Notre-Dame du Laus

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Notre-Dame du Laus
Image illustrative de l’article Notre-Dame du Laus
Statues de Notre-Dame du Laus et de Benoîte Rencurel dans le sanctuaire du Laus.
Apparition mariale
Vénérée à Sanctuaire marial du Laus
Vénérée par l’Église catholique
Fête 1 mai

Notre-Dame du Laus est le nom sous lequel les catholiques désignent la Vierge Marie telle qu'elle serait apparue à Benoîte Rencurel de 1647 à 1718, dans le hameau du Laus sur la commune de Saint-Étienne-le-Laus, dans les Hautes-Alpes. Cette très longue série d'apparitions à une jeune bergère a très vite donné lieu à une dévotion locale et des pèlerinages se sont organisés pour vénérer la Vierge sous le nom de Notre-Dame du Laus, qui a par la suite donné son nom au lieu-dit.

Si les apparitions mariales n'ont été reconnues que très tardivement, en 2008 par Mgr di Falco, évêque de Gap, l'organisation des pèlerinages, et la construction d'infrastructures pour accueillir les pèlerins (hébergements et église), ainsi que la mise en place de religieux, par l'évêque du lieu, pour accueillir les pèlerins et organiser la dévotion, du vivant même de la voyante, a entrainé une notoriété du lieu (et de la dévotion) qui s'est étendue rapidement à toute la France et à l'étranger. Ainsi, la Vierge du Laus est vénérée dans de multiples églises, et des paroisses lui sont consacrées.

Le sanctuaire du Laus, centre principal de la dévotion à Notre-Dame du Laus, voit une hausse régulière du nombre de ses pèlerins, surtout depuis la reconnaissance des apparitions en 2008, et atteint aujourd'hui les 200 000 pèlerins par an. Le Vatican a accordé des marques de reconnaissance à la Notre-Dame du Laus, par l'autorisation du couronnement canonique de sa statue en 1855, puis par le titre de basilique mineure attribuée à l'église du Laus en 1894.

Les apparitions[modifier | modifier le code]

Tableau représentant une des apparitions de la Vierge à Benoîte.

Historique[modifier | modifier le code]

Les apparitions mariales du Laus à Benoîte Rencurel débutent en mai 1664 et vont durer jusqu'à la fin de 1718. Elles se déroulent dans le hameau du Laus du village de Saint-Étienne-le-Laus (Hautes-Alpes, France)[1].

Ces « apparitions » sont connues par le témoignage que la voyante en a donné, et par les récits de quatre chroniqueurs, témoins oculaires et contemporains de la voyante Benoîte Rencurel, « qui ont laissé des récits digne de foi » des événements. Leurs manuscrits qui nous sont parvenus représentent pas moins de 1 800 pages et font de ces apparitions du Laus, les apparitions « les mieux documentées du XVIIe siècle »[2],[3].

Ces apparitions qui se seraient tenues sur 54 ans, sont « les plus longues du monde » (à ce jour) d'après les autorités religieuses (en tant qu'apparitions reconnues). Elles ont donné lieu, dès les premières années à des pèlerinages et un afflux important de pèlerins, malgré les difficultés d'accès du lieu, très isolé dans la montagne. Très vite, des récits de guérisons miraculeuses se sont diffusés, en particuliers avec l'utilisation de l'huile de la lampe de la basilique. L’afflux des pèlerins a amené les autorités religieuses à construire des églises de plus en plus grandes pour accueillir les fidèles, et mettre en place des prêtres et religieux missionnés officiellement pour accueillir et guider ces pèlerins[4],[5].

Reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

Très vite, l’Église catholique a cherché à enquêter sur ces « prétendues apparitions ». Dès septembre 1665, le vicaire général d’Embrun, Antoine Lambert, accompagné de religieux, se rend au Laus et mène une enquête. Il revient satisfait de ses auditions et autorise la construction d'une église et des premiers bâtiments du sanctuaire[1],[6]

En 1670, le nouveau vicaire du diocèse fait auditionner durant deux semaines la jeune Benoîte dans les locaux de l'évêché. Il en tire un rapport favorable[6]. Le nouvel archevêque, Mgr de Genlis, se rend au Laus en 1671 pour y rencontrer la voyante et l'interroger personnellement. Lui aussi est favorablement impressionné par son enquête, et s'il autorise de nouvelles constructions dans le sanctuaire, ainsi que la poursuite des pèlerinages, il n'ouvre cependant pas d'enquête canonique en vue de faire reconnaitre l'apparition officiellement[7].

En 2004, le nouvel évêque Mgr Di Falco ouvre une enquête canonique en vue de faire étudier et reconnaitre les apparitions du Laus. Après avis favorable de la commission d'enquête et un avis favorable des autorités du Vatican, le , Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque du lieu des apparitions, proclame la reconnaissance officielle des apparitions de Notre-Dame du Laus[8],[1].

Le message spirituel[modifier | modifier le code]

À travers les enseignements transmis par Benoîte Rencurel, le message spirituel transmis par la Vierge du Laus se centre sur la souffrance des pécheurs et en même temps leur salut en Jésus-Christ par sa Croix et sa Résurrection. Le « message du Laus » propose aux pèlerins de se tourner vers les sacrements, notamment la confession et l’Eucharistie[1].

La mémoire de Notre-Dame du Laus est célébrée dans l'Église catholique le 1 mai[9].

Notoriété et influence religieuse[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire marial du Laus[modifier | modifier le code]

Vue de la basilique du Laus, bâtiment principal du sanctuaire.

Le sanctuaire de Notre-Dame du Laus, aussi surnommé « refuge des pécheurs », est le point central de la dévotion à la Vierge du Laus. Les premiers travaux débutent dès 1666 avec la construction d'une première église de taille modeste. Un couvent (destiné à des pères jésuites au départ) est ajouté, ainsi que divers lieux d'habitation et d'accueil de pèlerins, des chapelles et oratoires sur les différents lieux d'apparitions seront ajoutés dans les décennies suivantes[10]. La fréquentation du sanctuaire, très importante dès les premières années, s'est maintenue au cours des siècles (avec un arrêt lors de la révolution française)[11], et s'est largement développée après la reconnaissance officielle des apparitions par Mgr di Falco en 2008. Le chiffre de 200 000 pèlerins a été franchi dans ce lieu relativement reculé et excentré des Alpes françaises[1],[12].

Ce sanctuaire a reçu de nombreuses marques de reconnaissance et de notoriété de la part des autorités du Vatican, avant même la reconnaissance officielle des apparitions. Comme l'autorisation, donnée par le pape Pie IX, d'effectuer en 1855 le couronnement canonique de la statue de Notre-Dame du Laus, ou le titre de basilique mineure accordé à l'église du Laus en 1894 par le pape Léon XIII[1]. Jean Guitton a dit de ce lieu qu’il est « un des trésors les plus cachés et les plus puissants de l’histoire de l’Europe »[8].

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, en plus de très nombreux pèlerinages qui diffusent la dévotion de Notre-Dame du Laus dans la population, les missionnaires du Laus font connaître cette dévotion à l'occasion de grands congrès eucharistiques en France et en Belgique. La congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, implantée au Canada fait de même dans ce pays. C’est ainsi qu'a lieu, dans le diocèse de Mont-Laurier, la fondation de la paroisse de Notre-Dame du Laus par le père Eugène Trinquier, originaire de Chorges. Plusieurs autres églises au Québec sont dédiées à Notre-Dame du Laus[1].

En 1916, c’est la fondation au Laus des « Davidées » : des institutrices chrétiennes de l’enseignement public organisent des sessions de réflexion et de formations sur la foi chrétienne, faisant ainsi connaître la « spiritualité du Laus », et les apparitions mariales du Laus. Ces sessions rassemblent des grands noms de la culture française comme Maurice Blondel, Paul Claudel, Jacques Madaule, Henri Ghéon ou Jean Guitton[1],[13].

Au Canada
Dans le reste du monde

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h « France : Les apparitions de la Vierge à Benoîte Rencurel », Zénit,‎ (lire en ligne, consulté le 16 juin 2020).
  2. Yves Chiron 2007, p. 149.
  3. Bouflet et Boutry 1997, p. 80-81.
  4. Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, , 427 p. (ISBN 978-2-262-02832-9), p. 149-155.
  5. Joachim Bouflet et Philippe Boutry, Un signe dans le ciel : Les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, , 475 p. (ISBN 978-2-246-52051-1), p. 79-87.
  6. a et b Yves Chiron 2007, p. 152-153.
  7. Yves Chiron 2007, p. 154.
  8. a et b (en) « Vatican recognizes Marian apparitions in France », Catholic News Agency,‎ (lire en ligne, consulté le 16 juin 2020).
  9. « Notre-Dame du Laus », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 1er juillet 2020).
  10. Yves Chiron 2007, p. 155.
  11. Yvon Beaudoin, « Notre-Dame du Laus, Sanctuaire marial; maison oblate de 1819 à 1841 », sur omiworld.org (consulté le 30 juin 2020).
  12. Tanguy Lafforgue, « L’église du Laus devient basilique », Eglise des Hautes-Alpes, no 80,‎ , p. 15 (ISSN 1775-013X, lire en ligne, consulté le 30 juin 2020).
  13. Père Pierre Fournier, « La spiritualité de Marie Silve », sur mediatheque-diocesedegap.com, (consulté le 2 juillet 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Études
  • Marie-Hélène Froeschlé-Chopard, « Notre-Dame du Laus au diocèse d’Embrun. Cristallisation d’une religion des montagnes au XVIIe siècle », Montagnes sacrées d’Europe. Actes du colloque « Religions et montagnes », Tarbes, 30 mai-2 juin 2002, Publications de la Sorbonne, vol. 49 de Histoire moderne,‎ , p. 137 à 149 (ISBN 9782859445164). Actes du colloque "Religion et montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002 / textes réunis et publiés par Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître, publiés dans le volume 49 de « Histoire moderne », de Publications de la Sorbonne, (ISSN 0761-523X).
  • Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, , 427 p. (ISBN 978-2-262-02832-9), p. 149-155.
Ouvrages
  • Roger de Labriolle, Benoîte, la bergère de Notre-Dame du Laus, , 303 p. (ASIN B003WVOXN4).
  • Robert Pannet, Notre-Dame du Laus et Benoîte Rencurel, Fayard - Le Sarment, coll. « Religieux », , 168 p. (ISBN 978-2866790714).
  • René Combal, Notre-Dame du Laus et Benoîte Rencurel : Première approche, , 40 p. (ASIN B00IGDNM44).
  • René Combal, 'Les apparitions de Notre-Dame du Laus à Benoîte Rencurel.
  • Bertrand Gournay, Notre-Dame du Laus, l’Espérance au cœur des Alpes, Téqui, , 139 p. (ISBN 978-2740314081).
  • Jean-Michel di Falco Léandri, Benoîte Rencurel, la visionnaire du Laus, Desclée De Brouwer, coll. « Spiritualité », , 200 p. (ISBN 978-2220066370).
  • René Humetz et René Combal, Enquête sur les parfums de Notre-Dame du Laus, Le Sarment, coll. « JUB. SPIRITUAL. », 312 p. (ISBN 978-2866794729).
  • Ludovic Frère, Laissez-vous réconcilier ! : Notre-Dame du Laus, refuge de réconciliation, Editions du Laus, 112 p. (ISBN 978-2952862103).
  • Ludovic Frère, Je n'ai pas le temps ! : Notre-Dame du Laus: le temps réconcilié, 216 p. (ISBN 978-2952862127).
  • Joachim Bouflet et Philippe Boutry, Un signe dans le ciel : Les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, , 475 p. (ISBN 978-2-246-52051-1), p. 79-87.
  • René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, Fayard, , 1426 p. (ISBN 9782213-671321), p. 515-516.