Nzema (peuple)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nzema et Apollo.
Le roi des N'zima arborant ses bijoux.

Les N'zima sont un peuple Akan de Côte d'Ivoire et du Ghana[1].

Ils ont pour symbole totémique le porc-épic, ce peuple ayant pour dénomination le terme de kôtôkô.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on rencontre différentes formes : appelés Amanahya par les Portugais, Apolloniens, Apolo, Appolloniens, Appolo par les explorateurs européens, Asôkô, Assôkô par les Baoulé, Zéma, Zimba par les Mandé. N'zima (mi zi ma) qui veut dire « je sais compter » en relation avec leur sens poussé du commerce dont ils avaient le monopole absolu sur la côte.

Histoire[modifier | modifier le code]

En contact avec les Européens depuis le XVe siècle, principalement les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Français, ils longent la côte d'est en ouest pour fonder la ville de Grand-Bassam, qui deviendra la première capitale de Côte d'Ivoire en 1893. C'est l'un des rois n'zima, le roi Peter, qui signa le premier traité le 19 février 1842 avec la France représentée par Charles Philippe de Kerhallet et Alphonse Fleuriot de Langle. Le roi Peter qui régna de 1830 en 1854 était lui-même le petit fils du roi Amon, de la famille des N'djua, Ahua ou Mahilé. Grand-Bassam, la cité que les N'zima fondèrent est tirée de l'expression Bazouam, qui veut dire « aide moi à porter ma charge ». Les Portugais Soeiro Da Costa et Duarte Pacheco Pereira mentionnent aux XIVe et XVe siècles le commerce pratiqué par ce peuple. Ce peuple fut le premier à occuper le littoral. Il dominait Assinie et Grand-Bassam avant d'étendre son influence dans les lagunes à l'est et au nord-est de la Côte d'Ivoire. Aniaba, le roi Kyeana, le roi Aka Ezani, le roi Adjiri d'Assinie étaient des Nzima. Le roi Peter de Bassam, que ses vassaux nommaient Attekebley, était également Nzima.

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le n'zima[2], une langue kwa.

Société[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Il y a 7 familles chez les N'zima, chacune avec son symbole et sa fonction dans le groupe. Il s'agit de N'djua, Ahua ou Mahilé (le feu et le chien), les Ezohile (l'eau, le riz, le corbeau) les N'vavile (depositaire de l'Abissa, le maïs) , les Adahonlin (la graine palmiste, le perroquet), les Alonhomba (le vin de palme, le raphia , l'aigle), les Azanhoulé (l'igname et la flûte traditionnelle) et les Mafolé (l'or et l'argent).

Rite funéraire[modifier | modifier le code]

Les rites funéraires chez les N'zima font partie de la base de leur civilisation comme l'Abissa, les 7 familles et le mariage, etc. Les rites funéraires sont des occasions de retrouvailles des 7 familles qui dans un élan de solidarité procèdent à " l'assié " "dons". Chez les N'zima, les morts ne sont jamais morts car leurs esprits veillent sur les familles et les progénitures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kouamé René Allou, Les Nzema : un peuple akan de Côte d'Ivoire et du Ghana, L'Harmattan, Paris, 2013, 238 p. (ISBN 978-2-336-29275-5)
  2. Ethnologue [nzi].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kouamé René Allou, Les Nzema : un peuple akan de Côte d'Ivoire et du Ghana, L'Harmattan, Paris, 2013, 238 p. (ISBN 978-2-336-29275-5)
  • Paul Atger, La France en Côte-d'Ivoire de 1843̀ à 1893. Cinquante ans d'hésitations politiques et commerciales, Université de Dakar, 1962, 204 p.
  • (de) Ernesta Cerulli, « Zwei Akan-Kulturen: Die Nzima in Ghana und die Anyi-Bona der Elfenbeinküste: Affinitäten und Unterschiede », in Anthropos, vol. 70, no 5./6, 1975, p. 800-832, [lire en ligne]
  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes : avec des notes linguistiques et ethnologiques, une bibliographie et une carte, Paris, E. Leroux, 1904, 284 p. (texte intégral sur Gallica [1])
  • Niamkey Georges Kodjo et Niamkey Koffi Robert (dir.), Grand-Bassam, métropole médiévale des N'zima, édition du Cérap, Abidjan, 2014, 416 p.
  • Niamkey-Koffi, Essai sur l'articulation logique de la pensée akan-nzima, L'Harmattan, Paris, 2018, 271 p. (ISBN 978-2-343-15026-0) (texte remanié d'une thèse)
  • Paul Roussier, L'établissement d'Issiny, 1687-1702. Voyages de Ducasse, Tibierge et d'Amon à la côte de Guinée, publiés pour la première fois et suivis de la Relation du voyage du royaume d'Issiny, du P. Godefroy Loyer, Larose, 1935, 243 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]