Nougat de Montélimar

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Nougat de Montélimar
Image illustrative de l'article Nougat de Montélimar
Le plus gros nougat du monde

Le nougat de Montélimar est une spécialité de nougat, produit dans la région de Montélimar en Drôme provençale, dans le département de la Drôme.

Description[modifier | modifier le code]

Le nougat de Montélimar[1] est composé d’amandes, de miel, de sucre et de blanc d’œuf battus en neige. Ces derniers vont aérer la pâte et lui donner la couleur blanchâtre traditionnelle au nougat. Il existe depuis de nombreux nougats aromatisés : nougat aux fruits confits (citron, orange, cedra, figue, noix, châtaigne, fraises, myrtilles…), aux plantes (nougat à la lavande…), nougat au chocolat…

Depuis un décret du 12 mars 1996, le nougat de Montélimar doit contenir au moins 30% d'amandes ou 28% d'amandes et 2% de pistaches, d'une part, et 25% de miel par rapport aux matières sucrantes totales, d'autre part, auxquels s'ajoutent du pain azyme, de l'albumine d’œuf (le blanc d’œuf), et de l'arôme vanille. Traditionnellement, il est aromatisé uniquement à la vanille.

La part minimale de miel est donc approximativement de 20 à 21% de miel par rapport à la matière totale, en pratique cette part de miel peut aller de 35% à 66% de la matière totale.

Sans le logo IGP ci-contre, de la Communauté européenne, un « Nougat de Montélimar - Tendre - Recette traditionnelle du nougat de Montélimar », peut donc être fabriqué partout dans le monde, et ce peu importe qu'il soit vendu en supermarché à Paris ou sur un marché communal au cœur rural de la Provence. Il faut bien sûr que la recette ci-dessus soit respectée, sinon il s'agit de fraude. En France, ces fraudes sont punies au maximum d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 300 000 €.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nougat.

Origines[modifier | modifier le code]

Les premières recettes de nougat blanc sont attestées au Moyen-Orient dans des livres arabes du Xe siècle. Le nougat de Provence, a fortiori celui de Montélimar sont les héritiers des nougats arabe, catalan et italien.

Le mot nogat apparaît en 1595 dans un livre de pharmacie et en 1607 dans un livre de diététique, Le Thresor de santé, tous deux publiés à Lyon. Il y est précisé que nogats et torrons sont confectionnés exclusivement en Provence et Languedoc. Le nougat s'appellera nogat jusqu'au début du XIXe siècle.

Le nougat est attesté à Montélimar depuis 1701. La tradition des 13 desserts de Noël en Provence est attestée depuis le XVIIe siècle et le nougat y est présent avant la fin du XVIIe siècle. Il existe également du nougat noir de Provence. Il s'agit de l'un des 13 desserts traditionnels de Noël en Provence composé de miel, de sucre, d'amandes, et éventuellement de vanille.

1701 : le commencement de la renommée du nougat de Montélimar[modifier | modifier le code]

Louis, duc de Bourgogne, et Charles, duc de Berry, revenant d’un trajet en Espagne à cheval, s’arrêtent à Montélimar[2]. Ils se firent offrir un quintal de nougat (équivaut à 42 kg).

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le nougat de Montélimar doit une partie de sa notoriété à Émile Loubet, né à Marsanne, un petit village à côté de Montélimar, devenu maire de Montélimar puis sénateur et enfin président de la République en 1899. Il offrait du nougat de Montélimar à ses visiteurs étrangers et a été caricaturé pour cela[3].

En même temps, maire de Montélimar et président de la République française de 1899 à 1906, il entreprit une grande campagne de promotion du nougat. Il offrit des nougats à toutes les personnes couronnées en France ainsi qu’aux présidents étrangers se rendant à l’Élysée. La notoriété du nougat de Montélimar devint ainsi internationale. Les mots nougat et Montélimar devinrent quasi indissociables[4].

L'expansion de sa notoriété est encore et surtout due à sa situation géographique, sur la nationale 7.

En 1968, l’autoroute A7 est créée et les nougatiers réagissent directement en s’installant tous sur l’aire d’autoroute de Montélimar, la plus grande au niveau européen[5].

Production[modifier | modifier le code]

Actuellement, le syndicat des nougatiers a déposé un dossier, en 1993, afin obtenir l’appellation « nougat de Montélimar » pour protéger sa recette par une IGP[6]. La demande de confirmation de conformité du cahier des charges date, quant à elle, de février 2003[7].

Quelque douze nougatiers sont encore en activité sur Montélimar. La production annuelle est d'environ 4 500 tonnes, et l'industrie du nougat emploie autour de 300 personnes[8].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La recette du succès du nougat de Montélimar », sur francetvinfo.fr
  2. La France en héritage : dictionnaire encyclopédique : métiers, coutumes, vie quotidienne, 1850-1960, Gérard Boutet, 2007 (ISBN 9782262026226).
  3. Les Trésors gourmands de la France, Gilles Pudlowski, Maurice Rougemont, 2000 (ISBN 2804603628).
  4. « Histoire de l'entreprise, du nougat artisanal à la confiserie - Suprem Nougat », sur Suprem Nougat (consulté le 28 décembre 2016)
  5. [1], Le Dauphiné Libéré, 5 février 2010
  6. Dossier de demande de protection IGP
  7. Avis de mise en consultation d'un cahier des charges de certification de conformité
  8. montelimar-tourisme.com.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Durand, Le Nougat de Montélimar : Légende, Histoire, Portraits, La Mirandole - Pascal Dondez Éditeur, , 1e éd., 243 p.
  • Marie Josèphe Moncorgé, Le nougat dans tous ses états, une histoire méditerranéenne de confiserie, Tambao, 2013. (ISBN 9782369320104)