, Bouchy participe à l’évolution de la musique au Québec, entre autres par sa contribution à la réédition des manuels de plain-chant et par la mise en place du premier programme de musique au collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1846. À partir de 1852, l’intérêt que portent les libraires Joseph et Octave Crémazie pour la musique n’est pas étranger de leur fréquentation assidue de Pierre-Henri Bouchy. Les relations du prêtre français avec des libraires parisiens – par exemple avec la famille Bossange – ont profité au libraire-poète québécois.

Sa piètre gestion des affaires et des revers de fortune, dans lesquels il se trouve gravement compromis, l'obligent, en 1862, à quitter Québec et son pays pour échapper à la prison. Crémazie se réfugie en France. Il vit, à Paris, pauvre et isolé, sous le nom de Jules Fontaines. Il meurt au Havre le 16 janvier 1879. Un monument à sa mémoire, œuvre de Louis-Philippe Hébert, est érigé en 1906 au Square Saint-Louis à Montréal.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Crémazie est l'un des plus populaires poètes canadien-français à cause de ses chants patriotiques, et des infortunes de sa vie. Bien qu'il ait parfois égaré son inspiration sur des sujets étrangers (la Guerre d'Orient, Sur les Ruines de Sébastopol, Castelfidardo, etc.), il demeure profondément canadien.

Le Chant du vieux Soldat canadien, Le Drapeau de Carillon, Le Chant des Voyageurs, Mgr de Laval, La Fiancée du Marin comptent parmi ses poèmes les plus connus. Le thème lyrique de la mort lui a suggéré l'un de ses meilleurs chants, Les Morts.

Avant sa mort, Crémazie commence un long poème, La Promenade de trois morts, où un réalisme de mauvais goût se mêle trop souvent à l'inspiration sentimentale de l'auteur. Il n'a pas eu le temps de finir ce poème qui n'eût peut-être rien ajouté à sa gloire.

Son Journal du Siège de Paris donne un aperçu assez précis de ses malheurs et des difficultés des Parisiens lors du siège de la capitale en 1870 et 1871. Sa dernière lettre publiée fut une missive destinée à sa mère le 25 août 1878.

Assez inégale, la poésie de Crémazie s'élève quelquefois d'un beau mouvement, mais trop souvent aussi elle demeure terne et un peu languissante. Par ailleurs, ses idées littéraires, telles qu'il les a souvent communiquées à l'abbé Raymond Casgrain dans des lettres publiées en tête du volume des Œuvres complètes du poète, donnent aperçu pertinent des débats artistiques de son temps. Dans les Œuvres complètes d'Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut Canadien de Québec par la Librairie Beauchemin Limitée de Montréal en 1882, les éditeurs écrivent cette remarque: En un mot, les éditeurs ont voulu faire de ce livre le monument le plus durable qui pût être élevé à la mémoire du plus patriotique comme du plus malheureux de nos poètes.

Le fonds d'archives d'Octave Crémazie est conservé au centre d'archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Laporte, «Le retour des hivernants», dans Légendes d'un peuple: tome 2, Les disques Gavroche, 2012, p. 66-70. (ISBN 9782981359018)
  • Odette Condemine, « Crémazie, Octave », L'Encyclopédie canadienne, Toronto, Historica Canada, 2008.
  • Éric Bourassa, L'affaire Benjamin Sulte/Octave Crémazie (1902) : autour de la littérature nationale, Mémoire de maîtrise (Études littéraires), Université du Québec à Trois-Rivières, 2004, 112 p. (en ligne)
  • Réjean Robidoux, « CRÉMAZIE, OCTAVE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003–.
  • Jean-Marie Lebel, « Octave Crémazie : le premier bibliothécaire », Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec, 1998, p. 29.
  • Octave Crémazie, poète et témoin de son siècle. Présentation, chronologie, bibliographie et jugements critiques de Odette Condemine, Montréal, Éditions Fides, 1988, 307 p. (réédité chez BQ en 2006 sous le titre Octave Crémazie. Poèmes et proses. Textes choisis et présentés par Odette Condemine)
  • Réjean Robidoux et Paul Wyczynski, dir., Crémazie et Nelligan: recueil d'études, Montréal, Éditions Fides, 1981, 186 p.
  • Odette Condemine, Octave Crémazie, Montréal, Fides, 1980, 273 p.
  • Odette Condemine, Octave Crémazie, 1827-1879, Ottawa : Bibliothèque nationale du Canada, 1979, 97 p. N.B.: Publié, paginé séparément (1er groupe de pages), dans un volume, tel que mis ensemble par l'éditeur, avec: Émile Nelligan, 1879-1941, par Paul Wyczynski. ISBN 0-662-50530-1
  • Oeuvres. Octave Crémazie. Texte établi, annoté et présenté par Odette Condemine, Ottawa : Éditions de l'Université d'Ottawa, 1972-1976, 2 vol. (réédité aux Éditions du Fleuve en 1989. D'abord une thèse de doctorat.)
  • Jeanne Le Ber, «L’amitié littéraire de Crémazie et de Casgrain», Archives des lettres canadiennes, I, 1961, p. 184–208.
  • Réjean Robidoux, «Les Soirées canadiennes et le Foyer canadien dans le mouvement littéraire québécois de 1860, étude d’histoire littéraire», Revue de l’université d’Ottawa, XXVIII, 1958, p. 411 152.
  • Michel Dassonville, Crémazie, Montréal et Paris, 1956.
  • Séraphin Marion, Octave Crémazie, précurseur du romantisme canadien-français. (Les Lettres canadiennes d’autrefois, tome v.), Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, , 1946, 215 p.
  • Pierre-Georges Roy, À propos de Crémazie, Québec, Éditions Garneau, 1945, 302 p. (en ligne)
  • Henri-Raymond Casgrain, Octave Crémazie, Montréal, 1912.
  • Abbé Camille Roy, Tableau de l'histoire de la littérature canadienne-française, Québec : Imprimerie de l'Action sociale, 1907.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Biographie – CRÉMAZIE, OCTAVE – Volume X (1871-1880) – Dictionnaire biographique du Canada », sur www.biographi.ca (consulté le 26 janvier 2016)
  2. Fonds Octave Crémazie (MSS243) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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