Obsèques spatiales

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Lancement d'une fusée Taurus dont les capsules attachées au dernier étage contiennent les cendres du défunt.

Les obsèques spatiales, appelées aussi funérailles spatiales ou enterrement spatial, sont un rite funéraire dans lequel un échantillon des cendres d'un défunt incinéré est placé dans une petite capsule et est lancé dans l'espace à l'aide d'une fusée pour tourner autour de la Terre, de la Lune ou encore dériver dans l’Univers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le concept d'envoyer les restes humains incinérés d'une personne dans l'espace en utilisant des fusées conventionnelles a d'abord été proposé par l'auteur de science-fiction Neil R. Jones (en) dans le roman The Jameson Satellite publié dans le pulp Amazing Stories en 1931. Il a ensuite été proposé comme un service commercial par Richard DeGroot dans un article de Seattle Times, le 3 avril 1977. La pratique des obsèques spatiales a débuté à la fin du XXe siècle une fois résolues les difficultés techniques et les coûts impliqués dans le lancement dans l'espace d'une capsule contenant des cendres.

La première personne à avoir eu une partie de ses cendres dans l'espace est Gene Roddenberry lorsque, le 22 octobre 1997, la navette spatiale Columbia, lors de la mission STS-52, en embarque dans une minuscule capsule en orbite avant de retourner sur Terre[1].

Le premier programme de funérailles spatiales (programme coûtant environ 40 000 francs français pour chaque capsule), EarthView 01 : The Founders Flight, est lancé le 21 avril 1997 par la société Celectis (en) : un avion a transporté une fusée Pegasus modifiée contenant des échantillons de cendres de 24 personnes à une altitude de 11 km au-dessus des îles Canaries. La fusée a ensuite envoyé les capsules sur une orbite elliptique à un apogée de 578 km (359 mi) et un périgée de 551 km, les capsules orbitant autour de la Terre une fois toutes les 96 minutes jusqu'à la rentrée dans l'atmosphère terrestre le 20 mai 2002, pour s’y désintégrer, formant ainsi une étoile filante visible depuis la Terre. Gene Roddenberry et Timothy Leary sont parmi les gens connus à avoir reçu ces obsèques sur ce premier vol[2].

Le deuxième enterrement spatial a été l'envoi des cendres du docteur Eugene M. Shoemaker sur la Lune par la sonde Lunar Prospector, lancée le 7 janvier 1999 par une fusée Athéna à trois étapes. La sonde contenait des instruments scientifiques et les cendres du Dr Shoemaker et s’est écrasée près du pôle sud lunaire sud le 31 juillet 1999.

La sonde spatiale New Horizons, lancée en 2006 et ayant survolé Pluton en juillet 2015 avant de continuer son voyage dans la ceinture de Kuiper, emporte les cendres de Clyde William Tombaugh dans une urne funéraire[3]. Tombaugh est donc aujourd'hui l'homme ayant été le plus loin de la Terre.

En octobre 2015, on compte un total de treize lancements par Celestis et neuf sont programmés jusqu'en 2018[4].

En 2015, une seconde entreprise, Elysium Space, est créée qui propose, entre autres, une sonde lunaire qui emportera des cendres en 2017 ou 2018. Celectis à le même calendrier[5]. [pas clair]

Aspects religieux[modifier | modifier le code]

La plupart des religions n'ont pas d'avis spécial sur ce type d'obsèques, ce rite étant trop récent, excepté les religions qui n'autorisent pas la crémation. Seule une petite partie des restes du défunt est envoyée dans l'espace, une cérémonie de funérailles et d'inhumation régulière peut donc être effectuée avec l'autre partie selon les croyances de la personne décédée. En raison de la rareté des vols, l'échantillon des cendres doit être conservé jusqu'au prochain lancement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Denise Chow, « 9 Weird Things That Flew on NASA's Space Shuttles », sur Space.com,‎ (consulté le 21 octobre 2015).
  2. Matthieu Durand, « Des funérailles spatiales, c’est possible ! », sur TF1,‎ (consulté le 21 octobre 2015).
  3. Warren Leary, « Spacecraft heads for Pluto, taking along its discoverer's ashes - World », sur The Sydney Morning Herald,‎ (consulté le 27 août 2013)
  4. (en) « Launch Manifest », sur Celestis,‎ (consulté le 21 octobre 2015).
  5. « L'envoi de cendres humaines sur la Lune s'ouvre à la concurrence », sur 20 minutes (consulté le 21 octobre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]