Obus à tête d'écrasement

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Personnel de l'US Navy rassemblant des obus à tête d'écrasement de 105 mm avant leur destruction en 2011 au Koweït.

L'obus à tête d'écrasement, désigné en anglais obus HESH (High Explosive Squash Head) ou HEP (High Explosive Plastic), est un obus anti-blindage dont l'ogive à paroi relativement fine contient tout à l'avant une matière inerte et déformable (cire, plastique, etc.), la fusée est placée à l'arrière du projectile.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Éclats générés par l'impact d'un projectile sur une plaque d'aluminium.
Exemple de dommage causé par un obus HESH (paroi intérieure).

À l'impact, la tête de l'obus s'écrase contre l'objectif et permet, après un court retard de la fusée, la détonation de la charge explosive qui crée un train d'ondes de choc très importantes contre le blindage. Ces ondes de choc se répandent dans l'épaisseur du blindage et ricochent contre l'envers de la paroi. Les ondes réfléchies heurtent les ondes principales et la tension extrême crée une fracture à l'intérieur même de l'épaisseur du métal. Une « assiette » du blindage (et des éclats secondaires), dont le métal est rougi à blanc, se détache à l'intérieur de celui-ci et, poussée par la surpression, virevolte et détruit tout sur son passage, faisant exploser les éventuelles munitions stockées.

Il arrive qu'il n'y ait pas de perforation proprement dite du blindage, tout se passant à l'intérieur.

Historique[modifier | modifier le code]

Il a été développé durant la Seconde Guerre mondiale par l’ingénieur britannique Dennistoun Burney (en) pour obtenir une munition anti-fortifications.

Compte tenu de l'évolution des blindages modernes, ce type d'obus est obsolète au 21e siècle, remplacé par les obus flèche pour le combat antichars, mais toujours utilisé par des lance-roquettes antichars tels le MATADOR, des engins du génie et des véhicules blindés légers tels que le Stryker Mobile Gun System.

Un char britannique Challenger 1 a obtenu le 26 février 1991 le record de longueur de tir par un char de combat en opérations en détruisant un T-55 irakien à une distance de 4 700 m avec un obus à tête d'écrasement[1],[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Desert Storm Part 22: Charge of the Heavy Brigade », British Army Official Blog, (consulté le 27 décembre 2016)
  2. « Desert Storm Part 24: Back to Germany », British Army Official Blog, (consulté le 16 juin 2019)
  3. (en) Hugh McManners, Gulf War One: Real Voices From the Front Line, Ebury Publishing, , 400 p. (ISBN 978-0091935986), p. 255.