Nuit et Brouillard (chanson)

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Nuit et Brouillard
Chanson de Jean Ferrat
extrait de l'album Nuit et Brouillard
Sortie Décembre 1963
Durée 3:13
Genre Musique
Auteur Jean Ferrat
Compositeur Jean Ferrat

Pistes de Nuit et Brouillard

Nuit et Brouillard est une chanson de Jean Ferrat sortie en décembre 1963 sur l'album du même nom chez Barclay. Jean Ferrat en est l'auteur-compositeur-interprète.

Commémorant les victimes des camps de concentration nazis de la Seconde Guerre mondiale, Nuit et brouillard évoque également pour Jean Ferrat un drame personnel et douloureux, la disparition de son père, juif émigré de Russie, arrêté puis séquestré au camp de Drancy par les autorités allemandes, avant d'être déporté (le 30 septembre 1942) à Auschwitz[1], où il meurt le mois suivant[2]. Il voulait aussi rendre hommage aux victimes qui ont été déportées.

Le titre fait référence à la directive « Nuit et brouillard » signée en 1941 par Adolf Hitler, qui ordonne que les personnes représentant une menace pour le Troisième Reich ou la Wehrmacht dans les territoires occupés seront transférées en Allemagne et disparaîtront dans le secret absolu.

Réception de la chanson[modifier | modifier le code]

L'heure étant à la réconciliation avec l'Allemagne, la chanson fut interdite à la radio et à la télévision où, sous l'influence directe de l'Élysée, elle fut fortement « déconseillée » par Robert Bordaz, directeur de l'ORTF. Elle passa tout de même un dimanche à midi sur la première chaîne, dans l'émission Discorama de Denise Glaser[3]. Le succès suivit, et Jean Ferrat reçut pour cette chanson le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1963. Ce fut le début du succès pour le chanteur.

Une polémique lancée par le directeur de la rédaction de L'Arche[modifier | modifier le code]

En 2005, dans un entretien accordé à la revue Nouvelles d’Arménie Magazine, le directeur de la rédaction de la revue L’Arche, Meïr Waintrater, observe que dans les paroles de la chanson l'identité juive des victimes n'est pas affirmée, et ajoute : «Pourtant, je me souviens que j’étais à l’époque très content de cette chanson et [que] ma génération l’a accueillie avec soulagement.». Meïr Waintrater ayant affirmé à la fin de l'interview qu'aujourd'hui «un tel texte serait attaqué pour négationnisme implicite», Jean Ferrat lui répond dans une lettre ouverte qu'il se «demande par quelle dérive de la pensée on peut en arriver là, et si [ces] propos ne relèvent pas simplement de la psychiatrie.». Il en profite cependant pour regretter «de n’avoir pas cité les autres victimes innocentes des nazis, les handicapés, les homosexuels et les Tziganes», entérinant donc l'idée que «Samuel» et «Jéhovah» désignent bien les victime juives de la déportation[4].

Meïr Weintrater maintiendra sa position dans plusieurs publications référencées sur son blog, déclarant toutefois qu'il n'a jamais voulu accuser Jean Ferrat d'antisémitisme[5].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]