Notre-Dame de Banneux

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Notre-Dame de Banneux
Image illustrative de l’article Notre-Dame de Banneux
Notre-Dame de Banneux et sa source.
Apparition mariale
Autres noms Notre-Dame des pauvres
Vénérée à Sanctuaire marial de Banneux
Vénérée par l’Église catholique
Fête 15 janvier

Notre-Dame de Banneux (également appelée la Vierge des Pauvres) est le nom attribué à la Vierge Marie après les apparitions mariales, survenues en 1933 à Banneux (Belgique). Ces apparitions rapportées par la voyantes Mariette Beco ont été reconnues comme « authentiques et dignes de foi » par l'Église catholique en 1949. La jeune Mariette Beco, petite fille de 11 ans, affirme avoir vu la Vierge Marie huit fois entre le et le , près de son domicile familial. Ces apparitions, espacées dans le temps et en présence de peu de témoins ont peu mobilisé l'attention du public (contrairement à celles de Beauraing survenues quelques semaines plus tôt).

Dans les mois qui suivent la dernière apparition, une première chapelle est construite. Avant même la reconnaissance officielle, les premiers pèlerins se présentent sur les lieux de l'apparition présumée. Après la reconnaissance par l'évêque de Liège, un sanctuaire y est construit, et le lieu devient un centre de pèlerinage marial très fréquenté, où les malades viennent nombreux. Aujourd'hui, entre 450 et 500 000 visiteurs s'y rendent chaque année.

Sa dévotion se répand très vite à travers le monde, de nombreuses églises et chapelles lui sont consacrées. Une association de fidèles, l'« Union Internationale de Prière » a envoyée des milliers de statues de la Vierge de Banneux à travers le monde, depuis 1937.

L'apparition[modifier | modifier le code]

Azulejos représentant l'apparition (Ponte da Barca, Portugal).

Historique[modifier | modifier le code]

Du au se déroulent les apparitions mariales de Banneux, survenues à Mariette Beco, une petite fille de 11 ans, à Banneux, un petit village au sud de Liège, en Belgique. Ce sont huit apparitions au total, courtes, rassemblant très peu de témoins qui se déroulent dans ce petit village, à proximité du domicile familial de la voyante[1].

Après une première apparition où la mère de la voyante lui interdit de sortir de la maison (voir la « belle dame »), les autres soir, Mariette Beco sort tous les jours prier le chapelet vers 19h, dans le jardin familial. Là, celle qu'elle identifie comme étant « la Vierge Marie » conduit la jeune fille jusqu'à une petite source située à une centaine de mètres de la maison et lui dit que « cette source est réservée pour elle » (pour l'apparition), « pour toutes les nations, pour soulager les malades ». La voyante est accompagnée chaque soir par une poignée de témoins, curieux ou fidèles qui prient avec elle le chapelet, et la suivent dans ses déplacements, l'entendant parler, mais ne voyant rien[1],[2].

Ces apparitions provoquent peu de remous dans la population et la presse (contrairement à celles de Beauraing). Mais très vite des pèlerins se rendent sur place, viennent prier, boire l'eau de la source, et les témoignages de guérison se multiplient[3],[4].

Reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

Mgr Kerkhofs nomme successivement trois commissions d'enquête canonique pour étudier les déclarations de la voyante et les témoignages de différentes personnes présentes ou connaissant Mariette. La première commission est nommée en 1935, la seconde en 1942 et la dernière en 1945. Chaque commission ayant pour mission de reprendre les travaux de la précédente et de préciser les questions laissées en suspens. La dernière commission donne un avis favorable, et le , l'évêque reconnait, au nom de l’Église, les apparitions comme authentiques[1].

En mai 1985, à l'occasion de son voyage en Belgique, le pape Jean-Paul II, se rend à Banneux et y rencontre la voyante Mariette Beco[5].

Notoriété et influence religieuse[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire de Banneux[modifier | modifier le code]

Vue du sanctuaire.

Dans les mois qui suivent la fin des apparitions, avant même la reconnaissance par l’Église, une première chapelle est construite[6]. Des pèlerins et des malades commencent à affluer. Après la reconnaissance canonique, en 1949, un sanctuaire est construit, le lieu devient un centre de pèlerinage marial très fréquenté. La dévotion à Notre-Dame de Banneux, la « Vierge des Pauvres », se répand très rapidement dans le monde entier. De nombreux malades se rendent sur ce lieu de pèlerinage (et encore de nos jours)[4].

Aujourd'hui, entre 450 et 500 000 visiteurs s'y rendent chaque année[7].

Marque de reconnaissance

Le , la statue de Notre-Dame de Banneux est solennellement couronnée par Mgr Efrem Forni, nonce apostolique en Belgique[8].

En mai 1985, à l'occasion de son voyage en Belgique, le pape Jean-Paul II, se rend au sanctuaire de Banneux et y rencontre la voyante Mariette Beco[5].

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Croix des Roumains dans le sanctuaire de Banneux.

Très rapidement après les apparitions, le chapelain Louis Jamin décide de la création d'un organisme pour diffuser « le message de Banneux » à travers le monde. C'est « l'Union Internationale de Prière » (UIP) qui est fondé par l'abbé et une équipe de laïcs. Cette organisation est approuvée par Mgr Kerkhofs le [9],[10]. Fin 2018, les membres de l'UIP dénombrent 6 700 statues de la Vierge des pauvres envoyées dans 134 pays du monde entier[10].

Des sanctuaires dédiés à « Notre-Dame de Banneux » sont érigés à Rome (1952), au Rwanda (1952), à Vandœuvre-lès-Nancy (1953), à Londres (1954), à Laneuville-à-Bayard (1954), à Marbache (1955), à Issy-les-Moulineaux près de Paris (1955), à Kisantu (1960), etc. On compte également 21 répliques de la chapelle des Apparitions, et 70 paroisses consacrées à la Vierge de Banneux sans compter les églises et diocèses qui lui sont consacrées[10].

Dans le sanctuaire de Banneux, de multiples croix et stèles ont été déposées par des communautés étrangères[N 1], pour faire mémoire de leur dévotion à la Vierge (Stèle des gens du voyage, Croix des Hongrois, La croix arménienne, Stèle de la Fraternité Liège-Chine, Monument ukrainien, croix roumaines, Monument Arménien...). Ils sont des points de rassemblement pour ces communautés et pèlerins, lors de leurs visites[11].

Diffusion en Asie
Stèle de la Fraternité Liège-Chine dans le sanctuaire de Banneux.

La diffusion en Asie (et dans le monde) est soutenue par des laïcs comme Gemma Kim, une Coréenne dévouée à Banneux depuis 1967. Elle se rend annuellement en Corée du Sud, mais aussi aux États-Unis et au Canada pour faire découvrir la « Vierge des Pauvres » et son message[12].

En Chine la dévotion à la Vierge de Banneux est arrivée très tôt, portée par Mgr Joseph Fan[N 2], consacré évêque à Rome en 1933, qui a découvert Banneux lors de son passage en Europe, et qui a été le promoteur de ces apparitions en Chine, et de la dévotion à la « Vierge des Pauvres ». Très vite des membres chinois s'inscrivent à l'UIP, leurs noms sont toujours conservés dans les archives de l'association[11].

Congrégation religieuse[modifier | modifier le code]

En 1954, un institut séculier est fondé pour propager le message et la spiritualité de Banneux : les « Servantes de la Vierge des Pauvres ».

Notre-Dame de Banneux, la « Vierge des Pauvres », est également prise comme protectrice de plusieurs congrégations religieuses[4] :

  • L'institut séculier des « Servantes de la Vierge des Pauvres » fondé en 1954.
  • Don Calabre place ses enfants spirituels sous la protection de la Vierge des Pauvres.
  • Le Père Marcel Roussel, fondateur des Ouvriers Missionnaires de l'Immaculée-Conception (en 1950), place les membres de sa congrégation sous ce patronage
  • Le Père Andrea Gasparino du « Mouvement Missionnaire Contemplatif Charles de Foucauld » (fondé en 1951) place lui aussi les membres de sa congrégation sous son patronage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces monuments ont généralement été inaugurés à l'occasion de pèlerinages (de ces communautés), et sont le lieu de rassemblement des pèlerins, lors de leur venue aux sanctuaire. Ils sont un témoignage de la dévotion des chrétiens de ces pays à la Vierge de Banneux.
  2. A ne pas confondre avec Mgr Joseph Fan Zhongliang, ordonné beaucoup plus tard. Sauf erreur de typographie sur la référence, il semblerait qu'il soit un homonyme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, , 427 p. (ISBN 978-2-262-02832-9), p. 262-264.
  2. René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, Fayard, , 1426 p. (ISBN 9782213-671321), p. 111-114.
  3. Joachim Bouflet et Philippe Boutry, Un signe dans le ciel : Les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, , 475 p. (ISBN 978-2-246-52051-1), p. 239-240.
  4. a b et c (it) Maria Di Lorenzo, « Vergine dei Poveri di Banneux », sur Santi e Beati, (consulté le ).
  5. a et b « Actes du Pape Jean-Paul II La Vierge apparue à Banneux est devenue Notre-Dame des Pauvres, messagère de la paix », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Chapelle des apparitions », sur Banneux Notre-Dame (consulté le ).
  7. Pierre Jova, « Auprès de la Vierge des pauvres », Famille chrétienne, no 2069,‎ 9 au , p. 28-29.
  8. René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, Fayard, , 1426 p. (ISBN 9782213-671321), p. 114.
  9. « Banneux et ses réseaux », sur Banneux Notre-Dame (consulté le ).
  10. a b et c Evêché de Liège, « Sanctuaire de la Vierge des PauvresBanneux, Dossier de Presse » [PDF], sur evechedeliege.be, (consulté le ), p. 8.
  11. a et b « Autres lieux », sur Banneux Notre-Dame (consulté le ).
  12. « Banneux, sanctuaire belge de la réconciliation et de la paix », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Claeys-Bouuaert, Le fait de Banneux, Banneux, .
  • Louis-Joseph Kerkhofs, Notre-Dame de Banneux : Études et documents, t. I, Louvain, Abbaye du Mont-César, , 192 p. (ASIN B00KPY1JGA).
  • Louis-Joseph Kerkhofs, Notre-Dame de Banneux : Documents épiscopaux sur les faits de Banneux Notre-Dame, t. III, Liège, , 234 p. (ASIN B00KPY1JGA).
  • Paul Piron, Banneux, terre de pauvreté, Namur, , 107 p..
  • Léon Wuillaume, Banneux, message pour notre temps, Banneux, .
  • René Rutten, Histoire critique des apparitions de Banneux, Namur, , 616 p. (EAN 9782873569990).
  • « Banneux, apparitions et message... le cinquantenaire : 1933-1983 », Cahiers marials, no 135,‎ .
  • Joachim Bouflet et Philippe Boutry, Un signe dans le ciel : Les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, , 475 p. (ISBN 978-2-246-52051-1), p. 239-240.
  • Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Perrin, , 427 p. (ISBN 978-2-262-02832-9), p. 262-264.
  • René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, Fayard, , 1426 p. (ISBN 9782213-671321), p. 111-115.

Liens externes[modifier | modifier le code]