Norbert Hofer

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Norbert Hofer
Illustration.
Norbert Hofer en 2016.
Fonctions
Ministre fédéral autrichien des Transports,
de l'Innovation, de la Technologie

et de la Recherche
En fonction depuis le
(10 mois et 28 jours)
Chancelier Sebastian Kurz
Gouvernement Kurz
Prédécesseur Jörg Leichtfried (Transports, Innovation, Technologie)
Harald Mahrer (Recherche)
Troisième président du Conseil national

(4 ans et 11 jours)
Président Barbara Prammer
Doris Bures
Législature XXIVe et XXVe
Groupe politique FPÖ
Prédécesseur Martin Graf
Successeur Harald Vilimsky
Biographie
Nom de naissance Norbert Gerald Hofer
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Vorau (Styrie, Autriche)
Nationalité Autrichienne
Parti politique FPÖ (depuis 1994)
Diplômé de HTBLA Eisenstadt
Profession Ingénieur aéronautique
Religion Protestantisme

Norbert Hofer (prononcé [ˈhoːfɐ]), né le à Vorau, est un homme politique autrichien.

Membre du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), il est le troisième président du Conseil national de 2013 à 2017 et candidat du FPÖ à l'élection présidentielle de 2016, qu'il perd de justesse au second tour.

En 2017, il est nommé ministre fédéral des Transports et de l'Innovation au sein du gouvernement Kurz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Originaire de Pinkafeld, dans le Burgenland, l'État fédéré le plus oriental d'Autriche, il est le fils d'un directeur d'essencerie membre du Parti populaire (ÖVP)[1] et d'une mère au foyer, et a trois frères et sœurs. Baptisé catholique, il quitte l'Église, qu'il trouve trop à gauche, et se convertit au protestantisme[2].

Il est ingénieur aéronautique de profession. En 2003, à Stubenberg, il est victime d'un grave accident de parapente qui le rend paraplégique et l'oblige à se déplacer depuis avec une canne[3],[4]. Marié à Verena, aide-soignante[5], il a un enfant avec elle et trois autres d'un premier mariage[6].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Il adhère, en 1994, au Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)[7]. Dès 1996, il occupe des responsabilités au sein du parti dans le Burgenland, puis devient un de ses vice-présidents au niveau fédéral. Il dirige la rédaction du programme du FPÖ en 2011[7].

Alors que ses prises de position au sein du FPÖ sont plus modérées que celles de la plupart de ses autres membres, il affirme avoir pour modèle politique Margaret Thatcher[8] et cite Charles de Gaulle pour justifier sa vision d’une « Europe des nations »[9].

En 2011, il réintroduit dans les statuts du FPÖ l'idée de l'appartenance de l'Autriche à la « communauté culturelle allemande »[10].

Troisième président du Conseil national[modifier | modifier le code]

Le 29 octobre 2013, un mois après des élections législatives qui ont permis au FPÖ d'obtenir 20,5 % des voix, il devient le troisième président (fonction équivalente à celle de vice-président) du Conseil national, la chambre basse du Parlement autrichien. Il succède ainsi au controversé Martin Graf.

Candidature à l'élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

Le FPÖ, dont il appartient à l'aile libérale, le désigne comme son candidat à l'élection présidentielle d'avril et mai 2016[11],[12],[13]. La campagne électorale est dominée par la crise migratoire en Europe alors que l'Autriche accueille des dizaines de milliers de migrants[11]. Norbert Hofer déclare qu'il pourrait dissoudre le Parlement si la majorité ne suivait pas ses recommandations sur le dossier des migrants, dont il ne souhaite pas l'installation en Autriche, craignant une réduction des libertés publiques sous l'influence de l'islam[11],[14],[15].

Norbert Hofer et Alexander Van der Bellen le 4 décembre 2016, lors d'un débat télévisé.

Le 24 avril 2016, dans un contexte de forte participation, il arrive en tête du premier tour de scrutin avec 35,1 % des suffrages, devançant de 14 points son plus proche adversaire, l'écologiste Alexander Van der Bellen[16],[17]. Il s'agit du meilleur score obtenu au niveau fédéral par le FPÖ depuis sa création[18]. Ce succès s'explique en partie par le vote important de l'électorat jeune en sa faveur[19]. Les candidats des deux grands partis qui se partagent le pouvoir depuis 1945, le Parti social-démocrate (SPÖ) et l'ÖVP, sont éliminés[14].

Au soir du second tour, le 22 mai, alors que les votes par correspondance n'ont pas encore été pris en compte, Norbert Hofer est en tête, avec 51,9 % des suffrages[20]. Mais le lendemain, il recueille 49,7 % des suffrages exprimés, étant devancé de 31 000 voix (sur 4 640 000 bulletins enregistrés) par son adversaire, et reconnaît sa défaite[21]. Le mois suivant, le président du FPÖ, Heinz-Christian Strache, intente une action devant la Cour constitutionnelle en mettant en avant de possibles nombreuses irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance et dans des zones rurales[22],[23],[24].

Le , la Cour constitutionnelle prononce l'invalidation du second tour de scrutin, ce qui conduit à l'organisation d'un nouveau vote[25]. À compter du 8 juillet 2016, date de la fin du mandat du président Heinz Fischer, Norbert Hofer fait partie, avec les deux autres présidents du Conseil national, Doris Bures et Karlheinz Kopf, du collège qui assure les fonctions du président fédéral de l'Autriche[26]. Le , le second tour, prévu le , est reporté au en raison de la distribution de bulletins de votes défectueux[27].

Finalement, après une campagne où les sondages donnaient à nouveau les deux candidats au coude-à-coude, Alexander Van der Bellen l'emporte plus largement que la première fois, avec 53,8 % et 348 000 voix d'avance sur Norbert Hofer[28],[29].

Ministre fédéral dans le gouvernement Kurz[modifier | modifier le code]

Les élections législatives de 2017 voient la victoire de l'ÖVP de Sebastian Kurz, qui a mené une campagne sur des thèmes proches de ceux du FPÖ[30]. Le parti nationaliste arrive en troisième position, juste derrière le SPÖ du chancelier sortant[30]. Le 18 décembre 2017, Sebastian Kurz forme un gouvernement d'alliance ÖVP-FPÖ dans lequel Norbert Hofer est nommé ministre fédéral des Transports, de l'Innovation, de la Technologie et de la Recherche. À la tête de ce ministère élargi, Norbert Hofer est pressenti pour représenter à nouveau le FPÖ en vue de la prochaine élection présidentielle[31].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Norbert Hofer persönlich », site de Norbert Hofer.
  2. Myriam Detruy, « Les habitants du Burgenland en rangs serrés derrière Hofer », Le Figaro, 21-22 mai 2016, pages 2-3.
  3. « Autriche: l'extrême droite en tête au premier tour de la présidentielle », sur lexpress.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  4. (de) « Nobert Hofer und Spaghetti Bolognese am 16.12.2011 », sur burgenland.orf.at, (consulté le 26 avril 2016).
  5. (de) « Verena Hofer: "Meine Eltern lehnten Norbert ab, weil er ein Blauer ist" », sur kurier.at, (consulté le 26 avril 2016).
  6. (de) « Hofers im Talk: "Bei Haschisch gäbe es Hausarrest" », sur krone.at, (consulté le 26 avril 2016).
  7. a et b Ana Boyrie, « Qui est Norbert Höfer, le visage de l'extrême droite autrichienne ? », sur rtl.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  8. (en) D. B. Hebbard, « Far-right, glock carrying presidential candidate wins first round of election in Austria – PoliMedia » [archive du ], (consulté le 2 mai 2016).
  9. http://www.liberation.fr/planete/2016/05/20/autriche-le-peril-hofer_1454128
  10. Amélie Poinssot, « En Autriche, une présidentielle à haut risque (bis) », sur Mediapart, (consulté le 2 décembre 2016).
  11. a b et c « En Autriche, l’extrême droite en tête de l’élection présidentielle », sur La Croix, (consulté le 26 avril 2016).
  12. (de) « Eine aktuelle Wahlumfrage », sur neuwal.com (consulté le 26 avril 2016).
  13. (de) « Van der Bellen Erster – Hofer vorerst Letzter », sur oe24.at, (consulté le 26 avril 2016).
  14. a et b Vincent Manilève, « Norbert Hofer, l’Autrichien qui fait campagne avec un flingue sur lui », sur Slate.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  15. (en) « Austrian far-right hopeful Hofer may back EU vote », sur bbc.com, (consulté le 30 novembre 2016).
  16. (de) « Österreich - Bundespräsidentenwahl 2016 », sur wahl16.bmi.gv.at (consulté le 26 avril 2016).
  17. « L’extrême droite en tête au premier tour de l’élection présidentielle en Autriche », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  18. (en-US) « Austria's Norbert Hofer: the far-right's 'soft' face », sur France 24, (consulté le 26 avril 2016).
  19. « Le prochain président autrichien, écologiste ou d'extrême droite », sur liberation.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  20. https://www.huffingtonpost.fr/2016/05/23/norbert-hofer-alexander-van-der-bellen-autriche-president-election_n_10101606.html
  21. https://www.lopinion.fr/edition/international/autriche-l-europe-se-radicalise-103227
  22. http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/08/01003-20160608ARTFIG00157-en-autriche-l-extreme-droite-va-finalement-contester-les-resultats-de-la-presidentielle.php
  23. Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), « Autriche : recours de l’extrême droite contre le résultat de l’élection présidentielle », sur Le Monde, (consulté le 7 juillet 2016)
  24. ome, « En Autriche, l'extrême droite va finalement contester les résultats de la présidentielle », sur Le Figaro (consulté le 7 juillet 2016)
  25. « Autriche : l'élection présidentielle invalidée en raison d'irrégularités », sur liberation.fr.
  26. « Autriche : l'extrême droite au pouvoir... par intérim », sur leparisien.fr (consulté le 8 juillet 2016)
  27. « Une élection présidentielle qui tourne à la farce », sur Courrier international (consulté le 13 septembre 2016).
  28. https://www.nouvelobs.com/topnews/20161128.AFP2372/presidentielle-en-autriche-face-a-face-tendu-entre-les-deux-candidats.html
  29. http://wahl16.bmi.gv.at/
  30. a et b https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/16/autriche-le-conservateur-sebastian-kurz-31-ans-remporte-son-pari-aux-legislatives_5201401_3214.html
  31. http://www.liberation.fr/planete/2017/12/17/autriche-tremplin-gouvernemental-pour-l-extreme-droite_1617179

Liens externes[modifier | modifier le code]

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