Niourk

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Niourk est un roman de science-fiction de l'écrivain français Stefan Wul, publié en 1957.

Argument[modifier | modifier le code]

Au XXVe siècle. Depuis une catastrophe écologique majeure, survenue environ cinq cents ans auparavant et qui a provoqué l'assèchement des océans, la Terre est redevenue une planète où les hommes vivent à nouveau à l'état primitif. Parmi ceux-ci, une tribu a élu domicile dans l'ancien Golfe du Mexique, aux abords du continent nord-américain. Le sorcier de la tribu, appelé Le Vieux, décide de se rendre à Santiago de Cuba, que les hommes considèrent comme le domaine des dieux. À son retour, l'unique enfant à la peau noire de la tribu devra être mis à mort. Cependant, au bout de plusieurs jours, le Vieux ne réapparaît pas. L'enfant noir décide alors de partir à sa recherche, loin de se douter que son périple va lui faire redécouvrir les vestiges de la civilisation du XXe siècle...

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Niourk, le second roman de Stefan Wul, parut en 1957 dans la collection « Anticipation » des éditions Fleuve Noir. Le récit est composé de cinq parties divisées en quarante-huit chapitres souvent très brefs (une page pour les plus courts). Les différentes parties du roman permettent à l'auteur de reprendre la narration à différents moments du temps du récit.

Le style de l'auteur, sobre et précis, et la relative simplicité de la narration font de Niourk un roman accessible à un public très large. Le roman est d'ailleurs paru dans des collections destinées aux adolescents.

Univers de Niourk[modifier | modifier le code]

Dans le monde de Niourk, la planète Terre devenue invivable a été abandonnée par sa population humaine au profit de Vénus. Quelques tribus barbares à l'état sauvage sont les seules formes de vie humaine. Les océans en majeure partie disparus ont fait apparaître des fûts de déchets nucléaires qui ont contaminé et fait muter des espèces marines comme les poulpes, décuplant leur intelligence animale. La civilisation humaine s'est arrêtée à un stade de développement avancé, dans un monde occidental terrestre très robotisé et entièrement automatisé.

Géographie de Niourk[modifier | modifier le code]

Si Stefan Wul situe son action dans un océan Atlantique asséché, dans un futur post-apocalyptique, il laisse cependant assez d'indices à son lecteur pour lui permettre de replacer les lieux sur une carte géographique :

  • Santiag de Cuba, la ville des dieux de la tribu de l'enfant noir, correspond à Santiago de Cuba ;
  • la rivière Huds du roman correspond au fleuve Hudson ;
  • et Niourk est la contraction déformée du mot New York.

Dans un monde où l'océan s'est asséché, la température a baissé et les plateaux continentaux forment de vastes montagnes enneigées.

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages importants de l'histoire :

  • L'Enfant noir, qui s'attribuera lui-même le nom de Alf, héros de l'histoire, adolescent noir d'une tribu barbare ;
  • Thôz, barbare, guerrier et chef de la tribu de l'enfant noir ;
  • Capt 4 ou Jax, capitaine androïde de la planète Vénus ;
  • Doc 1, médecin de bord androïde, originaire de la planète Vénus ;
  • Ing 3 ou Brig, ingénieur androïde, originaire de la planète Vénus ;
  • Bagh, barbare, guerrier de la tribu de l'enfant noir, chef en l'absence de Thôz ;
  • Le Vieux, sorcier et sage de la tribu de l'enfant noir.

Chronologie des évènements[modifier | modifier le code]

Sur une Terre ravagée par une apocalypse de nature inconnue ayant conduit à l'assèchement de tous les océans, une tribu survit en chassant des chiens sauvages et des jaguars, quelque part entre Cuba et la côte du continent nord-américain. Le Vieux, le sorcier de la tribu, s'apprête à rejoindre Santiag de Cuba, le domaine des dieux, mais annonce à la tribu qu'il faudra à son retour sacrifier le jeune enfant noir. La tribu attend avec impatience le retour du Vieux, mais celui-ci ne donne plus signe de vie. Le jeune enfant noir décide alors de monter seul à la ville des dieux pour le retrouver. Il découvre finalement son cadavre gelé dans la neige des rues de Santiag de Cuba (le Vieux s'est saoulé avec du rhum qu'il prenait pour une liqueur des dieux), mange sa cervelle par superstition afin d'acquérir sa sagesse et prend dans une ancienne armurerie une arme laser, dont il apprend à se servir pendant la descente. À son retour dans la plaine, un incendie a ravagé le village et les membres de la tribu sont tous partis. L'enfant noir décide alors de suivre leurs traces qui mènent vers le nord.

Lorsqu'il les retrouve enfin, les membres de la tribu, emmenés par Thôz leur chef, subissent les attaques de poulpes géants radioactifs. Après leur difficile victoire, les membres de la tribu survivent en mangeant les tentacules des cadavres caoutchouteux qui jonchent la plage. Accompagné d'un ours qu'il a réussi à apprivoiser en chemin, l'enfant noir sauve, grâce à son arme, les siens d'une nouvelle attaque, mange la cervelle des poulpes, et guide la tribu vers le nord, à la recherche de la ville de Niourk. Mais au bout de quelque temps, les membres de la tribu remarquent une forme de phosphorescence provenant de leurs intestins et finissent par mourir, gonflés d'hélium. L'enfant noir arrive seul devant les portes de la grande ville de Niourk.

La ville de Niourk impressionne beaucoup l'enfant noir par ses très hautes tours, sa gigantesque statue de femme et ses robots. L'enfant noir et son ours visitent les bâtiments déserts de la ville et entrent par hasard dans un laboratoire, libérant par mégarde des rats mutants affamés. L'enfant assiste impuissant à la mort de son ours, mais réussit à s'enfuir en dévalant la façade extérieure du bâtiment. L'enfant est alors récupéré et soigné par Doc 1 et Brig, deux androïdes vénusiens qui ont échoué sur la planète Terre à bord de leur astronef. Après son rétablissement, l'enfant noir prend conscience de son intelligence décuplée par la radioactivité et se met à lire tous les livres qu'il trouve à bord du vaisseau vénusien. Il finit par accumuler des connaissances très vastes qui lui permettent de se dédoubler psychiquement, de remettre en route les systèmes énergétiques de la ville de Niourk, de réparer l'astronef des Vénusiens et de donner vie à des clones des membres de sa tribu. L'enfant noir - qui s'est baptisé Alf en hommage à l'alphabet qui lui a permis d'acquérir toutes ses connaissances - finit par sortir la planète Terre de son orbite pour la placer au centre de l'univers, avec une simple petite étoile en orbite en guise de soleil. Alf confie la ville de Niourk aux clones de ses deux amis vénusiens repartis sur leur planète et retourne à « la seule vie qui vaille la peine d'être vécue », la vie rude et fruste de sa tribu dans la jungle.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Évolutions de l'espèce[modifier | modifier le code]

Stefan Wul propose dans Niourk deux visions concurrentes de l'évolution possible de l'espèce humaine.

La première concerne l'émigration des populations humaines vers Vénus qui s'est accompagnée d'une disparition de la reproduction humaine, considérée dès lors comme animale et primitive et remplacée par une forme de clonage donnant des êtres anthropoïdes asexués.

La seconde concerne l'évolution de l'enfant noir lui-même dont l'intelligence est décuplée par les radiations auxquelles il est soumis pendant tout son périple. Une fois guéri de leur effet nocif, l'enfant noir saisit toute l'étendue de son intelligence et passant du stade de l’homo sapiens à celui de l’homo multipotens, alors que les Vénusiens sont relégués par l'enfant noir au stade d’homo artificialis.

Classique de la science-fiction[modifier | modifier le code]

Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction dans les ouvrages de référence suivants[1] :

  • Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;
  • Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;
  • Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994 ;
  • Koro Young, Les grands de la science-fiction, Corose, 1994.

Critiques spécialisées[modifier | modifier le code]

  • Ronny L. Idels, HORIZONS DU FANTASTIQUE, no 5, 1969 ;

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Niourk de Stefan Wul a connu différentes éditions françaises :

Adaptation en bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Niourk T.1 : L'enfant noir, scénario et dessins Olivier Vatine, d'après le roman de Stefan Wul, éd. Ankama, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour consulter les listes complètes, voir le site Top des Tops.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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