Nunc dimittis

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La Présentation au Temple de Giotto: le vieillard Syméon tient en mains l'Enfant Jésus (chapelle Scrovegni)

Le Nunc dimittis appelé aussi Cantique de Syméon est une prière chrétienne traditionnelle. Elle caractérise en particulier l'office divin des complies, l'office qui précède le silence de la nuit de la liturgie des Heures.

Le nom de cette prière lui vient de ses deux premiers mots en latin dont le sens est Maintenant, laisse partir [ton serviteur]. Elle est tirée d'un passage de l'Évangile de Luc (Lc 2:29), dans lequel Syméon (ou Siméon selon les translittérations) reconnaît en l'Enfant Jésus le Messie et annonce dans les versets suivants de Luc 2, 34-35 à Marie la souffrance qu'elle endurera.

En langage courant, l'expression «Nunc dimittis... » s'emploie pour signifier qu'on se retire, la satisfaction du devoir accompli ou pour reconnaitre que sa relève est assurée par une ou des personnes mieux qualifiées et / ou plus jeunes que la personne qui prononce cette parole.

Dans la liturgie latine[modifier | modifier le code]

Dans la liturgie en langue latine, c'est le cantique évangélique de l'office des Complies (le Magnificat prend place aux Vêpres et le Benedictus aux Laudes). Il est généralement précédé de l'antienne « Salva nos » (« Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons, garde-nous quand nous dormons, pour que nous veillions avec le Christ et que nous reposions dans la paix ») :

« Salva nos, Domine, vigilantes,
custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo,
et requiescamus in pace.

L'office de Complies annonce que tout est achevé, en parlant de la journée. Il préfigure ainsi le moment de notre mort, lorsque tout s'achèvera. Le Nunc dimittis, prophétisé par Syméon avant de mourir permet aux chrétiens d'entrer dans le mouvement de leur mort qui vient, un peu tous les jours.

Dans le rite byzantin[modifier | modifier le code]

Le texte du cantique est utilisé à deux reprises dans l'ensemble des offices liturgiques byzantins :

  • aux vêpres, après les apostiches et avant les prières du Trisaghion ; suivi peu après de la fin de l'office, ce chant est littéralement le congé pris par les fidèles à la fin du jour liturgique.
  • dans le rite de présentation de l'enfant dans l'église (aussi appelé ecclésialisation) peu après le baptême (généralement le lendemain, ou juste après, si le baptême est célébré au cours d'une liturgie), une fois que le prêtre est revenu à la soléa avec l'enfant dans les bras ; en reprenant le rite du temple et les paroles du prophète Syméon, le rite manifeste l'identité du nouveau baptisé avec le Christ.

Parmi les trois cantiques novo-testamentaires, le cantique de Syméon est le seul qui n'est pas lu à la neuvième ode des matines.

Texte de cette prière[modifier | modifier le code]

Évangile selon Luc, chapitre 2, versets 29 à 32.

En grec :

νῦν ἀπολύεις τὸν δοῦλόν σου, δέσποτα, κατὰ τὸ ῥῆμά σου ἐν εἰρήνῃ, ὅτι εἶδον οἱ ὀφθαλμοί μου τὸ σωτήριόν σου, ὃ ἡτοίμασας κατὰ πρόσωπον πάντων τῶν λαῶν, φῶς εἰς ἀποκάλυψιν ἐθνῶν καὶ δόξαν λαοῦ σου Ἰσραήλ.

En latin (Vulgate):

Nunc dimittis servum tuum,
Domine, secundum verbum tuum in pace :
Quia viderunt oculi mei salutare tuum.
Quod parasti ante faciem omnium populorum :
Lumen ad revelationem gentium,
et gloriam plebis tuæ Israel

En français (traduction liturgique):

Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s'en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.

Articles connexes[modifier | modifier le code]