Notre-Dame de la Fontaine (Chièvres)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Notre-Dame de la Fontaine)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Notre-Dame et Fontaine.

Notre-Dame de la Fontaine est au centre d'un patrimoine religieux et culturel de la ville de Chièvres, dans la province de Hainaut, en Belgique. La chapelle, détruite et reconstruite à plusieurs reprises, apparait aujourd'hui dans le style néogothique des années 1890 en vogue lors de sa dernière reconstruction. Selon la tradition, une statuette miraculeuse de la Vierge se trouvait à cet emplacement, au bord d'une fontaine, fixée à un sureau[1]. Ève de Chièvres fit alors ériger une chapelle vers 1130, où elle fit placer la statuette miraculeuse.

Histoire de l’Avènement de Notre-Dame de la Fontaine[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de la Fontaine.

L’abbé Lafontaine, curé-doyen de Chièvres (1875), parle ainsi de Notre-Dame de la Fontaine, dite également « Notre-Dame du Séhu », en la cité de Chièvres (séhu est, notamment en dialecte picard, un autre nom du sureau[2]) :

«  Il est vraiment remarquable que Dieu ait pris plaisir à implanter dans le Hainaut le culte de la Sainte Vierge, par des faveurs si extraordinaires, que nulle part il n’a fait plus de miracles pour inspirer la dévotion envers Elle ; et cela en plusieurs endroits : de sorte qu’un dévot pèlerin, en deux ou trois heures de route, peut rendre ses hommages à trois ou quatre Statues très célèbres par leurs miracles.

Celle de Chièvres est entre celles de Tongre et de Cambron ; et elles sont si rapprochées, qu’on peut les visiter et les servir toutes trois, en trois heures de pèlerinage.

À quelques lieues de là (…), on rencontre Notre-Dame de Hal, pèlerinage très ancien et fort fréquenté ; ensuite, Notre-Dame d’Acren et l’Image de Notre-Dame de Bon-Secours, à Péruwelz ; à peu de lieues encore, Notre-Dame de Grâce, à Cambrai. (…)

Chièvres est une petite ville fort bien située. Elle était très jolie et l’on y rencontrait de beaux monuments, avant le 12 septembre 1574, jour où elle fut incendiée par ordre de Louis XIV, roi de France. (…) L’église paroissiale est belle et bien bâtie. Elle est surmontée d’une tour fort élevée et de superbe structure, qui lui sert de clocher. A cinquante pas de ce monument, jaillit une source d’une eau pure et limpide et la meilleure possible. C’est près de cette source que fut trouvée l’Image miraculeuse, vénérée à Chièvres. (…)

Primitivement, la statuette était placée dans le tronc d’un sureau, croissant au bord de la fontaine. (…) D’abord, l’Image miraculeuse était appelée Notre-Dame du Sureau (vulgairement Séhu), également à cause de l’endroit, où elle fut découverte [et] où elle opère de si grands et si admirables prodiges (…)

De là vient que la Très Sainte Vierge y est honorée en cette Image, sous le titre de Notre-Dame de la Fontaine[3]. »

Chapelle Notre-Dame de la Fontaine[modifier | modifier le code]

L'édifice actuel de style néogothique, dû à l’initiative de l'abbé Lambert, curé-doyen, fut inauguré le 14 mai 1893. L'architecte en fut l'abbé Vital Duray[4]. Il remplace l'ancien lieu de culte dédié à Notre-Dame de la Fontaine.

L'édifice est surmonté d'un haut clocher, qui domine les toits des maisons avoisinantes. De plan cruciforme, la chapelle se compose d'une nef, d'un chœur à trois pans et d'un transept.

Le puits de Notre Dame de la Fontaine, remplacé en 1890, est toujours présent. D’après les inscriptions, il s'agit d'un réemploi du XVIIIe siècle. Le puits est en marbre noir, il était à l'origine orné de colonnettes en marbre vert et la partie supérieure est de marbre rouge et blanc. Sur le puits sont inscrites les mentions suivantes : « Avant l'an 1200 sur un sehu[5], près de cette source se trouvait l'image miraculeuse de Notre Dame de la Fontaine. Ici tous les maux trouvèrent remède ».

Au centre du chœur se dresse l'autel de marbre blanc, donné en 1893 par Adhémar Daubechies et ses enfants[4]. Il accueille la statuette de Notre-Dame de la Fontaine. L'ancienne statuette de bois datant du Xe siècle a disparu.

Histoire de la chapelle Notre-Dame de la Fontaine[modifier | modifier le code]

La première construction remontant à 1130 [4] fut réalisée à la demande d'Ide de Chièvres, plus connue sous le nom d'Eva.

En 1315, construction d'une chapelle plus conséquente[3].

La chapelle fut progressivement dotée et embellie: en 1571 par des tableaux de J. Daumeries, en 1588 par une clôture avec balustres de Ghislain de Beauraing, en 1592 par un nouvel autel, en 1601 par des orgues fournies par Jean Morelle de Mons[4].

En 1581, la confrérie dite "de la chandelle", établie dans la chapelle bénéficie d'indulgences par le pape Grégoire XIII[6].

En 1617, une bulle papale confère indulgence plénière à qui participe à la procession du Pélerin[4].

En 1632, ajout d'un chœur sur l'initiative de Mathias Bar, prélat de Vicogne. Le puits remplacant la fontaine est au milieu de la nef.

En 1781, commande d'un dôme à jour à Léopold Duray[4].

En 1793, on y trouve 3 autels, celui de la Vierge et ceux de Saint-Jean et de Saint Philippe de Néry, un doxal avec son orgue, un clocher avec 2 cloches[7]. S'y trouvait également une tribune à l'usage de la famille d'Egmont.

En 1798, par suite de la Révolution française, la chapelle de Notre Dame de la Fontaine fut vendue et détruite[8].

Miracles[modifier | modifier le code]

En 1579, Nicolas Populaire (10 ans) de Lens, fut guéri d'une contraction de nerfs qui été si puissante que ses genoux restaient collés à sa poitrine. Ses deux sœurs le firent pèlerin de Notre Dame de la Fontaine, et leur mère fit souhait de devenir pèlerine elle aussi. À ce triple souhait le miracle se produisit, les membres de Nicolas se relâchèrent et il courut s'agenouiller devant Notre-Dame. Pour que personne n'oublie ce miracle, des traces en restèrent. Nicolas ne manqua à aucune procession de porter la croix de procession pied- nus et vêtu tout de blanc pour remercier le Seigneur et la très sainte Vierge.

Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame[modifier | modifier le code]

En 1893, la confrérie de Notre-Dame fut également remise en vigueur par monseigneur Du Roussaux, évêque de Tournai.
En 1993, à la même date jour pour jour, l'abbé Paul Druet, ainsi que le comité du pèlerin, décidèrent de marquer le centenaire de la réédification de la chapelle. On organisa une neuvaine durant la semaine de la fête de l'ascension. La statue de la vierge se voyait accueillie dans les différents quartiers de la ville, avec des célébrations spécifiques pour chaque jour. Cette neuvaine se clôturait le lundi suivant l'Ascension par une messe solennelle et une procession.

Prière à Notre-Dame de la Fontaine[modifier | modifier le code]

Notre-Dame,
tu es la Fontaine d’eau pure
où vient reposer l’Esprit-Saint.
Donne-nous de faire silence,
d’entendre les appels de Dieu,
d’être comme toi disponible
pour accomplir Sa volonté.

Tu es la Fontaine de grâces
où viennent puiser tes enfants.
Fais grandir notre peu de foi,
aujourd’hui comme par le passé,
préserve-nous de tout danger,
à nos malades, rends la santé.

Tu es Fontaine de sagesse
où s’abreuvent les pèlerins.
Fais-nous goûter les Evangiles,
ouvre nos cœurs au pardon,
calme les esprits angoissés,
tourne nos regards vers le Ciel.

Notre-Dame de la Fontaine,
nous avons toute confiance en toi.
Amen.

Notre-Dame de la Fontaine, priez pour nous.

Notre-Dame de la Fontaine est vénérée à Chièvres depuis le XIIe siècle. Sa fête, le dimanche après l’Ascension, est célébrée à l’église paroissiale par une messe solennelle et suivie de la « Procession du Pèlerin »[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Chapelle Notre-Dame de la Fontaine, sur officedutourismechievres.be. Consulté le 26 mai 2012.
  2. Petit glossaire d’un patois archaïque, sur quievy.free.fr. Consulté le 26 mai 2012.
  3. a et b Histoire des Miracles de Notre-Dame de la Fontaine en la ville de Chièvres, en Hainaut, comme aussi des grâces et faveurs accordées à ceux qui l’implorèrent devant son Image miraculeuse, en ce lieu ; dédiée à Marie, unique Vierge et Mère, Abbé C.-J. Lafontaine, Curé-Doyen, 1875.
  4. a, b, c, d, e et f M. VAN HAUDENARD, Histoire de la ville de Chièvres, 2e éd., Bruxelles, 1933.
  5. En ancien français - sahu en wallon actuel : sureau
  6. Vinchant, Annales du Hainaut, édition des bibliophiles montois.
  7. Archives de l'Etat à Mons 01.021-1574 et 10.016-322
  8. Léopold Devillers - "Notice historique et archéologique sur la ville de Chièvres" - Annales du Cercle Archéologique de Mons, tome 7 - 1867
  9. Imprimatur 25 février 1993, Jean Huard, évêque de Tournai.