Nutri-score

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Le Nutri-Score, aussi appelé système 5 couleurs, est un système d'étiquetage nutritionnel basé sur un logo avec cinq valeurs allant de A à E et du vert au rouge, établi en fonction de la valeur nutritionnelle d'un produit alimentaire. Il est mis en place par le gouvernement français en 2016 dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé.

Il a pour but de favoriser le choix de produits plus sains par les consommateurs et ainsi de participer à la lutte contre l'augmentation des maladies cardiovasculaires, de l'obésité et du diabète[1].

Actuellement, la réglementation de l'Union européenne ne permet pas aux États membres de rendre ce dispositif obligatoire, leur action se limite donc à la possibilité de le recommander et à encadrer son utilisation.

Le « Nutri-Score A » désigne les aliments les plus sains.

Méthode de calcul du score[modifier | modifier le code]

Le score est calculé par un système de points, le score le plus faible étant le meilleur[2],[3].

Mais le score d'un produit acheté avec une cuisson incomplète et dont la cuisson est terminée par le consommateur, comme des frites précuites surgelées, sera nettement meilleur que celui qu'obtiendra le même produit après cuisson dans un bain d'huile de friture ; à l'inverse, un litre d'huile d'olive, même de très bonne qualité, sera coté D ou E, car ce n'est pas un aliment à lui seul, et par définition très gras . Il faut donc analyser les produits et réfléchir avant de prendre une décision.

Éléments défavorables au score[modifier | modifier le code]

Éléments favorables au score[modifier | modifier le code]

Pour calculer la teneur de fruits et légumes, les féculents (tel que pomme de terre, patate douce, taro, manioc et tapioca) ne sont pas pris en compte[4].

Adoption[modifier | modifier le code]

Il ne peut pas être imposé aux industriels en raison du règlement européen de 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires[5],[6],[7],[8]. Cependant, la Commission européenne doit remettre au Parlement européen et au Conseil pour le un rapport sur l’opportunité de poursuivre l’harmonisation de l'étiquetage nutritionnel[6].

En 2019, des associations de consommateurs soutiennent une initiative citoyenne européenne pour proposer à la Commission européenne que le Nutri-Score devienne obligatoire[9].

Belgique[modifier | modifier le code]

Nutri-Score affiché sur un produit et sur l'étiquette électronique dans un supermarché Delhaize.

En août 2018, la ministre de la Santé annonce qu'il sera adopté en Belgique[10].

Le , le Nutri-Score est officiellement adopté[11].

Colruyt et Delhaize ont commencé à l'appliquer progressivement sur leurs marques distributeurs vers septembre 2018[12].
Colruyt l'indique également pour tous les produits (toutes marques confondues) sur son site web[13].
Delhaize propose dans son application mobile une fonction qui permet d’afficher le score de la plupart des produits en scannant leur code-barre[14].

Danone prévoit de l'ajouter sur ses produits laitiers frais à partir de janvier 2019[12]. La société Carrefour se limite quant à elle à une application mobile[12].

Espagne[modifier | modifier le code]

En novembre 2018, la ministre espagnole de la santé, María Luisa Carcedo, annonce la mise en place du système Nutri-Score, sur la base du volontariat[15].

France[modifier | modifier le code]

Malgré une opposition de l'industrie agroalimentaire qui a tenté de bloquer ou de retarder la mise en place de ce dispositif[16],[17], son utilisation sur les emballages alimentaires est autorisée et encadrée par la Loi de modernisation du système de santé adoptée en janvier 2016. Celle-ci recommande aux fabricants et distributeurs de s'engager dans une démarche volontaire d'utilisation de ce système d'étiquetage[18]. Un arrêté ministériel est ensuite signé en octobre 2017 pour fixer la forme de présentation du nutri-score[19].

Les entreprises Intermarché, Leclerc, Auchan et Fleury Michon se sont engagées à mettre en place le Nutri-Score sur l'ensemble des produits de leurs marques[20],[21].
En revanche, les multinationales Coca-Cola, Mars, Mondelēz, PepsiCo et Unilever ont annoncé être opposés au Nutri-Score et vouloir adopter un système concurrent qui, d'après l'UFC-Que Choisir, « [va] contre l’intérêt des consommateurs en les empêchant de comparer les produits »[20],[21].
Le , trente-trois entreprises de l'agro-alimentaire et de la distribution ont annoncé leur engagement à mettre le Nutri-Score sur leurs produits[22]. Nestlé, après avoir été du côté des opposants, déclare en juin 2019 qu'il se rallie au Nutri-Score[23].

Le site internet de données alimentaires Open Food Facts calcule le Nutri-Score pour les produits présents dans sa base de données, même lorsque le fabriquant a choisi de ne pas utiliser le dispositif[24].

L'Assemblée nationale adopte en février 2019 une proposition de loi rendant obligatoire la mention du nutri-score dans les annonces publicitaires (internet, télévision et radio), obligation à laquelle les annonceurs peuvent cependant déroger moyennant une contribution financière à l'Agence nationale de santé publique. Cette loi devrait entrer en vigueur au plus tard le [25].

Évaluation[modifier | modifier le code]

Avant son adoption en France, une étude a été lancée en septembre 2016 dans soixante supermarchés de quatre régions de France et sur une période de dix semaines pour comparer le Nutri-Score, SENS, Nutri-Couleurs[26] et Nutri-Repères (améliorant le systèmes des « Repères nutritionnels journaliers », adopté par l'industrie agroalimentaire depuis plusieurs années)[27].

Les algorithmes utilisés pour le calcul des deux scores synthétiques (Nutri-Score et SENS) ont été validés par l’ANSES[27]. Dans le cas de Nutri-score : le score de la FSA sert de base à l'algorithme du Nutri-Score[28]. Un score faible indique une bon produit ce qui est particulièrement intéressant pour les ménages à faible revenus, qui sont justement ceux ayant la moins bonne alimentation, la nourriture industrielle étant généralement plus économique mais aussi plus grasse et plus sucrée[29],[27],[30],[31]. Le système SENS, promu par la grande distribution, est jugé moins efficace, par le gouvernement français, que le Nutri-Score[30],[32]. Nutri-Repères utilise une notation inverse de celle de Nutri-score[32][source insuffisante].

Études scientifiques[modifier | modifier le code]

Deux études scientifiques publiées en 2018 confirment « le lien entre la consommation d’aliments gras, salés, sucrés et transformés et le risque de cancer ». Le professeur Serge Hercberg estime que l'étude montre la pertinence du Nutri-Score[33].

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon Test-Achats, qui est favorable au Nutri-Score[34], un point faible est qu'il ne tient pas compte de la présence d’additifs (édulcorants, colorants, conservateurs...), ni de la taille des portions[35].

Pour répondre à cette limite du Nutri-Score, d'autres classifications ont été mises en place. C'est le cas par exemple de la classification internationale NOVA, qui catégorise les aliments selon leur degré de transformation industrielle.

Les mêmes groupes de l'industrie agroalimentaire qui s'opposent au Nutri-Score l'accusent de stigmatiser leurs produits[20]. Par exemple, les grands industriels du lait se sont associés dans un « Centre de Recherches et d'Informations Nutritionnelles[36] », qui multiplie les conférences de presse pour discréditer les mesures de santé « contraires aux intérêts financiers du lobby du lait[37] ».

Selon l'ANSES, la pertinence nutritionnelle des systèmes d'information nutritionnelle (Nutri-Score compris) n'est pas démontrée[38].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Horel et Pascale Santi, « « Intoxication agroalimentaire » au ministère de la santé », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 3 octobre 2017).
  2. Haut Conseil de la santé publique, Avis relatif à l’information sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, , 69 p. (lire en ligne).
  3. 60 Millions de Consommateurs, « Vos aliments préférés sont-ils sains ? Calculez leur Nutri-Score », sur 60 millions de consommateurs (consulté le 12 août 2019).
  4. Questions-réponses sur le Nutri-Score, Santé publique France, (lire en ligne [PDF]).
  5. « Nutri-Score obligera les industriels à revoir leurs recettes », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2017).
  6. a et b « Règlement (UE) no 1169/2011 « INCO », article 35, du Parlement européen et du Conseil du concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires », sur eur-lex.europa.eu (consulté le 15 août 2017).
  7. Laura Motet, « Etiquetage nutritionnel : que contiennent vraiment nos assiettes ? », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 15 août 2017).
  8. « Marisol Touraine dévoile le nouveau logo nutritionnel », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2017).
  9. « Nutri-Score obligatoire: un "lobby citoyen" pour convaincre l'Union européenne? », sur France-Soir, (consulté le 3 août 2019).
  10. « L'étiquetage nutritionnel "nutri-score" sera introduit en Belgique », sur belgium.be, (consulté le 2 novembre 2018).
  11. « Consommer plus sainement: le "Nutri-Score" débarque officiellement en Belgique », sur RTBF Info, (consulté le 3 avril 2019).
  12. a b et c « Le nutri-score fait des émules », Édition digitale de Charleroi,‎ (lire en ligne, consulté le 2 novembre 2018).
  13. « Le Nutri-Score : mieux savoir pour mieux choisir », sur colruyt.be (consulté le 2 novembre 2018).
  14. « Nutri-score Delhaize », sur delhaize.be (consulté le 19 mai 2019).
  15. L’Espagne adopte le Nutri-Score, sur processalimentaire.com du 19 novembre 2018, consulté le 6 décembre 2018.
  16. « BLOG - Étiquetage Nutri-Score: L'histoire de notre bataille homérique face aux industriels », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2017).
  17. « Cash investigation - Industrie agro-alimentaire : business contre santé (Intégrale) » (consulté le 10 avril 2019).
  18. Code de la santé publique - Article L3232-8 (lire en ligne).
  19. Arrêté du 31 octobre 2017 fixant la forme de présentation complémentaire à la déclaration nutritionnelle recommandée par l'Etat en application des articles L. 3232-8 et R. 3232-7 du code de la santé publique (lire en ligne).
  20. a b et c Pascale Santi, « Etiquetage nutritionnel : des industriels s’engagent à mettre en place le Nutri-Score à cinq couleurs », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 20 août 2017).
  21. a et b BFMTV, « Logo Nutri-score: qui l'applique vraiment? », sur BFMTV (consulté le 20 août 2017).
  22. « Le logo nutritionnel arrive dans les rayons. », sur lemonde.fr, .
  23. « Longtemps réticent, Nestlé adopte le Nutri-Score en Europe continentale », 2019-06-26,‎ (lire en ligne, consulté le 1er juillet 2019).
  24. Les aliments sains à portée de téléphone, sur leparisien.fr du , consulté le .
  25. « Le "Nutri-Score" devient obligatoire sur les supports publicitaires », sur LCI (consulté le 4 août 2019).
  26. En anglais Traffic light rating system (en) adopté au Royaume-Uni depuis plusieurs années.
  27. a b et c Etiquetage nutritionnel simplifié - Rapport du comité de pilotage de l’évaluation en conditions réelles d’achat, (lire en ligne).
  28. (en) [PDF] The UK Ofcom Nutrient Profiling Model, sur ndph.ox.ac.uk, consulté le .
  29. [PDF] Inégalité sociale et alimentation, sur agriculture.gouv.fr, consulté le .
  30. a et b Olivier Allais, Paulo Albuquerque, Céline Bonnet, Pierre Dubois, Évaluation Expérimentation Logos Nutritionnels, (lire en ligne).
  31. « Logo Nutri-Score : Marisol Touraine se félicite de son efficacité », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2017).
  32. a et b Voir : Le Nutri-repère, sur quoidansmonassiette.fr, , consulté le .
  33. Pascale Santi, « La consommation d’aliments mal notés par le Nutri-Score augmente le risque de cancer », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018).
  34. « Nutri-Score: la ministre de la Santé nous a entendus », www.test-achats.be,‎ (lire en ligne, consulté le 26 novembre 2018).
  35. « Optez pour les meilleures céréales », sur Test-Achats (consulté le 3 octobre 2017).
  36. CERIN.
  37. « Un logo bien "lait" », Le Canard Enchaîné, no 5069,‎ .
  38. « Systèmes d’information nutritionnelle : un niveau de preuve insuffisant pour démontrer leur pertinence au regard des enjeux de santé publique », sur anses.fr (consulté le 3 octobre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]