Norodom Sihamoni

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Dans ce nom khmer, le nom de famille, Norodom, précède le nom personnel.

Norodom Sihamoni
នរោត្តម សីហមុនី
Illustration.
Le roi Norodom Sihamoni en 2004.
Titre
Roi du Cambodge
En fonction depuis le
(14 ans, 1 mois et 14 jours)
Couronnement
Premier ministre Hun Sen
Prédécesseur Norodom Sihanouk
Biographie
Dynastie Norodom
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Phnom Penh (Cambodge)
Nationalité cambodgienne
Père Norodom Sihanouk
Mère Paule-Monique Izzi, dite Norodom Monineath
Religion Bouddhisme Theravada
Site web www.norodomsihamoni.org

Norodom Sihamoni
Monarques du Cambodge

Norodom Sihamoni, né le à Phnom Penh est le roi du Cambodge depuis le . Il succède à son père, Norodom Sihanouk qui avait abdiqué peu avant.

Monarque constitutionnel, ses prérogatives sont définies par la constitution du 24 septembre 1993, qui dans son article 7 affirme que « le Roi du Cambodge règne mais il n'exerce pas le pouvoir ».

Fervent francophile, il s'essaie à la poésie et à la musique, comme son père en son temps. Bien que pressenti, il ne s'est avéré être l'héritier que lors des derniers mois du règne de son père. Il parle aussi couramment anglais et tchèque.

Famille et origines[modifier | modifier le code]

Norodom Sihamoni est fils de la dernière épouse du roi Sihanouk, la reine Monineath, née Paule-Monique Izzi, épouse de l'ancien roi depuis avril 1952. Le nom de Sihamoni est issu de la contraction de Sihanouk et Monineath[1].

Études et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

En 1959, Norodom Sihamoni intègre l'école Norodom, puis le lycée français René-Descartes de Phnom Penh, jusqu'en 1962, année où à l’âge de 9 ans il part étudier à Prague. Il en sortira, en 1975, diplômé des hautes études artistiques du conservatoire[2] ; il en a gardé jusqu’à nos jours une maitrise de la langue tchèque[3].

En , alors qu’il étudie à Pyongyang, il est invité à participer aux commémorations du premier anniversaire de la prise de Phnom Penh par les forces khmères rouges ; en fait il sera assigné à résidence au Palais royal avec ses parents et son frère, le prince Narindrapong. Il ne recouvrera la liberté qu’au début de 1979, à la chute du régime de Pol Pot[4].

De 1981 à 2000, Norodom Sihamoni est professeur de danse classique à Paris et cumule ce poste avec, de 1993 à 2003, celui d’ambassadeur du Cambodge auprès de l’UNESCO[5]. À ce titre, il contribue à faire proclamer le ballet royal du Cambodge comme partie intégrante du patrimoine culturel immatériel de l'humanité[6].

Roi du Cambodge[modifier | modifier le code]

Après l’abdication, le , de son père Norodom Sihanouk, Norodom Sihamoni est élu roi à l'unanimité le suivant par le Conseil du Trône[2]. Le choix de Norodom Sihamoni parmi les fils de Sihanouk est motivé par son côté effacé compatible avec le caractère autoritaire du premier ministre Hun Sen[7],[8].

En avril 2006, Norodom Sihamoni effectue une visite en Corée du Nord, avec laquelle le Cambodge a établi des liens étroits sous le règne de Norodom Sihanouk[9].

En juillet 2013, Norodom Sihamoni gracie Sam Rainsy, ancien chef de l'opposition et exilé en France depuis 2010 suite à des persécutions judiciaires et politiques dans son pays[10].

En septembre 2013, suite à la crise provoquée par le résultat des élections législatives (renomination de Hun Sen face à une opposition en boycott politique), Norodom Sihamoni demande à Hu Sen de former un nouveau gouvernement dans le respect de l'unité nationale[10].

En janvier 2017, il est la cible d'un photomontage porno gay circulant sur Facebook. Une enquête est ouverte, et trois individus sont recherchés[11],[12].

En octobre 2018, il relocalise 60 magistrats, juges, et prosécuteurs à de nouveaux postes dans le pays, dans une démarche de restauration de l'indépendance judiciaire et de réduction de la corruption au Cambodge[13].

Un article du magazine L'Express rédigé par Dominique Lagarde et daté de 2010 décrit un monarque désenchanté par sa destinée royale, qui se sentirait « enfermé dans une prison dorée », alors qu'il s'épanouissait dans la danse avant son accession au trône[7].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Norodom du Cambodge
 
 
 
 
 
 
 
8. Norodom Sutharot
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Bossaba Yem
 
 
 
 
 
 
 
4. Norodom Suramarit
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Norodom du Cambodge (= 16)
 
 
 
 
 
 
 
9. Norodom Phangangam
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Kama Sujati Puspa Nuari
 
 
 
 
 
 
 
2. Norodom Sihanouk
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Sisowath du Cambodge
 
 
 
 
 
 
 
10. Sisowath Monivong
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Van
 
 
 
 
 
 
 
5. Sisowath Kossamak
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Norodom Hassakan
 
 
 
 
 
 
 
11. Norodom Kanviman
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Sao Sambhat
 
 
 
 
 
 
 
1. Norodom Sihamoni
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24.
 
 
 
 
 
 
 
12.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25.
 
 
 
 
 
 
 
6. Jean-François Izzi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26.
 
 
 
 
 
 
 
13.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27.
 
 
 
 
 
 
 
3. Paule-Monique Izzi (en)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28.
 
 
 
 
 
 
 
14. Peang
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29.
 
 
 
 
 
 
 
7. Pomme Peang
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30.
 
 
 
 
 
 
 
15. Ouk
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31.
 
 
 
 
 
 

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1971 : 1er Prix de danse classique[7]
  • Grand-croix de l'Ordre royal du Cambodge (Phnom Penh, 2004)
  • Grand-croix de l'Ordre royal du Monisaraphon
  • Grand officier de la Légion d'honneur (France, 2004)
  • Médaille d'argent de la Ville de Paris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Cambodia - The Varman dynasty - Genealogy », sur The royal ark - Royal and ruling houses of Africa, Asia, Oceania and the Americas (consulté le 11 mai 2013)
  2. a b et c (fr) « biographie », sur norodomsihamoni.org (consulté le 15 octobre 2016)
  3. (en) Daniela Lazarová, « King Sihamoni of Cambodia receives warm welcome in Prague », Radio Prague,‎ (lire en ligne)
  4. (fr) Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Les années noires 1970 - 1991 », p. 226
  5. (fr) Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Le retour de Sihanouk : renouveau et reconstruction du pays », p. 398
  6. (fr) Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Le retour de Sihanouk : renouveau et reconstruction du pays », p. 369
  7. a b et c Sihamoni, roi khmer par devoir, www.lexpress.fr, 12 mars 2010 (consulté le 1 novembre 2018)
  8. Adrien Le Gal, Comment les Cambodgiens ont découvert le "crime" de lèse-majesté, www.lemonde.fr, 1 février 2013 (consulté le 1 novembre 2018)
  9. (en) Agence Chine nouvelle, « Cambodian king visits DPRK », Le Quotidien du Peuple,‎ (lire en ligne)
  10. a et b Cambodge : Hun Sen reconduit premier ministre malgré la crise postélectorale, www.lemonde.fr, 24 septembre 2013 (consulté le 1 novembre 2018)
  11. Cambodge : recherchés pour avoir placé le roi dans un photomontage porno gay, www.leparisien.fr, 2 janvier 2017 (consulté le 1 novembre 2018)
  12. Dominique Cettour-Rose, Cambodge: un photomontage porno gay tente de salir le roi Norodom Sihamoni, www.francetvinfo.fr, 6 janvier 2017 (consulté le 1 novembre 2018)
  13. Richard Finney, Cambodia’s King Sihamoni Transfers Court Officials in ‘Reshuffle’, www.rfa.org, 30 octobre 2018 (consulté le 1 novembre 2018)
  14. (fr) Dominique Lagarde, « Sihamoni, roi khmer par devoir », L’Express,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]