Norman Dilworth

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Norman Dilworth, artiste britannique de l'abstraction géométrique, est né en 1931 à Orrell (en), Wigan, Angleterre. Il vit et travaille à Lille, en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1931 à Wigan, Angleterre, Norman Dilworth suit les cours de l'école d’art de Wigan de 1949 à 1952. De 1952 à 1956 il étudie à la Slade School of Fine Art de l'University College, à Londres. Il obtient le prix Tonks de la Slade school en 1955 et l'année suivante, le Prix de dessin du Sunday Times. Un bourse du gouvernement français lui est accordée pour étudier à Paris (1956 à 1957).

Jusqu’en 1982 Norman Dilworth travaille et réside ensuite à Londres. En 1971, il se voit décerner 1er prix de sculpture pour Haverfordwest (British Art Council), suivi en 1974 du 1er prix, fontaine pour Cardiff, Pays de Galles (Welsh Arts Council). En 1980, avec Gerhard von Graevenitz, il organise l’exposition « Pier + Ocean » (Hayward Gallery, Londres et Musée Kröller-Müller, Otterlo) à laquelle il participe.

De 1982 à 2002 il réside et travaille à Amsterdam, avant de se fixer en 2002 à Lille où il vit et travaille désormais.

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Ses premiers dessins figuratifs influencés par Alberto Giacometti (études d’ateliers, portraits de son père) jusqu’aux sculptures monumentales abstraites. Les premières œuvres abstraites sur papier ou sur toile datant des années 1960 sont des recherches rythmiques de couleurs dont le résultat peut se rapprocher de l’art cinétique de Agam. Norman Dilworth va créer leur équivalent en volume, sorte de structures légères en métal peint de couleurs différentes qui brouillent la vision et dissout les volumes dans l’espace, comme un ensemble de traits de couleurs suspendus. Peu à peu son travail va s’orienter vers l’utilisation de formules mathématiques faisant appel à des combinaisons de formes géométriques simples.

Depuis la fin des années 1970, les œuvres de Norman Dilworth sont construites à partir du développement d’un élément de base, dont la répétition et l’évolution génèrent une forme autonome. Norman Dilworth a d’abord une pratique de sculpteur et utilise le bois, l’acier ou encore l’aluminium seuls ou combinés. Le point d’ancrage fondamental entre l’ensemble de ces œuvres en volume ou en deux dimensions est la considération de l’espace et la recherche de l’équilibre entre le plein et le vide.

En 1980, Norman Dilworth est l’un des deux commissaires d’une exposition collective majeure intitulée Pier + Ocean, construction in the art of the seventies présentée à la Hayward Gallery de Londres et au Kröller-Muller d’Otterlo. Parmi les artistes participants : Carl André, Giovanni Anselmo, Bodo Baumgarten, Hanne Darboven, Daniel Buren, Jan Dibbets, Donald Judd, [[On Kawara]], Sol LeWitt, Mario Merz, Bruce Nauman, Roman Opalka, Richard Long, François Morellet …Regroupant des artistes de l’art minimal, de l’art conceptuel, du Land art, de l’abstraction géométrique, la conception et le montage de cette exposition ont généré de grands moments d’échanges entre les artistes qui ont profondément marqué Norman Dilworth. il entretient notamment avec François Morellet un dialogue artistique fécond basé sur l’humour et le jeu. La répétition, la permutation et l’utilisation de formules géométriques sont au cœur de leurs processus de créations. Norman Dilworth a participé au long de sa carrière à des expositions collectives prestigieuses avec des artistes internationaux comme Kenneth Martin, Richard Serra ou Carl André.

Norman Dilworth a régulièrement exposé à la galerie Art Affairs à Amsterdam, à la galerie Hoffmann à Friedberg, lieux de diffusion importants pour l’art géométrique en Europe et est représenté en France par la galerie Oniris à Rennes. Ses œuvres sont présentes dans de prestigieuses collections publiques européennes : Kröller-Muller d’Otterlo, museum Mondriaanhuis, Amersfoort (Pays-Bas) ; Stedelijk museum, Amsterdam et Schiedam (Pays-Bas) ; Tate galerie, Londres …. Il a réalisé des œuvres monumentales pour des parcs et lieux publics comme très récemment à Lille pour le Centre d’enseignement à distance (CNED) dans le cadre du 1 % culturel.

Méthode[modifier | modifier le code]

« Ma méthode de travail passe par le jeu et l’expérimentation. J’assemble des éléments dans un ordre séquentiel, ou des éléments qui ont déjà une relation séquentielle. J’essaie chaque combinaison possible. En utilisant des moyens primitifs et des systèmes simples, j’engendre des structures qui expriment la croissance dans un principe de développement naturel. Je laisse chaque pièce évoluer suivant sa nature dans un système que j’ai préétabli. Je n’interviens pas arbitrairement. Une œuvre, comme l’a dit Kenneth Martin « contient sa propre histoire », elle est le résultat d’une série d’évènements dans un temps donné » explique Norman Dilworth.

Le regard de la Critique d'art[modifier | modifier le code]

  • Émilie Ovaere, Escales, in cat. de l’exposition, musée des beaux-arts de Calais, 2005, (extrait):

« Tout en trouvant sa place, Norman Dilworth est à la lisière de ces démarches : lorsqu’il immerge une sculpture dans une rivière sur l’invitation de la galerie Hoffman en 1991, il est proche de Richard Long et du Land art. Lorsqu’il joue avec les progressions mathématiques, on retrouve les facéties de François Morellet. Lorsqu’il installe au mur des sculptures monumentales de très fines plaques de métal, on pense au langage formel de Carl André. »

« Bien au-delà de son appartenance à une lignée d’artistes de l’abstraction géométrique, Norman Dilworth se préserve d’une facile application ou du simple exercice, partant sans cesse à l’aventure, il observe et vagabonde. Cette liberté d’esprit se retrouve dans la familiarité que son travail entretient avec la nature avec des œuvres comme Puff ball de 1972/1985, pourtant constituée d’éléments rectilignes et rigides qui une fois agencés deviennent paradoxalement organiques, mobiles comme les graines de pissenlits soufflées par le vent. »

  • Émilie Ovaere, Escales, (extrait), musée des beaux-arts et de la dentelle de Calais, 2006 :

« Le procédé de fabrication des sculptures de Norman Dilworth est généralement axé sur la capacité évolutive d’une forme à être divisée ou démultipliée quasi à l’infini. C’est aussi pour cette raison que Norman Dilworth est tout entier absorbé dans le faire : maquettes, croquis et multiples dessins. Les tiroirs de l’atelier sont pleins de trésors en devenir. La réalisation monumentale de ses projets n’est pas une fin en soi. Il aime trop manipuler, avoir à portée de mains. »

  • Christian Besson in catalogue Rétrospective Le Cateau Cambrésis :

"L’art de Dilworth est bien concret, et comme il le souligne « Il n’y a pas d’abstraction à partir d’une autre réalité […] Je n’essaie pas de rendre l’illusion de quelque chose d’autre ». Si nombre d’œuvres semblent ainsi issues du règne végétal ou animal – comme Stack (1983), un empilement d’angles qui a des allures étrangement arachnéides, ou Progression from a cube (1986) et Linear Progression (1985) qui ne sont pas sans évoquer quelque engeance reptilienne – cela tient pour grande part à l’usage qui est fait de progressions arithmétiques parmi lesquelles la suite de Fibonacci occupe une place remarquable. Liée au nombre d’or, mathématiciens et artistes y ont souvent vu le chiffre même de la création. Elle engendre des formes biologiques comme la spirale de l’escargot ou la disposition des embranchements sur une tige. Quand " Dilworth" retrouve la forme de l’escargot (Parts of the Circle, 1985), il met en œuvre une procédure sur laquelle il s’est souvent appuyé depuis. Cette procédure, comme l’ajustement par facettes précédemment évoquées, indiquent un axe de recherche que ses prédécesseurs (excepté Max Bill – on pense à son ruban sans fin) n’avaient pas suivi : celui de la topologie. Partout cette topologie est au service de l’art, jouant en quelque sorte le rôle que de nombreux artistes avaient précédemment attribué au hasard (depuis les papiers déchirés de Jean Arp). Les déplacements avec retournement et juxtaposition (Jacobs ladder et Swichback, 1993 – Arc, 1997) ou superposition (Parts of the Circle (stacked), 1987) ne cessent de conduire à ce que l’artiste, le premier, n’attendait pas : « Le jeu, dit-il, est une part importante de l’activité. En organisant et en manipulant les éléments dont je me sers, je crois que je découvre des possibilités que je n’avais pas prévues. » Comme l’écrit Leo Delfgaauw, l’œuvre de Norman Dilworth n’est pas seulement l’expression d’une exploration constructiviste, mais aussi « une invitation à nous joindre à une aventure, à un jeu pour les yeux et l’esprit ».

Expositions personnelles (sélection depuis 1995)[modifier | modifier le code]

  • Art Affairs, Amsterdam (Pays-Bas) 1995
  • Galerie Durhammer, Frankfurt (Allemagne) 1995
  • Art Affairs, Amsterdam (Pays-Bas) 1997
  • Galerie Magnus Aklundh, Lund (Suède) 1998
  • Espace d’art contemporain, Demigny (France)1998
  • Artist in residence, Guernesey (Iles Anglo-normandes) 1999
  • Art Affairs, Amsterdam (Pays-Bas) 2000
  • Museum Het Mondriaanhuis, Amersfoort (Pays-Bas) 2001
  • Espace d’art contemporain, Demigny (France) 2001
  • Stedelijk Museum, Amsterdam (Pays-Bas) 2002
  • Het Glasen Huis, Amsterdam (Pays-Bas) 2003
  • Musée des Beaux-arts et de la dentelle, Calais (France) 2005
  • Espace Lumière, Hénin-Beaumont (France) 2005
  • Galerie Oniris, Rennes (France) 2006
  • Centre d’art contemporain Bouvet Ladubay Saumur (France) 2006
  • Galerie Frontière$, Hellemmes (France) 2006
  • Parcours sculpture / Art|Paris au Grand-Palais, stand Oniris 2007 et 2008
  • Rétrospective au Musée Matisse / Cateau-Cambrésis 2007

Collections publiques (extrait)[modifier | modifier le code]

  • Fonds National d’Art Contemporain, La Défense
  • Musée Matisse, Cateau-Cambrésis
  • Musée de Grenoble
  • Musée de Montbéliard
  • Ville de Valenciennes
  • Tate Gallery, Londres (GB)
  • The British Council (GB)
  • Art Council of Great Britain (GB)
  • Manchester City Art Gallery (GB)
  • National Collection, Varsovie (Pol)
  • Muséum Stzuki. Museum of Modern Art, Lodz (Pol)
  • City of Amsterdam (Hollande)
  • City of Dordrecht (Hollande)…

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Norman Dilworth Catalogue de l'Exposition, Le Cateau-Cambrésis, musée Matisse par Collectif Archibooks + Sautereau éditeur (104 pages) 2007

Source[modifier | modifier le code]