Noyer commun

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Juglans regia

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Le noyer commun ou noyer (Juglans regia L.), est un arbre assez commun, originaire d'Eurasie, cultivé pour son bois recherché en ébénisterie et ses fruits, les noix, riches en huile. C'est le seul représentant subspontané en France de la famille des Juglandacées. Il est parfois appelé calottier, écalonnier, gojeutier ou noyer royal

Description[modifier | modifier le code]

Les noyers sont des arbres à croissance rapide pouvant atteindre 20 à 25 m.

Leur écorce est gris-clair.

Les feuilles, assez grandes, sont simples et penninerves.

Les fleurs mâles sont regroupées en chatons pendants alors que les fleurs femelles sont généralement disposées par paires à l'extrémité des rameaux.

Les fruits sont des drupes contenant une coquille (noyau) à l'intérieur de laquelle se trouve une amande réticulée. Les fruits sont mûrs à l'automne. C'est le risque de gelée printanière qui fixe la limite nord de leur aire d'extension.

Rusticité[modifier | modifier le code]

Ennemis[modifier | modifier le code]

Le Phytopte du Noyer, Aceria erinea, est un Acarien qui provoque une galle sur les feuilles du Noyer.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les noyers sont largement cultivés en Europe pour plusieurs utilisations.

Le bois[modifier | modifier le code]

Ils produisent un bois franc à faible densité ou de type feuillu mou, agréablement veiné et coloré. de couleur rouge qui attire les fourmis.

Très réputé en ameublement et placage, il est également recherché en sculpture pour le contraste entre son aubier gris clair et son cœur brun foncé.

Les racines du noyer sont utilisées sous le nom de ronce de noyer.

Les fruits[modifier | modifier le code]

Dans les noix, ce sont principalement les amandes, appelées cerneaux, qui sont consommées fraîches ou en tant que fruit sec. Elles sont aussi triturées pour obtenir une huile alimentaire, l'huile de noix.

Les noix entrent également dans la confection du vin de noix (fait avec de l'alcool). Elles sont alors ramassées très jeunes (avant le 21 juin), quand il est encore aisé de percer la chair[1].
Maria Treben, qui en donne la recette médicinale, recommande cette eau-de-vie de noix pour purifier estomac, foie et sang ; et combattre gastrathénie et putréfaction intestinale[1].

Le brou[modifier | modifier le code]

La chair qui entoure le noyau est utilisée en décoction pour obtenir une teinture en menuiserie (c'est lui-même qui teinte les doigts du ramasseur de noix).

Feuilles et jeunes pousses[modifier | modifier le code]

Elles peuvent être macérées dans de l'alcool pour servir de base au vin de noix.

Maria Treben recommande des lavages ou bains de décoctions de feuilles en usage externe pour les maladies rachitiques et scrofuleuses, caries et gonflements des os, et ongles suppurants des doigts et orteils, exanthèmes purulents, stomatites nécrosante, acné, pertes blanches, transpiration des pieds, et engelures (décoction forte). Des rinçages de bouche avec cette décoction aideraient contre les gingivites, pharyngites et gingivites. Elle recommande également cette décoction en lavages contre les teignes du cuir chevelu, gales, et croûtes de lait ; une décoction forte lutterait contre les poux[1].

En usage interne les feuilles sont employées sous forme de tisane pour les troubles de l'appareil digestif, la constipation, l'anorexie, la dépuration, le diabète et la jaunisse[1].

Culture[modifier | modifier le code]

Noyer centenaire
Une noyeraie dans le Périgord
Noyer en automne
Sculpture en bois de noyer

Le noyer est une espèce thermophile, cultivée autrefois pour sa ressource oléagineuse (noix récoltées en octobre-novembre) et son bois dur, en particulier pour l'ameublement. Par exemple, en Alsace et dans la plaine rhénane, s'il était rare dans les plaines loessiques, il résistait bien isolé dans les finages d'Outre-forêt, les collines sous-vosgiennes, les glacis de piémont vosgien souvent couvert de vignobles, voire dans le Ried s'il était au sec et dans les terrasses rhénanes limoneuses d'Eschau et de Rhinau.

Le noyer commun peut pousser jusqu'à 1000 m d'altitude en zone tempérée, mais il lui faut un emplacement à l'abri des vents forts. Il tolère les sols légèrement acides à calcaires alors que le noyer noir nécessite des terrains frais et légèrement acides. Le noyer est un arbre facile d'entretien mais il a besoin d'un sol riche. Il faut surtout veiller à ce qu'il ait assez d'eau au mois de juin car s'il en manque, les noix seront petites. C'est aussi le moment où se prépare l'induction florale (les futures fleurs de l'année suivante). Une sécheresse à ce moment précis compromet donc aussi la récolte de l'année suivante.

Le noyer n'apprécie pas la taille. On se contentera donc de tailler les bois morts à la fin de l'automne si on veut éviter les écoulements de sève.

Les feuilles de noyer produisent du juglon qui après lessivage par les pluies, par un phénomène d'allélopathie, empêche les autres plantes de pousser autour du noyer. Toutes les plantes ne sont pas affectées négativement par la juglone. Myosotis, Pachysandra terminalis, Barbe de bouc (Aruncus sylvester), alchémille, hosta, heuchère, bugle rampante (Ajuga reptans) et la majorité des bulbes peuvent constituer un joli décor au pied de cet arbre.

Une étude américaine[2] indique que les vergers de noyers où sont aussi plantés des Elaeagnus umbellata ou des aulnes glutineux (Alnus glutinosa) ont une production de noix augmentée de 20 %. Cela est dû à l'azote apporté dans le sol par ces espèces.

Multiplication[modifier | modifier le code]

Le noyer se multiplie par semis de noix fraîches qu'on peut semer en place à 5 cm de profondeur dès la récolte après les avoir débarrassé de leur brou. Pour les protéger des prédateurs (rongeurs, écureuils, etc.), on peut aussi les placer dans un sac de congélation avec du sable humide à 10% et conserver ce sac au réfrigérateur à 4°C pendant 4 mois puis semer au tout début du printemps.

Les arbres cultivés sont des arbres greffés qui commencent à produire vers 5 à 6 ans. Ils sont en pleine production au bout de 25 ans et peuvent produire jusqu'à 70 ans. Le noyer noir est parfois utilisé comme porte-greffe pour les variétés de noyers communs car il résiste au pourridié en particulier dans les terrains humides.

Variétés[modifier | modifier le code]

Il existe en France deux appellations contrôlées AOC : Noix de Grenoble et Noix du Périgord.

Certaines variétés sont des variétés à bois pour lesquelles une croissance plus rapide est recherchée. Il existe également des variétés recherchées seulement pour l'ornement.

Appellation, histoire et folklore[modifier | modifier le code]

Le gauguier est le nom en moyen-français du noyer au XIIIe siècle. Cette appellation vernaculaire provient de la gauge ou grosse noix. L'étymon latin est ici gallica, la noix.

L'alliance de la vigne et du noyer est une constante culturelle en Alsace, depuis la civilisation gallo-romaine implantant la vigne. L'arboriculture traditionnelle pouvait associer au noyer le châtaignier calcifuge, mais aussi et surtout les autres arbres fruitiers thermophiles : la pêche de vigne, le néflier, le cormier (sorbier domestique), l'amandier. C'est l'association du vin et de la noix qui a fondé la fête du vin.

Une croyance alsacienne maintient qu'une femme qui veut garder son mari se doit de garder en son soulier senestre feuille de gauguier cueillie la nuit de la Saint-Jean. Les noms alsaciens du noyer sont Nussbaum ou Wallnuss.

Le noyer magique de la Saint-Jean aurait, en plusieurs provinces françaises, la particularité d'émettre ses feuilles et quasiment ses fruits tous d'un coup le jour de la Saint-Jean (le 24 juin), d'où son nom.

Classification[modifier | modifier le code]

Autres espèces du genre Juglans :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Maria Treben, La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu - conseils et pratique des simples (des plantes médicinales). Éditeur W. Ennsthaler, Autriche, 112 p., ISBN 3850681238. Première édition : 1983. Noyer : pp. 37-38.
  2. PASCHKE M. W.; DAWSON J. O.; DAVID M. B. - Univ. Illinois, dep. Forestry, Urbana IL 61801.

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