O'Tacos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

O'Tacos
logo de O'Tacos

Création 17 décembre 2015 : immatriculation de la société actuelle
Fondateurs Patrick Pelonero
Silman Traoré
Samba Traoré
Forme juridique Société par actions simplifiéeVoir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Un tacos oui mais O'Tacos
Siège social Ivry-sur-Seine
Drapeau de France France
Actionnaires Kharis Capital Advisory Belgique, Patrick Pelonero et Alessandro Preda[1]
Activité Restauration rapideVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits Tacos français
Société mère O Tacos Holding Montrouge
Effectif 10 à 19 salariés[2] (et plus de 1 000 collaborateurs via franchises[3])
809 849 615
SIREN 809849612[4]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web https://www.o-tacos.com

Chiffre d'affaires 8 514 300 € au 31/12/2017

comptes 2018 non disponibles

Résultat net 2 192 700 € au 31/12/2017[2]

O'Tacos est une chaîne de restauration rapide française créée en 2007 à Grenoble[5] et spécialisée dans les tacos français[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts modestes[modifier | modifier le code]

Alors qu'il travaille en tant que plaquiste dans le secteur du bâtiment, Patrick Pelonero découvre le tacos français. Et c'est pour meubler «ses hivers difficiles», malgré n'avoir jamais travaillé dans la restauration, qu'il ouvre en 2007 à Grenoble[5], avec deux anciens camarades d'école, les frères Silman et Samba Traoré, un petit fast food, « Le tacos des alliés », qui attire les jeunes du quartier. En 2013, la première franchise O'Tacos ouvre ses portes à Bonneuil sur Marne . Concernant ce premier restaurant, Patrick Pelonero déclare que «cela faisait 25 m2; la cuisine était très compacte, avec peu de places assises, mais il y a eu très vite d'immenses files d'attente grâce au bouche-à-oreille et aux réseaux sociaux [5]». Il affirme qu'«on prenait des emplacements de fortune. Nos moyens ne nous permettaient pas d'aller ailleurs.» Et le cofondateur de O'Tacos ajoute que «nous faisions des journées gratuites au moment de nos ouvertures pour créer de la notoriété »[7]. Reprenant les codes des jeunes pour faire leur communication sur YouTube, Snapchat ou Instagram et O'Tacos s'est inspiré d'un concept américain appliqué au steak, en lançant tous les jeudis soir le concours du Gigatacos[8]. Les quatre premiers arrivés qui « parviendra à dévorer, vidéo à l’appui, le giga tacos de 2,5 kg en moins de 3h30, ne paie pas son addition ». Sur Facebook, Instagram ou Twitter, le buzz fonctionne et fait décoller la notoriété de l’enseigne de restauration rapide, en récoltant 2,5 millions de fans sur les réseaux sociaux avec pourtant seulement dix-sept personnes qui sont parvenus à finir leur gigatacos[9]. Youtubers et influenceurs du moment, se prêtent au jeu du Gigatacos régulièrement, permettant une large publicité grâce à leur popularité[10]. O'Tacos reconnaît que l'utilisation des réseaux sociaux était « un moyen de communication de fortune »[11].

Développement à l'international[modifier | modifier le code]

L’enseigne se lance à l'international avec l'ouverture d'un restaurant à Marrakech, un autre en juillet 2016[12] à Schaerbeek en Belgique[13],[14], et en janvier 2017, O'Tacos ouvre ses portes à Brooklyn aux États-Unis[15]. Le 12 septembre 2017, O'Tacos inaugure son restaurant de Valenciennes avec le rappeur Gradur[16]. Le restaurant O'Tacos à Brooklyn est fermé depuis mars 2019.

En mai 2018, le fonds d'investissement belge Kharis Capital prend le contrôle de O'Tacos[6].

Activités[modifier | modifier le code]

O'Tacos est une chaîne de restauration rapide qui propose un menu de tacos français. Dans les enseignes O'Tacos, le client choisit ses ingrédients (viandes, sauces et suppléments). Les "Otacos" sont disponibles dans plusieurs tailles : M (1 viande), L (2 viandes), XL (3 viandes) et XXL (4 viandes) jusqu'au Gigatacos, plus de deux kilogrammes. L'enseigne utilise des viandes halal qui permet d'accueillir un public de confession musulmane[17],[5].

Controverses[modifier | modifier le code]

Diététique[modifier | modifier le code]

Les produits vendus par la chaîne O'Tacos contiennent essentiellement des viandes, des matières grasses, et des sauces sucrées/salées, sans légumes, ce qui mène le JDD d'Europe 1 à le qualifier de « sandwich diététiquement incorrect » et nuance « Ni bio ni sain, c'est un ovni comestible »[18],[19]. Les critiques font remarquer que les produits de la chaîne O'Tacos ne sont pas des tacos mexicains[19], ce qui concorde avec le positionnement de la marque se caractérisant de "French Tacos", comprendre "Tacos français"[20].

Afin d'élaborer son classement des villes les plus "frappées" par la malbouffe en France, le site my-pharma.info compte le nombre de fast-foods à Toulouse, incluant les 16 chaînes de restauration rapide les plus présentes en France et O'Tacos figure dans cette liste [21],[22],[23].

Le nutritionniste Jean-Louis Berta critique le défi du Gigatacos en disant que : « Cela fait un apport énergétique trop important. Manger sans avoir faim est un comportement pathologique que l'on ne devrait pas inciter [24] ». Le journaliste Pierre Carrey du journal Libération évoque les Gigatacos comme « garantis imbouffables, vaste artifice du marketing.  »[25]

Patrick Pelonero déclare assumer « totalement le côté gras. C’est ce que veulent les jeunes qui viennent chez nous. C’est l’endroit détesté des parents »[26].

Le 9 décembre 2019, le conseil communal de Mouscron a voté pour le O’Tacos de sa ville, l'octroi d'une prime de 6 000 € d’aide publique Creashop destinée aux enseignes « de qualité » qui ouvrent en centre-ville pour son ouverture[27]. La conseillère communale d'opposition Rebecca Nuttens estime qu’O’Tacos n’a pas sa place dans cette sélection, en demandant « depuis quand un fast-food est un commerce de qualité ? Cela nous semble contradictoire avec un projet cher à notre Ville…». Mouscron fait également partie du réseau des Villes Santé de l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2007[28].

La cheffe et ex-candidate de Top Chef, Marie-Victorine Manoa qui a suivi des cours de nutrition lorsqu’elle se formait à l’Institut Paul Bocuse affirme que le bilan calorique « est alarmant » avec 1 448 calories pour la recette populaire de O'Tacos[29].

Droit du travail[modifier | modifier le code]

Le 9 février 2018, le franchisé O'Tacos de Pigalle à Paris est fermé à la suite de la grève des 24 salariés qui accusent le gérant de travail par des slogans tels que : « O’Tacos ou O’voleur ? » non rémunérées depuis des mois, fiches de paie trafiquées, harcèlement sexuel, absence de congés payés et des coups portés aux salariés[30],[31]. La chaîne O’Tacos France a fait savoir qu’elle avait « initié une enquête interne et suspendu immédiatement à titre conservatoire la licence du franchisé mis en cause »[30].

La police aux frontières appréhende un Bangladais en situation irrégulière qui travaille dans le restaurant O'Tacos de Thionville, comme cuisinier. Le responsable du restaurant O'Tacos de Thionville, originaire de Belgique, doit répondre de travail irrégulier d’étranger, et risque une amende pouvant s’élever jusqu’à 75 000 €[32].

Le 24 juin 2019[33], Yacine M.[34], 28 ans, français et gérant des trois restaurants O'tacos de Tours et du restaurant O'Tacos de la place Bardou-Job, à Perpignan[35], et son associé Yassine Zerizer[36] ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire pour abus de bien social, travail dissimulé, conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité. Les deux gérants ont fait travailler une vingtaine de Bangladais en situation irrégulière dans « des conditions de vie déplorables, des heures qui se multiplient, contre 800 € par mois[37]. » Le 16 juillet 2019, une ouverture de liquidation judiciaire des trois sociétés a été rendue[38].

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.societe.com/societe/o-tacos-holding-838975118.html
  2. a et b « O'Tacos Corporation », sur societe.com.
  3. http://www.toute-la-franchise.com/franchise-12851-o-tacos.html
  4. « https://o-tacos.com/fr/privacy-policy » (consulté le 16 mars 2019)
  5. a b c et d « L'incroyable succès d'O'Tacos, la chaîne de fast-food des banlieues qui ne plait pas aux bobos », sur BFMTV (consulté le 7 octobre 2019)
  6. a et b « Les fondateurs d'O'Tacos s'associent à un fonds belge - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 25 mai 2018)
  7. « L'incroyable succès de la recette d'O'Tacos pour transformer le gras en or », sur Challenges (consulté le 2 mars 2019)
  8. Elvire Emptaz, « Pourquoi la nouvelle génération raffole autant des tacos », Grazia,‎ (lire en ligne)
  9. « Tacos, bagels, pad thaï… Les nouvelles recettes street food qui cartonnent », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  10. « #FoodTech : La stratégie digitale très sucessfood de O’Tacos », sur Snacking.fr (consulté le 20 septembre 2018)
  11. « ENQUÊTE : Les Tacos, nouveaux rois du fast-food français », Clique.tv,‎ (lire en ligne, consulté le 20 septembre 2018)
  12. « O'tacos s'implante au Maroc », sur www.franchise-commerce.fr (consulté le 8 mars 2019)
  13. DH.be, « Le restaurant O’Tacos débarque à Bruxelles », DH.BE,‎ (lire en ligne, consulté le 21 novembre 2017)
  14. « Schaerbeek: des files pour le premier O'Tacos de Belgique », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le 21 novembre 2017)
  15. La franchise, « O'Tacos débarque à New York ! », Toute La Franchise,‎ (lire en ligne, consulté le 21 novembre 2017)
  16. « Valenciennes: Inauguration mouvementée pour le restaurant O'Tacos », sur www.20minutes.fr (consulté le 23 octobre 2017)
  17. « O’Tacos : la folie à Schaerbeek », sur Le Soir (consulté le 22 janvier 2018)
  18. « Le fabuleux destin d'O'Tacos », sur JDD (consulté le 3 novembre 2018)
  19. a et b « Comment les tacos ont envahi la France », Les Inrocks,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2018)
  20. « Accueil - O'Tacos », sur www.o-tacos.fr (consulté le 28 novembre 2018)
  21. « Nîmes 15e pire ville de France en matière de malbouffe », Midi Libre,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018)
  22. « Malbouffe : Toulouse dans le Top 5 des villes où il y a le plus de fast-foods et de kebabs », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018)
  23. « Malbouffe : classement des pires villes de France (Janvier 2019) », sur My-Pharma.info : tous vos traitements, toutes nos informations., (consulté le 22 janvier 2019)
  24. « Tacos : ces sandwichs hypercaloriques sont-il pires que des burgers ? », sur Femme Actuelle (consulté le 9 janvier 2019)
  25. « La «junk», le nouveau punk », sur Libération.fr, (consulté le 9 janvier 2019)
  26. « L'incroyable succès du phénomène supergras O'Tacos, produit de banlieue », sur www.msn.com (consulté le 8 mars 2019)
  27. « Le O’Tacos de Mouscron reçoit une prime de 6.000 euros d’aide publique pour son ouverture: «En quoi est-ce un commerce de qualité ?» », sur sudinfo.be, (consulté le 29 décembre 2019)
  28. « De l’argent public pour O’Tacos », sur www.lavenir.net (consulté le 29 décembre 2019)
  29. Par Le Parisien Le 25 février 2021 à 18h35, « VIDÉO. Tacos contre burger: lequel est le plus calorique? », sur leparisien.fr, (consulté le 20 mars 2021)
  30. a et b « Paris : conditions de travail indignes, les salariés ont quitté O’Tacos », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  31. « Paris : grève sous haute tension chez O’Tacos », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 2 avril 2018)
  32. « Travail illégal : la police aux frontières épingle un restaurant à Thionville », sur www.republicain-lorrain.fr (consulté le 2 mars 2019)
  33. « Pourquoi O’Tacos a subitement fermé ses fast food à Tours ? », sur Info Tours.fr (consulté le 5 juillet 2019)
  34. « https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/o-tacos-l-un-des-deux-cogerants-reste-en-detention », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 9 novembre 2019)
  35. « Perpignan : les gérants du O'Tacos du centre-ville seraient incarcérés à Tours », sur lindependant.fr (consulté le 21 juillet 2019)
  36. « « A Tours, l’affaire des tacos en dit long sur les pratiques exercées à l’encontre des migrants » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 9 novembre 2019)
  37. « O'Tacos à Tours : quatre interpellations et trois restaurants fermés », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 5 juillet 2019)
  38. « TOURS O’Tacos : un liquidateur désigné et un 13e salarié étranger dans la procédure », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le 2 août 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]