Nina Paley
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Nina Carolyn Paley |
| Surnom |
Nina |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
Depuis |
| Père |
Hiram Paley (d) |
| Idéologie | |
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| Membre de |
QuestionCopyright.org (d) |
| Mouvement |
Opposition au copyright (en) |
| Site web |
(en) ninapaley.com |
| Distinction |
Sita chante le blues, Seder-Masochism, Nina's Adventures (d), The Hots (d) |
Nina Paley, née le à Urbana dans l'État de l'Illinois, est une dessinatrice et animatrice américaine.
Alors qu'elle est largement connue comme artiste et souvent en tant qu'auteur de Nina's Adventures, Fluff et The Hots, ses récentes productions sont du domaine de l'animation notamment Sita Sings the Blues (Sita chante le blues). Elle s'est également engagée pour l'art libre[1].
Biographie
[modifier | modifier le code]Nina Paley est la fille de Hiram et Jean Paley. Son père était professeur de mathématiques à l'université de l'Illinois et fut maire démocrate d'Urbana de 1973 à 1977[2]. Elle rentre à l'université de l'Illinois, où elle étudie l'art pendant deux ans. En 1988, elle part à Santa Cruz, où elle commence à écrire et à dessiner le comic strip Nina's Adventures. En 1991, elle part pour San Francisco. En 1995, elle commence à dessiner Fluff, un comic strip à propos d'un chat.
En 1998, elle s'essaye à l'animation[3] et, en 1999, fait le premier film sans caméra, Pandorama. En 2001, elle produit Fetch, un petit cartoon humoristique basé sur les illusions d'optique[4].
Elle enchaîne ensuite sur une série basée sur un sujet un peu plus controversé, la surpopulation. La « pièce centrale » de cette série est The Stork, dans lequel un territoire naturel et serein est bombardé jusqu'à la destruction par des cigognes lâchant des bébés comme des bombes, reprenant la métaphore de la Bombe P. Le film est un résumé du conflit entre l'augmentation de la population humaine et les dégâts environnementaux liés au niveau de vie adopté. Alors que le film de trois minutes et demie est conspué par certains spectateurs, il a un succès considérable dans les festivals, et a pour effet de lui ouvrir les portes de celui de Sundance en 2003.
En 2002, elle part en Inde, à Trivandrum, où son mari a trouvé un emploi. C'est lors d'un voyage professionnel à New York concernant sa troisième bande-dessinée, The Hots, que son mari la quitte. Elle part alors pour Brooklyn, New York. Ses problèmes personnels la font se plonger plus profondément dans le Ramayana, la légende indienne, et l'incitent à produire une courte animation qui combine un épisode du Ramayana avec un morceau de blues enregistrée en 1929 par Annette Hanshaw, Mean To Me[5].
Dès lors, elle ajoute des épisodes et d'autres éléments à ce travail, qui devient Sita chante le blues, et dont l'histoire est centrée sur la femme de Rāma, Sītā. Beaucoup d'épisodes sont présentés dans de récents festivals d'animation. Le long métrage final a remporté le Cristal (premier prix) au festival international du film d'animation d'Annecy et a été nommé au festival international du film de Berlin le [6].
Engagement pour l'art libre
[modifier | modifier le code]Nina Paley prend la décision d'embrasser la voie de l'art libre en proposant, fin 2008, la distribution de Sita chante le blues sous une licence libre Creative Commons[7]. Cette démarche lui confère, au sein de la communauté du logiciel libre, une certaine popularité qui sera couronnée au printemps 2010 par une interview publiée par la Free Software Foundation[8]. Son succès apparaît alors aux yeux de cette communauté comme un symbole de lutte contre la « gestion des restrictions numériques ».
Elle milite depuis 2010 pour un mouvement de la culture libre identique à celui dont il est issu[9], et dont la gouvernance repose sur des règles juridiques strictes. C'est dans cette démarche qu'elle dénonce certains facteurs « privateurs de liberté » des licences Creative Commons[note 1] à l'occasion de la conférence de l'Open Knowledge Foundation organisée à Berlin en [10]. Elle prône à cette occasion le lancement d'un mouvement fondé sur des « principes » non négociables dans leur capacité de protéger la construction communautaire, plaçant par la-même l'œuvre au niveau du logiciel, en souhaitant le rassemblement pour que les artistes puissent bénéficier des mêmes libertés que les programmeurs.

Nina Paley a notamment imaginé le symbole Copyheart ♡ pour remplacer le Copyright ©, accompagné du slogan "♡ Copying is an act of love. Please copy and share.", littéralement traduit "La copie est un acte d'amour. S'il-vous-plaît, copiez et partagez"[11]. Pour communiquer sur cet engagement, elle a dessiné plusieurs strips avec ses personnages Mimi et Eunice[12], et a créé le site copyheart.org[13] et le slogan et le court-métrage animé Copier n'est pas voler[14].
En , Nina Paley modifie la licence de son film Sita chante le blues (à l'origine placé sous licence libre Creative Commons CC-SA) en plaçant celui-ci sous licence libre CC-0 « Public Domain »[15].
Féminisme
[modifier | modifier le code]Nina Paley se rattache au courant féministe critique du genre et publie souvent sur le sujet sur son blog et les réseaux sociaux[16]. En , une projection de Seder-Masochism à Champaign dans l'Illinois a été contestée par des militants pour les droits des personnes transgenres en raison de ses commentaires en ligne[17]. Nina Paley a signé une lettre ouverte publiée par le Sunday Times défendant J. K. Rowling contre les critiques de transphobie[18],[19].
Dans une interview accordée au podcast Feminist Current, elle a déclaré que lorsqu'elle fait référence à des personnes transgenres, elle n'utilise pas nécessairement les pronoms que la personne utilise[20]. Elle a déclaré : « Si un homme utilise le pronom "elle"... je suis convaincue qu'il est libre de s'identifier comme il le souhaite. Mais nous sommes également tous libres d'identifier les choses comme nous les percevons. »
Nina Paley est coanimatrice du podcast critique sur le genre, Heterodorx[21].
Filmographie
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- 1998 : Cancer
- 1998 : Luv Is...
- 1998 : I (heart) My Cat
- 2000 : Pandorama (également connu sous le titre IMAX)
- 2001 : FETCH! (2001)
- 2002 : The Stork (2002)
- 2002 : Goddess of Fertility (2002)
- 2002 : Fertco (2002)
- 2002 : The Wit and Wisdom of Cancer (2002)
- 2003-2008 : Sita chante le blues (Sita Sings the Blues) (2003-2008)
- 2012 : This Land Is Mine - A brief history of the land called Israel/Palestine/Canaan/the Levant (court-métrage)
- 2014 : Le Prophète - segment On Children
- 2018 : Seder-Masochism
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ En stigmatisant notamment certaines clauses des licences Creative Commons qui interdisent la réalisation d'œuvres dérivées (par la clause -ND, de l'anglais « No Derivatives »), ou leur commercialisation (avec la clause -NC, de l'anglais « Non-Commercial »).
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Nina Paley, « My official position on copyright », sur ninapaley.com, (consulté le )
- ↑ (en) @ilpublicmedia, « Former Urbana Mayor Hiram Paley Dies », sur Illinois Public Media, (consulté le )
- ↑ accessed Voir sur ninapaley.com. Feb. 2, 2007.
- ↑ Voir sur speculist.com (consulté : Feb. 8, 2007).
- ↑ Voir sur flashgoddess.com (consulté : Feb. 8, 2007).
- ↑ Voir sur cinemaartscentre.org (consulté : Feb. 8, 2007).
- ↑ (en) Nina Paley, « Sita’s Distribution Plan », sur ninapaley.com, (consulté le )
- ↑ (en) FSF Bulletins — Free Software Foundation, « Interview: Nina Paley, by Adrin Yanes Martnez, DRM Elimination Crew », [PDF].
- ↑ (en) « This is Larry Lessig... », fsf.org, 24 décembre 2009.
- ↑ (en) Nina Paley, « RANTIFESTO », sur ninapaley.com, (consulté le )
- ↑ calimaq, « Copyheart : un amour de licence libre », sur - S.I.Lex -, (consulté le )
- ↑ « About « Mimi and Eunice », sur mimiandeunice.com (consulté le )
- ↑ « Copyheart.org », sur copyheart.org (consulté le )
- ↑ (en) Keith Parkins, « Copying is an act of love », sur Light on a Dark Mountain, (consulté le )
- ↑ (en) Nina Paley, « Ahimsa: Sita Sings the Blues now CC-0 “Public Domain” », sur ninapaley.com, (consulté le )
- ↑ (en) Reuben Baron, « Cartoon Controversies: 10 Times Fans Were Wrong (And 10 Times Creators Were Wrong) », sur CBR, (consulté le )
- ↑ (en) « Jim Dey | Furor over gender issues puts Urbana artist's film in crosshairs », sur The News-Gazette, (consulté le )
- ↑ (en) Nicholas Hellen, « Literati rally to JK Rowling’s defence in row over Cormoran Strike book », sur www.thetimes.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Ian McEwan among figures to sign open letter defending JK Rowling from 'hate speech' », sur The Independent, (consulté le )
- ↑ Katherine M. Acosta, « Interview: Nina Paley on Seder-Masochism, censorship, and her fight for a free culture », sur www.feministcurrent.com,
- ↑ (en) Corinna Cohn, « Heterodorx Podcast | Corinna Cohn | Substack », sur heterodorx.substack.com (consulté le )
Autres sources
[modifier | modifier le code]Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Olivier Cotte, Le Grand Livre des techniques du cinéma d’animation, Paris, Dunod, , 360 p. (ISBN 978-2-10-077778-5), « Les coulisses de Sita chante le blues (Sita Sings the Blues) »
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à la bande dessinée :
- Ressource relative à la musique :
- (en) Site officiel
- Site du film Sita chante le blues