Norbert Hofer

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Norbert Hofer
Norbert Hofer en 2016.
Norbert Hofer en 2016.
Fonctions
Troisième président du Conseil national
En fonction depuis le
(4 ans, 1 mois et 13 jours)
Président Barbara Prammer
Doris Bures
Groupe politique FPÖ
Prédécesseur Martin Graf
Biographie
Date de naissance (46 ans)
Lieu de naissance Vorau (Styrie, Autriche)
Nationalité Autrichien
Parti politique FPÖ (depuis 1994)
Diplômé de HTBLA Eisenstadt (de)
Profession Ingénieur aéronautique
Religion Protestantisme

Norbert Hofer (prononcé [ˈhoːfɐ]), né le à Vorau, est un homme politique autrichien.

Membre du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), il est le troisième président du Conseil national depuis 2013 et candidat à l'élection présidentielle de 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Originaire de Pinkafeld, dans le Burgenland, l'État fédéré le plus oriental d'Autriche, il est le fils d'un directeur d'essencerie membre du Parti populaire (ÖVP)[1] et d'une mère au foyer, et a trois frères et sœurs. Baptisé catholique, il quitte l'Église, qu'il trouve trop à gauche, et se convertit au protestantisme[2].

Il est ingénieur aéronautique de profession. En 2003, à Stubenberg, il est victime d'un grave accident de parapente qui le rend paraplégique et l'oblige à se déplacer depuis avec une canne[3],[4]. Marié à Verena, aide-soignante[5], il a un enfant avec elle et trois autres d'un premier mariage[6].

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Il adhère, en 1994, au Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)[7]. Dès 1996, il occupe des responsabilités au sein du parti dans le Burgenland, puis devient un de ses vice-présidents au niveau fédéral. Il dirige la rédaction du programme du FPÖ en 2011[7].

Alors que ses prises de position au sein du FPÖ sont plus modérées que celles de la plupart de ses autres membres, il affirme avoir pour modèle politique Margaret Thatcher[8] et cite Charles de Gaulle pour justifier sa vision d’une « Europe des nations »[9].

En 2011, il réintroduit dans les statuts du FPÖ l'idée de l'appartenance de l'Autriche à la « communauté culturelle allemande »[10].

Troisième président du Conseil national[modifier | modifier le code]

Le 29 octobre 2013, un mois après des élections législatives qui ont permis au FPÖ d'obtenir 20,5 % des voix, il devient le troisième président (fonction équivalente à celle de vice-président) du Conseil national, la chambre basse du Parlement autrichien. Il succède ainsi au controversé Martin Graf.

Candidature à l'élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

Considéré comme faisant partie de l'aile libérale du FPÖ, il est désigné comme son candidat, en janvier 2016, à l'élection présidentielle d'avril et mai suivants[11]. Les études d'opinion le placent alors en quatrième ou cinquième position[12],[13].

La campagne électorale est dominée par la crise migratoire en Europe alors que l'Autriche accueille des dizaines de milliers de migrants sur son territoire[11]. Norbert Hofer déclare qu'il pourrait dissoudre le Parlement si la majorité ne suivait pas ses recommandations sur le dossier des migrants, dont il ne souhaite pas l'installation en Autriche[11]. Il affirme notamment que la burqa et le hijab sont un symbole de l’oppression des femmes[14].

Le 24 avril 2016, dans un contexte de forte participation, il arrive en tête du premier tour de scrutin avec 35,1 % des suffrages, devançant de 14 points son plus proche adversaire, Alexander Van der Bellen[15],[16]. Il s'agit du meilleur score obtenu au niveau fédéral par le FPÖ depuis sa création[17]. Ce succès s'explique en partie par le vote important de l'électorat jeune en sa faveur[18]. Les candidats des deux grands partis qui se partagent le pouvoir depuis 1945, le Parti social-démocrate (SPÖ) et l'ÖVP, sont éliminés[14].

Au soir du second tour, le 22 mai, alors que les votes par correspondance n'ont pas encore été pris en compte, il arrive en tête du scrutin avec 51,9 % des suffrages[19]. Mais le lendemain, il annonce sa défaite et recueille 49,7 % des suffrages exprimés, étant devancé de seulement 31 000 voix sur 4 640 000 bulletins enregistrés[20]. Le mois suivant, le président du FPÖ, Heinz-Christian Strache, intente une action devant la Cour constitutionnelle en mettant en avant de possibles nombreuses irrégularités dans le dépouillement des votes par correspondance et dans des zones rurales[21],[22],[23].

Le , la Cour constitutionnelle prononce l'invalidation du second tour de scrutin, ce qui conduit à l'organisation d'un nouveau vote[24]. Le second tour est alors prévu pour le [25]. À ce titre, à compter du 8 juillet 2016, date de la fin du mandat de Heinz Fischer, il fait partie, avec les deux autres présidents du Conseil national, Doris Bures et Karlheinz Kopf, du collège qui assure les fonctions du président fédéral de l'Autriche[26].

Le , le second tour du 2 octobre est reporté au à la suite de la distribution de bulletins de votes défectueux[27].

Il indique qu'il pourrait envisager un référendum sur le maintien de l'Autriche dans l'Union européenne si cette dernière devient, dans le contexte du Brexit, « centralisée » ou si la candidature d'adhésion de la Turquie aboutit[28].

Lors du second tour le 4 décembre, le candidat écologiste Alexander Van der Bellen l'emporte une nouvelle fois, plus largement, obtenant 53.8% soit 350 000 voix d'avance.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Norbert Hofer persönlich », site de Norbert Hofer.
  2. Myriam Detruy, « Les habitants du Burgenland en rangs serrés derrière Hofer », Le Figaro, 21-22 mai 2016, pages 2-3.
  3. « Autriche: l'extrême droite en tête au premier tour de la présidentielle », sur lexpress.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  4. (de) « Nobert Hofer und Spaghetti Bolognese am 16.12.2011 », sur burgenland.orf.at, (consulté le 26 avril 2016).
  5. (de) « Verena Hofer: "Meine Eltern lehnten Norbert ab, weil er ein Blauer ist" », sur kurier.at, (consulté le 26 avril 2016).
  6. (de) « Hofers im Talk: "Bei Haschisch gäbe es Hausarrest" », sur krone.at, (consulté le 26 avril 2016).
  7. a et b Ana Boyrie, « Qui est Norbert Höfer, le visage de l'extrême droite autrichienne ? », sur rtl.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  8. (en) D. B. Hebbard, « Far-right, glock carrying presidential candidate wins first round of election in Austria – PoliMedia », (consulté le 2 mai 2016).
  9. http://www.liberation.fr/planete/2016/05/20/autriche-le-peril-hofer_1454128
  10. Amélie Poinssot, « En Autriche, une présidentielle à haut risque (bis) », sur Mediapart, (consulté le 2 décembre 2016).
  11. a, b et c « En Autriche, l’extrême droite en tête de l’élection présidentielle », sur La Croix, (consulté le 26 avril 2016).
  12. (de) « Eine aktuelle Wahlumfrage », sur neuwal.com (consulté le 26 avril 2016).
  13. (de) « Van der Bellen Erster – Hofer vorerst Letzter », sur oe24.at, (consulté le 26 avril 2016).
  14. a et b Vincent Manilève, « Norbert Hofer, l’Autrichien qui fait campagne avec un flingue sur lui », sur Slate.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  15. (de) « Österreich - Bundespräsidentenwahl 2016 », sur wahl16.bmi.gv.at (consulté le 26 avril 2016).
  16. « L’extrême droite en tête au premier tour de l’élection présidentielle en Autriche », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  17. (en) « Austria's Norbert Hofer: the far-right's 'soft' face », sur France 24, (consulté le 26 avril 2016).
  18. « Le prochain président autrichien, écologiste ou d'extrême droite », sur liberation.fr, (consulté le 26 avril 2016).
  19. http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/23/norbert-hofer-alexander-van-der-bellen-autriche-president-election_n_10101606.html
  20. http://www.lopinion.fr/edition/international/autriche-l-europe-se-radicalise-103227
  21. http://www.lefigaro.fr/international/2016/06/08/01003-20160608ARTFIG00157-en-autriche-l-extreme-droite-va-finalement-contester-les-resultats-de-la-presidentielle.php
  22. Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), « Autriche : recours de l’extrême droite contre le résultat de l’élection présidentielle », sur Le Monde, (consulté le 7 juillet 2016)
  23. ome, « En Autriche, l'extrême droite va finalement contester les résultats de la présidentielle », sur Le Figaro (consulté le 7 juillet 2016)
  24. « Autriche : l'élection présidentielle invalidée en raison d'irrégularités », sur liberation.fr.
  25. « Le nouveau scrutin de la présidentielle en Autriche se tiendra le 2 octobre », sur lexpress.fr (consulté le 5 juillet 2016).
  26. « Autriche : l'extrême droite au pouvoir... par intérim », sur leparisien.fr (consulté le 8 juillet 2016)
  27. « Une élection présidentielle qui tourne à la farce », sur Courrier international (consulté le 13 septembre 2016).
  28. (en) « Austrian far-right hopeful Hofer may back EU vote », sur bbc.com, (consulté le 30 novembre 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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