Nueva canción

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Nueva canción
Origines stylistiques Musique folklorique latino-américaine
Origines culturelles Années 1960 ; Amérique du Sud
Instruments typiques Guitare basse, charango, batterie, guitare
Popularité Élevée dans les années 1960 et 1980
Scènes régionales Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Colombie, Cuba, Espagne, Mexique, Nicaragua, Paraguay, Pérou, Portugal, Uruguay, Venezuela

La nueva canción ([ˈnweβa kanˈθjon], [kanˈsjon], littéralement « nouvelle chanson ») est un genre musical issu de la musique folklorique latino-américaine. Ce genre joue un rôle important dans les mouvements sociaux en Amérique latine durant les années 1970 et 1980[1]. La nueva canción émerge dans les années 1960, dans la continuité de la nueva canción chilena, (nouvelle chanson chilienne), et est rapidement associée aux mouvements de la nouvelle gauche latino américaine et aux mouvements pour les droits de l'homme en raison de ses textes très politisés.

Beaucoup de ses interprètes sont forcés à l'exil ou tués par les dictatures latino-américaines. Bien que ce genre ne soit plus dominant dans le paysage latino-américain, il influence durablement d'autres genres comme le rock latino-américain, la musique andine ou même la cumbia. Les interprètes les plus connus du genre sont Víctor Jara, Violeta Parra, et Mercedes Sosa.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La nueva canción est un genre musical composé à des fins sociales. Les thèmes lyriques et musicaux s'inspirent des classes populaires et font souvent usage de la satire pour mieux faire comprendre leurs besoins de changements sociopolitiques[2]. Le genre est lancé en réponse à la domination des musiques américaine et européenne sur le marché de l'époque en Amérique latine[3]. La nueva canción est explicitement liée à la politique de gauche[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La nueva canción se développe dans le contexte historique du « boom folklorique » survenu en Amérique latine dans les années 1950. La Chilienne Violeta Parra et l'Argentin Atahualpa Yupanqui sont deux figures traditionnelles du genre. Le mouvement est également soutenu par la législation, tels le décret 3371/1949 de protection de la musique nationale de Juan Perón et la loi N.º 14.226 aussi appelée ley del Número Vivo[3],[5],[6].

Des manifestations nationales de nueva canción commencent à émerger à la fin des années 1950. Les premières se déroulent en Espagne et au Chili, et manifestent pour la reconnaissance de la culture et de la langue catalanes[7]. La musique prend rapidement de l'ampleur en Argentine puis dans tout le continent sud-américain dans les années 1960 et 1970. Plusieurs étymologies sont utilisées, mais le terme de nueva canción est définitivement adopté pendant l'Encuentro de la Canción Protesta de 1967[3].

Artistes[modifier | modifier le code]

Parmi les artistes principaux souvent associés à la Nueva canción, on peut citer : Amparo Ochoa, Gabino Palomares et Óscar Chávez au Mexique ; Alí Primera, Gloria Martín, Soledad Bravo et Los Guaraguao au Venezuela ; Facundo Cabral, Jorge Cafrune, Mercedes Sosa, Piero, Víctor Heredia, Cesar Isella en Argentine ; Chico Buarque, Gilberto Gil, Milton Nascimento, Caetano Veloso au Brésil ; Eduardo Meana, Víctor Jara, Ángel Parra, José Larralde au Chili ; Rubén Blades, les frères Carlos Mejía Godoy et Luis Enrique Mejía Godoy au Nicaragua ; Carlos Puebla, Pablo Milanés, Amaury Pérez et Silvio Rodríguez à Cuba ; Alfredo Zitarrosa, Daniel Viglietti, José Carbajal el Sabalero en Uruguay ; Manuel Monestel, Nicomedes Santa Cruz, Armando Tejada Gómez, Geraldo Vandré, Rómulo Castro[8].

Groupes[modifier | modifier le code]

Parmi les groupes représentatifs du genre, on peut citer : Cuarteto Zupay, Los Guaraguao, Illapu, Inti Illimani, Quilapayún, Los Olimareños, Opus Cuatro, Pedro y Pablo, Quinteto Tiempo, La Federación de Sonido Popular, Pancasán, Dúo Guardabarranco, Igni Tawanka, Savia Nueva, Convite, Kin-Lalat, Yolocamba I Ta, Expresión Joven, Haciendo Punto En Otro Son.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Latin » Latin America » Nueva Cancion », sur AllMusic (consulté le ).
  2. (en) Socially Conscious Music Forming the Social Conscience: Nicaraguan música testimonial and the Creation of a Revolutionary Moment. In From Tejano to the Tango: Popular Musics of Latin America, Walter A. Clark, editor, pp. 41-69. New York: Routledge. 2002.
  3. a b et c Jan Fairley, « La Nueva Canción Latinoamericana », Bulletin of Latin American Research, vol. 3, no 2,‎ , p. 107–115 (DOI 10.2307/3338257, lire en ligne, consulté le )
  4. (es) Casa de las Américas, « Equipo de trabajo de la Casa de las Américas » (consulté le ).
  5. (es) « Valor y símbolo, dos siglos de industrias culturales de la Argentina », Issuu,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (es) « SAIJ », sur www.saij.gob.ar (consulté le )
  7. (es) Pepa Novel, « Cantautores Catalanas: De la Nova Canco a la Nova Canco D'ara. El paso y el peso del pasado. », Journal of Spanish Cultural Studies, vol. 10, no 2,‎ , p. 135–147 (DOI 10.1080/14636200902990679).
  8. « Enrique Yepes Page (Bowdoin) », sur www.bowdoin.edu (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (es) Universidad Alberto Hurtado, Nueva Canción en Chile: Cincuenta años de activismo musical [lire en ligne]
  • (es) Bowdoin College, La Nueva Canción latinoamericana [lire en ligne]