Noël Danycan de l'Épine

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Noël Danycan, seigneur de l'Épine, né le 18 juillet 1656 à Saint-Servan, mort le 8 juillet 1735 à Paris, est un négociant et un des principaux corsaires de Saint-Malo, commanditaire de la Compagnie des Indes et l'une des plus importantes fortunes du royaume vers 1700 ; il s'est aussi occupé d'exploitation minière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Noël Danycan commence à naviguer à quinze ans sur des navires de commerce armés par son père. Il s'établit ensuite comme négociant à Saint-Malo.

En 1685, il épouse Marguerite Chantoiseau ; de ce mariage naîtront quatre enfants.

Activités commerciales et corsaires[modifier | modifier le code]

Dès 1697, c'est lui qui est à l'origine des expéditions des Mers du Sud, qui ont rapporté près de 200 millions de livres à la France lors de la guerre de Succession d'Espagne[1].

Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il arme de nombreux navires pour la course dont ceux d'un autre célèbre corsaire, Duguay-Trouin. De 1692 à 1695 ce dernier commande six bâtiments en course, dont l'un s'appelle le Danycan[2]. Les épaves de deux de ses frégates sont échouées sur les balises près de la fosse des Dinanais[3]. En 1696, Noël Danycan de l'Épine arme six frégates-corsaires pour attaquer les Anglais qui mettent en danger Plaisance, le siège principal des pêcheries françaises de Terre-Neuve.

En 1698, il fonde la Compagnie de la Mer du Sud pour ouvrir au commerce français les côtes du Chili et du Pérou.

En 1711, il participe à l'expédition sur Rio de Janeiro avec Duguay-Trouin[réf. nécessaire].

C'est probablement l'armateur de France le plus fortuné au début du XVIIIe siècle, selon l'historien Paul Butel[réf. nécessaire].

Devenu veuf en 1721, Noël Danycan se remarie à sa maîtresse Hélène Victoire Maget malgré l'opposition de ses enfants, et s'installe avec elle à Paris[4].

Activités minières[modifier | modifier le code]

En 1728, Noël Danycan investit dans la Compagnie des mines de Bretagne, aussi appelée compagnie de Pont-Péan, qui exploite une mine située à Pont-Péan, au sud de Rennes et des mines dans le Bourbonnais. Le 11 février 1730, il obtient la concession des mines de plomb de la région de Carhaix, avec la Compagnie des Mines de Basse-Bretagne. La société dispose d'un capital de 60 000 livres, jugé insuffisant. Elle est donc remaniée le 12 mars 1730.

Les travaux à Pont-Péan commencent à une quarantaine de mètres de la Seiche par une excavation où vont longtemps demeurer les deux puits de Bicêtre et du Chapelet[4]. Le site est confié à la direction d'un jeune membre de la famille, Thomas Harrington, seigneur de la Corderie, de la communauté irlandaise de Saint-Malo[5]. En 1732, la mine emploie 300 ouvriers, dont 80 au fond, jusqu'à 42 mètres de profondeur[6].

En 1740, devant les difficultés, la concession est mise en vente et la veuve de Danycan l'achète en 1746, malgré les difficultés à assécher les puits. Elle réussit cependant à reprendre l'extraction : des puits et des galeries sont creusés à partir de 1750, et des travaux pour détourner la rivière de la Seiche afin de l'éloigner de la mine sont réalisés, avec l'aide du financier Paris-Duverney, ce qui ne l'empêche pas de rencontrer des difficultés : en 1765 la concession est vendue à la Compagnie des Mines de Basse-Bretagne, qui a déjà renoncé à mettre en place la machine de Thomas Newcomen.

Propriétés foncières[modifier | modifier le code]

Glénac et Rieux dans la région de Redon

En 1697, pour 276 000 livres, il acquiert le château de la Forêt neuve à Glénac et la seigneurie de Rieux. La seigneurie inclurait notamment le droit de soule le lendemain de Noël à Béganne, Saint-Gorgon et Avessac et le droit d’amputation d’oreilles[7]. En 1704, le château de la Forêt neuve fait partie de la dot de Marie-Anne Guyonne Danycan de l’Épine lorsqu'elle se marie avec Charles Huchet de la Bédoyère, procureur au Parlement de Bretagne à Rennes.

La malouinière de la Verderie

On lui attribue la construction de la malouinière de la Verderie, à Saint-Servan à la fin du XVIIe siècle, représentative des premières malouinières. Il observait, dit-on, le retour de ses navires du haut de la tour. Bien que la demeure ait été remaniée au XVIIIe siècle (boiseries du rez-de-chaussée, ajout d'une extension couverte d'un toit à la Mansart), elle a conservé une partie de ses lambris-cloisons du XVIIe siècle. Le logis et le jardin sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Il est cité à de très nombreuses reprises dans le roman d'Alain Simiot, Ces messieurs de Saint-Malo, 1990.
  • Rue Danycan, à Saint-Malo
  • Impasse Noël Danycan, à Port-Louis (Morbihan)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Butel, Les Caraïbes au temps des flibustiers, Aubier Montaigne, Paris, 1982, 299 pp. (ISBN 2-7007-0287-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]