Nouvelle gauche (Japon)

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La Nouvelle gauche (新左翼, shin-sayoku?) est un mouvement politique japonais reprenant les idées de la Nouvelle gauche occidentale. Elle se démarque des partis de gauche plus anciens comme le Parti communiste japonais et le Parti social-démocrate.

Elle commence à se faire connaitre en 1960 au moment où une faction dissidente du syndicat étudiant Zengakuren, jusque là proche du PC japonais, envahit la Diète au moment où le traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon est négocié entre les deux pays.

Elle poursuit ses activités pendant les années 1960 sur fond de contestation contre la guerre du Viêt Nam, occupant régulièrement des universités (Waseda en 1966, Todai en 1968-69). Plusieurs groupes évoluent vers le terrorisme. Dans les années 1970, la faction la plus extrémiste fonde l'Armée rouge japonaise avec un pic d'activité culminant en 1972 avec le massacre de l'aéroport de Lod.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les années 60, le gouvernement japonais fait face à une montée progressive d'un sentiment de défiance de la part du milieu universitaire, alors que l'activisme politique y est généralement strictement interdit[1]. Le 15 juin 1960, 100 000 personnes, réunies par la puissante centrale étudiante Zengakuren, manifestent devant le Bâtiment de la Diète nationale contre le traité de sécurité nippo-américain. Le 8 octobre 1967, en tentant d'empêcher le premier ministre Satō d'aller au Viêt Nam (où des troupes japonaises sont engagés auprès de l'armée américaine), les manifestants se heurtent aux forces de police, et Hiroaki Yamazaki étudiant de 19 ans de l'Université de Kyoto est tué. Depuis 1965, les frais d'inscription à l'université ont augmenté, poussant les étudiants à faire des piquets de grève pour protester[1].

Grèves étudiantes[modifier | modifier le code]

La mobilisation étudiante s'organise : le 15 janvier 1968, une manifestation pour empêcher le départ du porte-avions Enterprise rassemble les différentes tendances du mouvement étudiant (les trotskistes Kakumaru, les Jeunesses communistes et démocrates, le front étudiant anti-impérialiste, le Front socialiste de libération...)[2]. Le même mois, les étudiants de l'université Chūō se mettent en grève, bientôt suivis par les autres universités[1]. Le 15 avril 1968, la révélation d'un détournement de 2 milliards de yens par l'administration de l'université Nihon provoque un scandale ; les étudiants demandent l'autogestion étudiante aux autorités. En l'absence de réponse, ils occupent l'université et la paralysent, obligeant le président de Nihon à négocier[1]. Le 23 mai 1968 a lieu la première manifestation au sein de l'Université Nihon ; le mouvement débouche sur la création le 27 mai d'un comité de lutte inter-campus à l'université. L'université Tōdai est elle aussi occupée par les étudiants. Le 20 octobre 1968, l'Agence de Défense du Japon est assiégée par le syndicat des étudiants socialistes. Le 21 octobre 1968 est célébrée la « journée internationale contre la guerre » (du Viêt Nam)[3]. Des émeutes ont lieu à Shinjuku, protestant contre l'acheminement du napalm vers le Viêt Nam, passant par les bases américaines du Japon[1] ; il est procédé par les forces de l'ordre à 734 arrestations. Le même soir, 20 000 étudiants partent manifester avec des cocktails Molotov devant l'ambassade des États-Unis.

Le 18 janvier 1969, 8 500 policiers prennent d'assaut le Hall Yasuda de l'université Tōdai pour lever les barricades mises en place par les étudiants, qui occupent l'université depuis six mois. 768 arrestations sont effectuées. Le 28 avril 1969, c'est le « jour d'Okinawa » : 100 000 personnes manifestent en faveur de la rétrocession d'Okinawa et de l'annulation du traité de sécurité nippo-américain ; 956 personnes sont arrêtées. L'évacuation de Tōdai et l'échec dans la lutte contre le traité de sécurité sonnent le glas du soutien de la population envers le mouvement étudiant[1]. Celui-ci est maintenant composé de nombreuses factions d'extrême-gauche antagonistes, et éclate sous les tensions, la violence et les affrontements qui s'enchaînent[1]. Les nombreux groupes issus du fractionnement de la Zengakuren se livrent des batailles de rue, la police en profitant pour arrêter en premier lieu les dirigeants, sapant la base idéologique des protagonistes[4].

Extrémisme[modifier | modifier le code]

Le 28 août 1969 a lieu un rassemblement du Bundo, la ligue des communistes, à l'auberge de jeunesse de Jogashima ; sont également présents des représentants de groupes plus radicaux. Lors du débat, la création d'une armée révolutionnaire, pour reprendre la lutte contre le gouvernement, est proposée. Le Bundo la refuse, et purge de ses rangs les partisans de cette idée ; de cette purge nait la Faction armée rouge (赤軍派, Sekigun-ha?). Elle est composée essentiellement d'étudiants de province défavorisés, l'élite universitaire commençant à rentrer dans le rang ; l'utilisation du mot « armée » (gun) dans son nom est déjà significatif de sa différence avec les autres mouvements. Prenant pour modèle les guérillas vietnamiennes et cubaines, les étudiants qui en font partie pensent pouvoir abattre l'impérialisme et le capitalisme (américain et japonais) par l'action immédiate[4].

En septembre 1969, la Nouvelle Gauche arrive à rassembler 11 000 étudiants contre le traité de sécurité ; la FAR s'y fait déjà remarquer, et cinq cents policiers sont chargés de surveiller leurs quatre cents membres. Le 5 novembre 1969, 53 membres de la Faction Armée Rouge sont arrêtés alors qu'ils s'étaient réfugiés au col Daibosatsu pour y recevoir un entrainement militaire, en vue d'enlever le premier ministre Satō. L'ampleur du projet découvert incite la police à mener une vague d'arrestations dans les forces du mouvement, afin de le neutraliser. 89 membres en tout, incluant ceux du col Daibosatsu, sont ainsi arrêtés[4].

Organisations issues de la Nouvelle Gauche[modifier | modifier le code]

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Trotskyste[modifier | modifier le code]

Ligues communistes[modifier | modifier le code]

  • Ligue des communistes (1958-1960, 1966-1970, communiste, surnommé "Bunto")
  • Ligue des communistes marxiste-léniniste (1960 -, faction ML) - Alliance des jeunes marxistes (1973 -)
  • Ligue des communistes (front marxiste) (1964-1968)
  • Ligue des communistes d'avant-garde (1968-1973) - Parti communiste (1973 -)
  • Comité communiste des travailleurs (rampant) (1968-)
  • Ligue communiste japonaise - Faction armée rouge (1969-1970) - (groupe Yodo)
  • Armée rouge unifiée (1971-1972, venant en partie de la Faction armée rouge, du Parti communiste japonais (Faction de Gauche) et du Comité de la préfecture de Kanagawa)
  • Armée rouge japonaise (1972-2001)
  • Mouvement de solidarité (2001 -)
  • Ligue des communistes oppositionnelle (1971 - 1977, faction insurrection)
  • Faction du drapeau de combat de la Ligue des communistes (1973 -,Faction Nishida)
  • Soulèvement communiste allié (Front de fer) (1970-)
  • Ligue des communistes (Comité national) (1970 - Beetmeson)
  • Ligue des communistes (Comité d'unification) (2004 -, formation des factions Battlefront et Bei-feu )
  • Ligue des communistes (kikka-ha) (1981 -,) - Parti communiste du travail (1999 -)
  • Parti travailliste socialiste (1984-) - Association Marxiste (2002-)
  • Faction du drapeau de combat de la Ligue des communistes (Faction Hyuga) - Bund (1997-2001) - Réseau Actio (2008-)

Conseillisme japonais[modifier | modifier le code]

  • Ligue des Jeunes Socialistes Japonais (1960 -, Shochiku)
  • Faction de libération (première moitié des années 1960 -,) - (Union révolutionnaire des travailleurs, syndicat des travailleurs)
  • Le Conseil national de libération visant à construire un parti ouvrier révolutionnaire (1981 -, Alliance de libération, Workers 'School, faction Takiguchi)
  • Association des travailleurs révolutionnaires (Faction de libération du Parti socialiste) (école ordinaire, faction de Koma, Hyundai)
  • Association des ouvriers révolutionnaires (Libération) (1999 -, faction Kimoto, secte Yamaton, Akafusa)

Réformisme Structurel et pro-soviétique[modifier | modifier le code]

  • Ligue communiste unifié (1961 -)
  • Mouvement révolutionnaire socialiste (1961)
  • Ligue socialiste unifiée (1962-)
  • Parti révolutionnaire communiste japonais (1970-)
  • Front [Ligue Socialiste] (1962-1987)
  • Ligue des travailleurs socialistes (1962)
  • Parti travailliste communiste (1966-1971, parti communiste du travail)
  • Parti communiste du Japon (voix du Japon) (1964-)
  • Mouvement socialiste démocratique (2000 -, MDS)

Marxiste-léniniste pro-chinois[modifier | modifier le code]

Anarchiste[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Prazan 2002, Rengo Sekigun, l'Armée rouge unifiée
  2. Prazan 2002, Prologue
  3. Revue de défense nationale, vol. 28, Comité d'études de défense nationale, (lire en ligne), p. 1073
  4. a b et c Prazan 2002, chap.  Naissance du Sekigun, l'Armée rouge

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michaël Prazan, Les Fanatiques : Histoire de l'armée rouge japonaise, Seuil, coll. « L'Epreuve des faits », , 302 p. (ISBN 2-0204-8686-5, lire en ligne)