Noms donnés à la Chine

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中國 et 中国
Inscription sur l'artéfact He zun (XIe siècle av. J.-C.) sur lequel ont paru les caractères "Zhongguo" (中国)

"Chine" est un nom donné par des peuples étrangers à ce pays : on trouve Tchina dans les lois de Manou (10:44), Tchi-na chez les Japonais, Tzin chez le moine Cosmas au VIe siècle[1], Çin ou Tchine en arabe, Zin chez Benjamin de Tudèle au XIIe siècle, Cin chez Marco Polo[2].

Les Chinois eux-mêmes ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays, mais actuellement ils disent Zhōnghuá (中華, simplifié : 中华), tant pour la République de Chine (1912-1949) que pour l'actuelle République populaire et la République de Taïwan.

Cependant, pour désigner la Chine, les Chinois employaient le plus couramment l'expression Zhōngguó (中国, prononcé /tʂʊŋ˥kwɔ˧˥/). Zhōng désigne le centre, l'axe, le milieu, l'intermédiaire (le caractère 中 représente une ligne traversant un carré en son milieu). Guó désigne le pays, la nation, les terres entourées de frontières (le caractère 国 représente la pièce de Jade brisée, symbole de pouvoir délégué et de souveraineté, le sceau partagé entre le vassal et le suzerain ; en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈).

Ce terme a eu à l’origine un nombre de sens plus restreints, et s’est élargi ultérieurement pour désigner l’ensemble du territoire chinois. Wang Er-min (王爾敏), historien de l’Academia sinica, a recensé les sens de l’expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant : région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité. Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l’époque des Royaumes combattants.

Néanmoins Zhongguo n’entrait pas dans l’appellation officielle de l’entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celle des Qin (秦, 221 à 206 av. J.-C.) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine, mot qui chez Marco Polo (Cin, Cyn, Cim[2]) n'est qu'une appellation employée dans les îles de la mer de Chine et de l'Océan Indien.

Lorsqu’ils envisagèrent l’établissement d’une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu’on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那).

Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華 chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme « magnifique », est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits de la Période des Royaumes combattants les premiers Chinois, « les tribus de Huang di et de Yandi ». Qian Mu (錢穆), historien, considère qu’il s’agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l’ancien nom de la rivière Han (漢水). D’autres historiens pensent que l’ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l’histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est « peint », du fait que ses membres se tatouaient.

Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaii dans un discours. Il est aujourd'hui inclus dans les appellations de la République de Chine (Zhōnghuá Mínguó) et de la République populaire de Chine (Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó).

Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l’empereur) sont conçus comme des territoires incultes peuplés d’êtres non civilisés. 天下 désigne donc la partie civilisée de la terre. Zhongguo et Tianxia sont parfois traduits en « Empire du Milieu » et « Empire Céleste » dans les ouvrages littéraires occidentaux anciens.

Arrivant en Chine juste avant sa réunification par Kubilai Khan, Marco Polo décrit la Chine comme divisée, ainsi qu'elle était perçue à l'époque, et il donne deux noms : Cathay, qui vient de Kithan, pour le nord de la Chine, et Manzi (蛮子, « enfants sauvages ») pour le sud, c'est-à-dire l'empire Song. Kithan est à l'origine du nom en russe de la Chine, Китай.

La Chine était appelée Serica par les Romain, lieu d'origine de la soie.

Aujourd'hui, le mot « Chine » fait généralement référence à la Chine continentale (中國大陸, zhōngguó dàlù en mandarin), soit la République populaire de Chine, Hong Kong et Macao inclus, at peut aussi désigner l'ensemble formé par la RPC et la République de Chine (dont le territoire compte principalement l'île de Taïwan), ce qui correspond alors à la zone économique de la « Grande Chine » (大中華地區).

La traduction la plus courante de « Chinois » est Zhongguoren (中國人), « personne de Chine ». Néanmoins, on lui préfère souvent Huaren (華人) pour les Chinois d'outre-mer, terme qui a remplacé Tangren (唐人), « personne de l'empire Tang », que s'étaient donné les immigrants chinois d'Asie et d'Amérique (pourtant arrivés sous les Ming), du fait du prestige de cette dynastie. Hanren (漢人), « personne de l'empire Han » distingue les Chinois proprement dit des autres nationalités de Chine.

Noms officiels[modifier | modifier le code]

Surnoms donnés à la Chine[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Leibniz : « Cosmas donna pour la première fois son vrai nom au pays de la soie. Car il l'a appelé Tzin, prononciation nettement plus correcte que la nôtre, quand nous disons Sinas ou China ou même Tschina » (Novissima Sinica, 1697 ; éd. University of Hawaii Press, 1957, p. 96, lire en ligne).
  2. a et b Le Livre de Marco Polo, 1298, ch. 160 ou 161 : « en langage des îles [de la Mer de Chine et de l'Océan Indien], quand ils disent Cin, ils veulent dire le Manzi », c'est-à-dire la Chine du sud. Il dit aussi : « la mer de Cin ». – Cin est l'orthographe des plus anciennes copies, tant en français qu'en florentin ; on trouve aussi Cyn, Cim, Cym (pour d'autres variantes, voir P. Pelliot, Notes on Marco Polo, Paris 1959, vol. 1, p. 264).
  3. http://www.larevue.info/pdf/sommaire/02/chine.pdf
  4. L'empire Du Milliard - Populations Et Société En Chine, Pierre Trolliet
  5. http://economictimes.indiatimes.com/Bullion/Why-is-China-buying-more-gold-than-India/articleshow/5420983.cms