Nougat de Montélimar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Nougat de Montélimar
Image illustrative de l’article Nougat de Montélimar
Le plus gros nougat du monde

Le nougat de Montélimar est une spécialité de nougat élaboré dans la région de Montélimar en Drôme provençale, dans le département de la Drôme. Cette confiserie doit une partie de son existence à la culture de l'amandier et à l'élevage des abeilles dans cette région.

Description[modifier | modifier le code]

Le nougat de Montélimar[1] est composé d’amandes, de miel, de sucre et de blancs d’œufs battus en neige. Ces derniers vont aérer la pâte et lui donner la couleur blanchâtre traditionnelle du nougat. Il existe depuis de nombreux nougats aromatisés : nougat aux fruits confits (citron, orange, cedra, figue, noix, châtaigne, fraises, myrtilles…), aux plantes (nougat à la lavande…), nougat au chocolat…

Cahier des charges[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2018)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Depuis un décret du 12 mars 1996, le nougat de Montélimar doit contenir au moins 30 % d'amandes ou 28 % d'amandes et 2 % de pistaches, d'une part, et 25 % de miel par rapport aux matières sucrantes totales, d'autre part, auxquels s'ajoutent du pain azyme, de l'albumine d’œuf (le blanc d’œuf), et de l'arôme vanille. Usuellement, il est aromatisé uniquement à la vanille. Cependant, rien n'oblige les nougatiers à l'utilisation des productions agricoles de la région de Montélimar; les amandes, les miels ou les œufs peuvent ainsi êtres importés de n'importe ou.

La part minimale de miel est donc approximativement de 20 à 21 % par rapport à la matière totale, en pratique elle peut aller de 35 % à 66 %.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nougat.

Origines[modifier | modifier le code]

Les premières recettes de nougat blanc sont attestées au Moyen-Orient dans des livres arabes du Xe siècle. Le nougat de Provence, a fortiori celui de Montélimar, sont les héritiers des nougats arabes, catalans et italiens.

Le mot nogat (« amande » en langue occitane) apparaît en 1595 dans un livre de pharmacie et en 1607 dans un livre de diététique, Le Thresor de santé, tous deux publiés à Lyon. Il y est précisé que nogats et torrons sont confectionnés exclusivement en Provence et Languedoc, des terres agricoles favorables à la culture de l'amandier. Le nougat s'appellera nogat jusqu'au début du XIXe siècle.

Le nougat est attesté à Montélimar depuis 1701. La tradition des 13 desserts de Noël en Provence est attestée depuis le XVIIe siècle et le nougat y est présent avant la fin du XVIIe siècle. Il existe également du nougat noir de Provence. Il s'agit de l'un des 13 desserts traditionnels de Noël en Provence composé de miel, de sucre, d'amandes, et éventuellement de vanille.

1701 : le commencement de la renommée du nougat de Montélimar[modifier | modifier le code]

Louis, duc de Bourgogne, et Charles, duc de Berry, revenant d’un trajet en Espagne à cheval, s’arrêtent à Montélimar[2], et se font offrir un quintal de nougat (équivalant à 42 kg).

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le nougat de Montélimar doit une partie de sa notoriété à Émile Loubet, né à Marsanne, près de Montélimar, devenu maire de Montélimar puis sénateur et enfin président de la République (de 1899 à 1906).

Il entreprit une grande campagne de promotion du nougat : il offrit des nougats à toutes les personnes couronnées en France ainsi qu’aux présidents étrangers se rendant à l’Élysée, ce pour quoi il a été caricaturé[3]. La notoriété du nougat de Montélimar devint ainsi internationale. Les mots nougat et Montélimar devinrent quasi indissociables[4].

L'expansion de sa notoriété est encore et surtout due à sa situation géographique, sur la nationale 7.

En 1968, l’autoroute A7 est créée et les nougatiers réagissent en s’installant tous sur l’aire d’autoroute de Montélimar, la plus grande en Europe[5].

Commerce[modifier | modifier le code]

En 2003, le syndicat des nougatiers avait déposé un dossier afin d'obtenir une certification de la dénomination géographique « nougat de Montélimar » pour protéger commercialement son utilisation[6].

Quelque douze industriels nougatiers sont encore en activité à Montélimar. La fabrication annuelle est d'environ 4 500 tonnes, et cette activité emploie la force de travail d'environ 300 personnes[7].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La recette du succès du nougat de Montélimar », sur francetvinfo.fr
  2. La France en héritage : dictionnaire encyclopédique : métiers, coutumes, vie quotidienne, 1850-1960, Gérard Boutet, 2007 (ISBN 9782262026226).
  3. Les Trésors gourmands de la France, Gilles Pudlowski, Maurice Rougemont, 2000 (ISBN 2804603628).
  4. « Histoire de l'entreprise, du nougat artisanal à la confiserie - Suprem Nougat », sur Suprem Nougat (consulté le 28 décembre 2016)
  5. [1], Le Dauphiné Libéré, 5 février 2010
  6. Avis de mise en consultation d'un cahier des charges de certification de conformité
  7. montelimar-tourisme.com.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Durand, Le Nougat de Montélimar : Légende, Histoire, Portraits, La Mirandole - Pascal Dondez Éditeur, , 1re éd., 243 p.
  • Marie Josèphe Moncorgé, Le nougat dans tous ses états, une histoire méditerranéenne de confiserie, Tambao, 2013. (ISBN 9782369320104)