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Notre-Dame Porte du Ciel

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Icône originale d'Iviron

Panagia Portaïtissa (en grec ancien Παναγία Πορταΐτισσα, « Panagia Portaïtissa » Παναγία,« très sainte » et Πορταΐτισσα, « portière », en français, Marie Porte-du-Ciel, en russe Iverski ou Iverskaya (« d'Ibérie », c'est-à-dire « de Géorgie »[1]) est le nom donné à une icône de la Mère de Dieu, vénérée par l'Église orthodoxe et, dans une moindre mesure, par l'Église catholique.

Selon la Tradition, cette icône fut découverte par des moines du Mont Athos un peu au large de leur côte. Ils la ramenèrent au monastère, et voulurent la mettre en un endroit précis, mais l'icône s'installa miraculeusement au-dessus de la grand-porte, et cela à trois reprises. De là son nom en grec de Πορταϊτισσα, « Portaïtissa » c'est-à-dire « Gardienne de la porte ». En Russie, elle est souvent appelée « Iverskaya Portaitissa » et on la trouve au XVIIe siècle représentée dans des icônes connues sous le nom d’icône Iverski. À la fin du XXe siècle elle est popularisée en Occident.

Aujourd'hui, elle est conservée au monastère d'Iveron (monastère des Ibères). Elle es la plus ancienne icône du Mont Athos, et elle très vénérée par les pèlerins.

Elle est célébrée lors de la fête liturgique de la Translation de l'Icône Notre-Dame-des-Ibères (Θεοτόκος Πορταϊτισσα των Ιβήρων,) le , le ; au Mont Athos, le Mémorial de la Panaghia Portaïtissa est célébré le mardi de Diakaimsimos[2], qui suit Pâques, ainsi que le .

La légende

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Le monastère d'Iveron (des Ibères, c'est-à-dire des Géorgiens). Mont Athos.

L'histoire se passe au IXe siècle, sous le règne de Théophile (m. en 842), empereur byzantin iconoclaste. L'icône appartenait à une veuve pieuse de Nicée qui la vénérait dans sa chapelle privée. Un jour, des soldats vinrent chez elle chercher des icônes, et un soldat transperça de sa lance la Porte-du-ciel, qui se mit à saigner. Depuis lors, on représente toujours cette icône avec une petite marque noire sur le menton de la Vierge[3].

La veuve réussit à soustraire l'icône à la fureur de la soldatesque, en la mettant à la mer. L'icône se dressa alors sur les vagues et dériva en direction du mont Athos. Bien des années plus tard, elle apparut au large du monastère d'Iveron, sous une forme resplendissante, comme une colonne de lumière montant vers le ciel. Les moines se dirigèrent vers elle, mais ils ne purent l'atteindre : l'icône s'éloignait d'eux. Mais elle demanda bientôt au moine saint Gabriel de la rejoindre en marchant sur les flots, afin de recueillir la figure sainte de l'icône et de la ramener sur le rivage. Une source apparut à l'endroit où l'icône arriva sur la terre ferme, et elle coule toujours. Elle sanctifie ceux qui viennent à elle[4].

Les moines formèrent une procession solennelle pour transporter l'icône au monastère, où il la placèrent sur un support spécialement conçu à cet effet à l'intérieur du catholicon. Cependant, le lendemain, les moines constatèrent que l'image se trouvait à la porte du monastère. Ils la ramenèrent à son emplacement initial, mais elle se déplaça à nouveau au même endroit, et ce à trois reprises. Elle apparut alors à saint Gabriel, et lui dit qu'il fallait la laisser à côté de la porte, car elle était pas venue au monastère pour le garder, non pas pour y être gardée. Les moines bâtirent alors une chapelle — qui existe toujours — dans la cour, à côté de la porte, et l'icône, qui avait été conduite à cet endroit sur ordre de la Mère de Dieu (Théotokos), prit depuis lors le nom de Portaïtissa[4],[5].

Les miracles effectués par Notre-Dame Porte du Ciel sont innombrables, ajoutent les moines ; le , jour de la fête de l'Assomption, a lieu une procession en son honneur.. En outre, l'icône est vénérée lors d'une cérémonie dans une chapelle bâtie sur le rivage, à l'endroit précis où le moine Gabriel la recueillit « en marchant sur la mer »[6].

Autres représentations

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Deux icônes, commandées par le patriarche Nikon, se trouvent en Russie : la première fut peinte par le moine Jamblique en 1648 et se trouve dans le monastère Novodievitchi, à Moscou, acquise par le tsar Alexis le Paisible. On la transportait dans les maisons pour la guérison des malades. La seconde, datant de 1655, fut transférée à Novgorod dans l'église du monastère Iverski de Valdaï.

Panagia Portaitissa, XVIIe siècle. Athènes, Musée Benaki.

On trouve encore deux autres représentations au musée Benaki ainsi qu'au musée byzantin et chrétien, tous deux à Athènes[7].

En 1981, un des moines du Mont-Athos a peint une icône en prenant comme modèle l'ancienne icône, peinte vers 981. De cette copie, qui se trouvait à Montréal, une huile parfumée a bientôt commencé à suinter (icône myroblyte). On fête désormais l'Icône miraculeuse de la Mère de Dieu « Portaitissa » de Montréal le (calendrier liturgique orthodoxe) - (calendrier grégorien)[8],[9],[10].

L'icône fut prise en photo et les larmes formèrent comme un chapelet autour de sa main : cette image de l'icône « Marie Porte du Ciel » devint extrêmement célèbre[11]. Un peu différente de l'original, elle est la plus populaire des icônes mariales avec la Vierge de Vladimir.

Notes et références

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  1. « La Vierge Marie En Son Icône Iverskaia », sur nominis.cef.fr (consulté le )
  2. Jivko Panev, « Fête de l’icône de la Mère de Dieu d’Iviron (Mont Athos) » Accès limité, sur orthodoxie.com, (consulté le )
  3. Source [1] Au Puits de Jacob « http://aupuitsdejacob.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=172 »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  4. a et b (en) « Short history of the Mother of God Portaitissa », sur imiviron.gr (consulté le )
  5. (en) « Holy Monastery of Iviron », sur visitmountathos.eu (consulté le )
  6. Voir aussi le Moine Gabriel l'Ibère recueille l'icône sur Marie de Nazareth
  7. Reproduction du Musée Byzantin , XVIIIe siècle, 1789. « https://pandektis.ekt.gr/pandektis/dspace/handle/123456789/84630 »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  8. « L'icône myrrhoVlite de la Mère de Dieu. Portaïtissa» d'Iviron » [PDF], sur orthodoxievco.net (consulté le )
  9. « L’icône de Marie Porte du Ciel », sur mariedenazareth.com (consulté le )
  10. « L’icône de Marie Porte du ciel, source de guérisons », sur mariedenazareth.com (consulté le )
  11. The myrrh streaming-icon

Bibliographie

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  • Zaza Skhirtladze, « The original cladding of the portaitissa icon », dans Oriens christianus, 2005, vol. 89, p. 148-219 ISSN 0340-6407. (INIST) [Lire en ligne (page consultée le 20 novembre 2025)]
  • (en) Kriton Chryssochoidis, « The Portaitissa icon at Iveron monastery and the cult of the Virgin on Mount Athos », dans Maria Vassilaki (Ed.), Images of the Mother of God. Perceptions of the Theotokos in Byzantium., Athènes - Aldershot, Musée Benaki - Ashgate Publishing, , xxxii + 383 p. (ISBN 978-0-754-63603-8, lire en ligne), p. 133-144
  • (en) Vanessa R. de Obaldía, « Panagia Portaïtissa of Kydonies / Ayvalık : the Consequences of the 1923 Population Exchange for a metochion of the Athonite Monastery of Iveron », Cahiers balkaniques, no 51 « Les héritages du traité de Lausanne en Grèce et en Turquie. II »,‎ , p. 123-128 (DOI 10.4000/13xwf)
  • Claude Lopez-Ginisty, Du Mont-Athos à Optino. José Muñoz, Pèlerin de la Portaïtissa et Martyr, Éd. du désert, , 180 p. (ISBN 978-2-914857-31-4, présentation en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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  • L'icône du monastère Iveron en noir/blanc. Source : S. Kadas, Mount Athos. An Illustrated Guide to the Monasteries and Their History, Athens, 1980, p. 99, via Nancy P . Sevcenko, « Icons in the Liturgy », Dumbarton Oaks Papers, 1991, n° 45, p. 45-57) [voir en ligne (page consultée le 21 novembre 2025)]
  • L'icône Iveron de Montréal (en)