Oblomov

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Oblomov
Image illustrative de l'article Oblomov
Portrait d'Ivan Gontcharov.

Auteur Ivan Gontcharov
Genre Roman
Version originale
Langue Russe
Titre Обломов
Lieu de parution Saint-Pétersbourg
Pays d'origine Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Date de parution 1859
Version française
Traducteur Luba Jurgenson
Éditeur Éditions L'Âge d'Homme
Collection Bibliothèque L'Âge d'Homme. Classiques slaves
Date de parution 1988[1]
Lieu de parution Lausanne
Nombre de pages 475

Oblomov est un roman russe d'Ivan Gontcharov publié en 1859.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ilya Ilitch Oblomov, un propriétaire terrien habitant Saint-Pétersbourg, cultive comme son bien le plus précieux un penchant naturel à la paresse. D'une aboulie chronique et d'une indécrottable apathie, ce personnage, hanté par la nostalgie d'une enfance heureuse et insouciante, passe ses jours à s'incruster dans son meuble favori, un divan. Même l'amour d'Olga se révèle en définitive insuffisant pour vaincre sa force d'inertie. Oblomov terminera ses jours dans la voie qu'il a choisie : faire corps avec son bien-aimé divan[2].

Le personnage d'Oblomov, qui n'a pas que des défauts – il est présenté également comme quelqu'un de droit et d'honnête[3] – est devenu symbolique en Russie. Le terme d'oblomovisme (russe : обломовщина, oblomovchtchina), que Gontcharov lui-même place dans la bouche de Stolz, l'ami d'Oblomov, tout au long du roman, a été repris par la critique littéraire, notamment par Nikolaï Dobrolioubov, notamment dans son article Qu'est-ce que l'oblomoverie ?.

Critique[modifier | modifier le code]

Selon Léon Tolstoï, Oblomov est une œuvre capitale. Fiodor Dostoïevski, dont les rapports personnels avec Ivan Gontcharov n'étaient pas excellents, affirme que le récit est « servi par un talent éblouissant ». Ce roman de mœurs fut payé à l'auteur 10 000 roubles par l’éditeur des Annales de la Patrie dans lesquelles il fut publié en 1859. Ce détail suffit à donner une idée de la popularité dont jouissait l’écrivain de son vivant. Son héros est un mythe littéraire russe, aussi présent que Faust ou Don Juan. Oblomov, aristocrate oisif, est dans la culture russe le prototype de l'homme paresseux et médiocre, qui a renoncé à ses ambitions pour une léthargie rêveuse, qu'il vit pourtant comme un drame. Le héros du roman de Gontcharov est un jeune aristocrate qui semble incapable de prendre des décisions ou d'effectuer la moindre action importante. Il ne quitte que rarement sa chambre ou son lit.

L'oblomovisme[modifier | modifier le code]

Considéré comme une satire de la noblesse russe du XIXe siècle, ce roman connut un grand succès en Russie et fait partie de la culture russe. « Oblomov » est dans la langue russe un mot qui désigne une personne inactive, ne parvenant pas à trouver le bonheur. Le nom d'Oblomov provient lui-même du mot russe облом (oblom) « cassure, brisure » : Oblomov est un homme dont le ressort intérieur est cassé[4].

Interprétation[modifier | modifier le code]

En caractérologie, le personnage d'Oblomov correspond dans la typologie de Le Senne au type amorphe : non émotif, non actif, primaire. C'est le caractère que cet auteur attribue aussi à Jean de La Fontaine[réf. souhaitée].

Traductions[modifier | modifier le code]

Dès 1889, chez Perrin, paraît une première traduction française signée P. Artamov et Charles Deulin, qui rejette des chapitres entiers du texte original.

En 1926, les éditions Gallimard, font également paraître une traduction largement abrégée d'Hélène Iswolsky.

En 1946, les éditions La Boétie de Bruxelles font paraître la première traduction intégrale du roman, par Jean Leclère. Elle est rééditée en 1969, illustrée, par le Cercle du bibliophile.

En 1959, au Club français du livre, Arthur Adamov donne sa traduction du roman alors considérée comme intégrale. Quand, au début des années 1980, les éditions Gallimard rééditent cette version tronquée dans Folio, leur collection de poche, elle est la cible de vives critiques. En effet, cette édition ne met en évidence que le côté paresseux du héros et supprime une bonne partie de la fin du roman. C'est toujours cette version controversée qui est au catalogue de Folio.

Enfin, les Éditions L'Âge d'Homme publient en 1988 une nouvelle traduction intégrale de Luba Jurgenson. Cette traduction est reprise par le Livre de poche, collection Biblio no 3315, en 1999.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Une adaptation théâtrale d'Oblomov est écrite et mise en scène au Studio des Champs-Élysées par Marcel Cuvelier en 1963, qui interprète le personnage d'Oblomov. Cette pièce, publiée par L'Avant-scène, est réalisée pour la télévision, du temps du direct, par Roger Kahane.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Première traduction intégrale
  2. Jean-Claude Simard, Philosophiques, vol. 12, n° 2, 1985, p. 445-451.
  3. Stolz fait en quelque sorte son éloge funèbre tout à la fin du roman en ces termes : « Il n'était pas plus bête que d'autres, c'était une âme pure et claire, comme le verre ; généreux, doux – et il est mort ! »
  4. Toutefois, selon Henri Troyat (voir Bibliographie), le nom du héros serait plutôt à rapprocher du mot обломок (oblomok) « morceau, fragment » : Oblomov serait alors « un fragment d'homme, un être incomplet, qui passe son temps à refuser de vivre, pour être sûr de ne pas se tromper » (p.115).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]