Nur-Banu

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Nurbanu Sultan

Titres

Favorite du sultan ottoman


8 ans 3 mois et 8 jours

Prédécesseur Hurrem Sultan
Successeur Safiye Sultan

2e Sultane Validé de l'Empire Ottoman


8 ans 11 mois et 22 jours

Prédécesseur Hafsa Sultan
Successeur Safiye Sultan
Biographie
Dynastie Dynastie Ottomane
Nom de naissance Cecilia Venier Baffo ?
Naissance vers 1525
Paros
Décès 7 décembre 1583
Constantinople
Père Nicolo Venier ?
Mère Violante Baffo ?
Conjoint Selim II
Enfants Mourad III
Esmehan Sultan
Gevherhan Sultan
Şah Sultan
Résidence Palais de Topkapı
image illustrant l’histoire
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Nurbanu Sultan (vers 1525 - 1583) fut la favorite puis l'épouse du sultan ottoman Selim II[1]. Elle fut l'une des figures les plus influentes durant le sultanat des femmes.

Origines[modifier | modifier le code]

Diverses théories coexistent à propos de ses origines :

  • selon la théorie la plus répandue, Nurbanu serait née Cecilia Venier Baffo, fille naturelle de Nicolo Venier et de Violante Baffo, née vers 1525 à Paros, île aujourd'hui grecque mais faisant alors partie de la République de Venise ; elle serait alors membre de la noble famille vénitienne Venier et aussi une lointaine descendante du duc de Naxos, Marco Sanudo[2]. Elle aurait été capturée en 1537 sur l'île de Paros dont son père était le seigneur lors de la conquête de l'île par la flotte ottomane commandée par Khayr ad-Din Barberousse et vendue au marché des esclaves à Constantinople[3].
  • selon B. Arbel et les auteurs l'ayant suivi, elle serait issue d'une famille grecque de Corfou[4]
  • selon Ahmet Refik et les auteurs l'ayant suivi, elle serait d'origine juive, une théorie rejetée par l'Encyclopædia of Islam[1].

Favorite du Prince[modifier | modifier le code]

Elle devint la favorite du prince Selim, alors gouverneur de la province de Manisa et accoucha de 3 filles en 1544/45, Esmehan, Gevherhan et Sah, avant de donner naissance à un fils, Mourad, en 1546.

Favorite puis épouse du Sultan[modifier | modifier le code]

En 1566, le sultan Soliman mourut et Selim monta sur le trône ; son fils, le prince Mourad devint l'héritier du trône. Évidemment, Selim prit différentes concubines mais Nurbanu demeura sa favorite pour sa beauté et son intelligence. Elle était sa conseillère pour différentes affaires vu qu'il respectait ses jugements. En tant que favorite du Sultan, elle recevait 1000 aspers par jour alors que les autres concubines, chacune mère d'un prince, ne recevaient que 40 aspers par jour. En 1571, Nurbanu devint l'épouse de Selim officiellement.

Mère du Sultan[modifier | modifier le code]

En 1574, Selim II mourut. Son fils Mourad était alors gouverneur de Manisa. Craignant que quelqu'un prenne le pouvoir, elle agit avec intelligence. Elle cacha le cadavre de son époux dans un compartiment à glaces et envoya une lettre à son fils lui disant de venir à Constantinople immédiatement. En ce temps, personne ne découvrit la mort du Sultan. Elle ne fut rendue publique qu'après l'arrivée de Mourad, 12 jours plus tard. Son fils devint alors sultan sous le nom de Mourad III et elle sultane validé, le poste le plus élevé qu'une femme pouvait obtenir dans l'Empire ottoman. Son influence s'élargit et fut celle qui marqua le début du sultanat des femmes. Elle exerça son pouvoir en collaboration avec son gendre le grand vizir Sokollu Mehmed Pacha parce que, étant une femme de la famille impériale, quel que soit son rang, ses mouvements étaient limités.

Ainsi, Nurbanu, comme d'autres sultanes, utilisait les services d'une "agente", une intermédiaire de confiance. L'une des plus célèbres était Esther Handali qui occupait une grande place dans la politique ottomane du XVIe siècle. Son époux, Eliya Handali, membre éminent de la communauté juive d'Istanbul, était l'un des fournisseurs du Harem. Il vendait à la fois des bijoux précieux, des étoffes rares et des colifichets de luxe. Devenue veuve, Esther reprit ces activités à son compte. Contrairement à son époux, elle avait le droit d'entrer directement en contact les femmes du Harem. Riche, cultivée et ambitieuse, Esther était au courant de toutes les intrigues, souvent même avant le grand vizir. Elle faisait sortir lettres et messages de Topkapi et tout aussi discrètement, apportait les réponses. Nurbanu et Esther, d'associées devinrent au fil du temps de grandes amies. Leur proximité fut courir la rumeur d'une liaison saphique[5].

Mort et funérailles[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 1583, Nurbanu tomba soudainement malade et ne put être sauvée. Elle mourut sans doute d'une cause naturelle. Bien que des rumeurs circulèrent sur le probable assassinat par empoisonnement de la sultane par un espion génois ou par une certaine rivale dans le Harem Impérial. Au moment de sa mort, elle avait environ 60 ans ce qui était un âge très avancé à l'époque.

Elle jouissait d'honneurs extraordinaires, non seulement pendant la vie, mais aussi après sa mort. Contrairement à la coutume selon laquelle le sultan restait dans le palais pendant les funérailles, Mourad accompagna le cercueil de sa mère à pied, pleurant alors qu'il marchait, à la mosquée de Mehmed le Conquérant, où les prières funéraires ont été dites.

Le choix de la mosquée du Conquérant, la plus éloignée parmi les mosquées des sultans du palais impérial, a assuré à la fois un nombre maximum de prières de passants pour l'âme de Nurbanu et l'appréciation maximale des habitants de la capitale. Ils montrèrent leur respect à la sultane validé.

Selon l'historien Selaniki, le «monde entier» était entassé dans la mosquée pour les prières funéraires. Pour 40 jours, les haut-placés hommes d'État et les responsables religieux ont été tenus de payer leurs respects à la tombe de la sultane validé, alors que le Coran était lu continuellement.

Le caractère extraordinaire de cet enterrement est suggéré par le fait que, dans la vaste collection de la bibliothèque du palais de Topkapi, la seule miniature qui représente un événement dans la vie d'une femme, membre de la dynastie, illustre l'émergence du cortège funèbre de Nurbanu du Palais impérial. Nurbanu's burial, Shahanshahnama.jpg

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Elle n'oublia jamais ses origines vénitiennes et, durant ses 9 années de régence, sa relation avec la République de Venise était tellement partielle que leur rivale, la République Génoise, la considérait comme leur ennemie. Elle correspondait avait Catherine de Médicis, Reine de France, et guettait une alliance contre l'Empire Austro-Hongroie qui était la menace primaire des ottomans et bloquait l'expansion de l'Empire dans l'Europe.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b A.H. de Groot, s.v. in Encyclopædia of Islam vol VIII, 1995, p.124
  2. J. Slot, Archipelagus Turbatus. Les Cyclades entre colonisation latine et occupation ottomane. c.1500-1718., Publications de l'Institut historique-archéologique néerlandais de Stamboul, 1982, p. 74 (ISBN 9062580513)
  3. (en) Charles A. Frazee, The Island Princes of Greece. The Dukes of the Archipelago., Adolf M. Hakkert, Amsterdam, 1988, p. 83. (ISBN 9025609481)
  4. Benjamin Arbel, Nur Banu (c. 1530-1583): A Venetian Sultana? in Turcica 24, 1992, pp. 241-259
  5. https://books.google.com.lb/books?id=G9OMBQAAQBAJ&pg=PT152&lpg=PT152&dq=la+sultane+nurbanu&source=bl&ots=U8HiEtDm4K&sig=JX0HI-LvFMU_VrE9Sch3X175ojA&hl=en&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=la%20sultane%20nurbanu&f=false

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