Niedernai

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Niedernai
Niedernai
Mairie de Niedernai.
Blason de Niedernai
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Sainte-Odile
Maire
Mandat
Valérie Ruscher
2020-2026
Code postal 67210
Code commune 67329
Démographie
Gentilé Niedernois(es)
Population
municipale
1 268 hab. (2019 en augmentation de 6,11 % par rapport à 2013)
Densité 112 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 54″ nord, 7° 31′ 01″ est
Altitude Min. 152 m
Max. 182 m
Superficie 11,33 km2
Type Commune urbaine
Aire d'attraction Strasbourg (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Obernai
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Niedernai
Liens
Site web www.niedernai.fr

Niedernai (Niederehnheim en allemand) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Entrée du village de Niedernai.
L'Ehn, le ruisseau traversant le village de Niedernai.

Niedernai se trouve dans le canton d'Obernai et l'arrondissement de Sélestat-Erstein. Les habitants sont appelés les Niedernois.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Nidernai
Obernai Meistratzheim
Bernardswiller Nidernai
Goxwiller Valff

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Niderrehnheim, 1050 ;
  • Praedium Ahenaim, XIe siècle.

Voir Obernai.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Niedernai est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 268 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,2 %), prairies (13,1 %), zones agricoles hétérogènes (7,7 %), forêts (6,2 %), zones urbanisées (4,7 %), cultures permanentes (4,1 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

La préhistoire[modifier | modifier le code]

Ancien puits.
Calvaire.
Maison à colombages.
Maisons à colombages.

La première occupation du site remonte à 5000 ans avant Jésus Christ : des objets lithiques, des ossements d'animaux, des tessons de poterie, un fond de cabane et des tumuli ont été mis au jour en 1860 lors de fouilles. Des peuples celtes, romains, puis mérovingiens se succèdent sur le territoire de la commune. Ancienne voie militaire, les Romains avaient fait de ce lieu l'un de leurs établissements. Des monnaies romaines et une brique portant le chiffre de la 8e légion y ont été déterrées. Les Romains ont dû trouver en ces lieux un centre de population qu'ils relièrent par la route militaire qui, partant d'Argentorat (Strasbourg), rejoignait le penchant des montagnes et servait pour le transport de leurs troupes. En parcourant la forêt qui s'étend au sud-est du village, on rencontre trois tumuli. Du côté de l'Ettenhoelzel, il en existe trois autres d'une élévation plus grande encore.

Le couvent bénédictin de Feldkirch[modifier | modifier le code]

Le domaine de Niedernai appartient dès 706 aux bénédictins de Moyenmoutier (Vosges). La cour de Feldkirch fait partie des propriétés que l'abbaye de Moyenmoutier possède en Alsace, qu'une femme noble, Theudelinde[8], a cédé après avoir renoncé à la vie conjugale. Vers environ 707-757, l'abbé Regimbert fait construire une église sur le domaine de Niedernai. À cette époque, les Etichonides sont à leur apogée. Après le Xe siècle, un couvent de bénédictins s'installe au lieu-dit de Feldkirch (Velkiercheim, 1114). L'église est dédiée à saint Maximin. Plus tard, vers le XIIIe siècle, les Landsberg deviennent protecteurs du couvent de Niedernai. Pendant la guerre des Paysans, le couvent de Feldkirch est ravagé par les paysans avec à sa tête la « bande de Truttenhausen ». Le couvent est finalement démoli en 1842. Lors de la construction de la voie rapide A35, une partie de l'ancien prieuré bénédictin a été mis au jour. Des sarcophages ont été découverts qui ont été regroupés dans un jardin lapidaire.

Un fief de la famille des Landsberg[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIIe siècle, les Landsberg, vassaux des Hohenstaufen, s'installent dans le village et construisent un fort vers 1203. En 1230, ils deviennent les avoués de Feldkirch et se mettent en 1284 au service de l'évêque de Strasbourg qui leur cède Niedernai et Meistratzheim. En 1434, Niedernai accède au statut de ville, ce qui lui permet de se fortifier et d'avoir un marché hebdomadaire. En 1572, les Landsberg se convertissent au protestantisme et le resteront jusqu'en 1741.

Le château[modifier | modifier le code]

Les Landsberg font construire un château pour fortifier la ville et le faubourg. Le cours d'eau de l'Ehn va servir à remplir les fossés qui entourent les trois tours. À partir de 1424, la ville a un marché hebdomadaire. En 1806, par le mariage de Charlotte Christine de Landsberg avec Guillaume Jacques Maximilien Frédéric de Reinach-Werth (issu des Reinach-Hirtzbach), le château passe aux mains de cette famille. Plus tard, en 1899, le château passera à une nouvelle famille par le mariage de Josèphe Maximilienne Marie (dite Maia) de Reinach-Werth et de Joseph Louis Marie Anne Le Pays du Teilleul.

Les pillages et invasions[modifier | modifier le code]

En 1439, Niedernai est envahie par les Armagnacs. Les Strasbourgeois en signe de représailles incendient le bourg, reprochant aux habitants de ne pas avoir assez résisté aux Armagnacs et d'avoir ainsi facilité l'entrée de leurs troupes dans le village. En 1444, c'est le Dauphin (devenu depuis Louis XI) qui s'empare de Niedernai mais il est chassé par les Strasbourgeois. En 1525, le village est rançonné pendant la guerre des Paysans. Le village est à nouveau occupé en 1592 durant la guerre des Évêques.

Guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Trente Ans, Niedernai est souvent saccagée. Au cours de ce conflit, les Suédois pillent la cité en 1622 et la détruisent en 1636.

Condamnations pour sorcellerie[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le « Tribunal des maléfices » siège au château et près d'une centaine de personnes sont condamnées pour sorcellerie à Niedernai et dans ses environs.

Louis XIV installe un directoire de la Basse Alsace[modifier | modifier le code]

En décembre 1681, la noblesse de la Basse Alsace prête serment de fidélité à la France. Louis XIV installe au château le directoire de la noblesse de Basse Alsace : il y demeure jusqu'en 1682, date de son retour à Strasbourg. Le 28 mai 1777, les préposés et délégués des communautés juives, rabbinat de la noblesse de Basse Alsace, siègent à Niedernai pour rédiger le protocole de la Nation juive.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

La Révolution éclate un peu partout en France. Niedernai n'échappe pas à la tourmente révolutionnaire. Les Landsberg n'ayant plus d'héritier direct, la possession du château va passer par mariage aux barons de Reinach-Werth. Cette famille va fortement s'impliquer dans la commune. Trois membres de cette famille vont devenir maires de la commune entre 1872 et 1869. Ils seront également hommes politiques (sénateurs, préfet, conseillers généraux ou militaires).

Le déclin[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle, les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. On assiste à des famines. Plus tard, le déclin industriel provoque une baisse très sensible de la population. Le reste de la population s'installe le plus près possible des lieux de travail.

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Niedernai

Les armes de Niedernai se blasonnent ainsi :
« Coupé : au premier de sinople à la montagne de six coupeaux d'or, mouvant de la pointe, au second d'argent plain. »[9].


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1870 1873 Maximilien Reinach-Werth[10]   Militaire. Devient préfet du Jura en 1873
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Patrick Douniau[11] « Réussir Ensemble à Niedernai » Cadre dans l'industrie
2009 mai 2020 Jeanine Schmitt « Réussir Ensemble à Niedernai » Professeur agrégé d'histoire-géographie
mai 2020 En cours Valérie Ruscher [12]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14].

En 2019, la commune comptait 1 268 habitants[Note 3], en augmentation de 6,11 % par rapport à 2013 (Bas-Rhin : +2,76 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2101 2991 2501 2271 3161 3261 3461 3501 393
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 3371 3531 3031 2351 1411 108960948905
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
868858811704678674661648641
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
6366907998139421 2381 2431 2441 207
2017 2019 - - - - - - -
1 2701 268-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Maximin (fin XIXe siècle)
En 1785, l'église du couvent de Feldkirch est détruit par un violent orage. Les habitants utilisent alors l'ancienne chapelle castrale des Landsberg pour le service religieux. L'ancienne chapelle a depuis été reconvertie en école primaire Sainte-Barbe. En 1891 une nouvelle église est reconstruite qui sera consacrée le par monseigneur Charles Marbach, évêque auxiliaire de Strasbourg. En , les cloches seront démontées par l'armée allemande pour être fondues. En 1923, l'église retrouvera de nouvelles cloches.
À l'intérieur : un baptistère (1884) seul objet ayant pu être sauvé lors de l'incendie de l'ancienne église de Feldkirch en 1785 ; ainsi qu'un reliquaire (XVIIIe siècle) contenant une main argentée est exposée dans l'église. Il contient des reliques de sainte Barbe et saint Maximin.

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  • Mairie du XVIIe siècle
  • Domaine fortifié des Landsberg (1434)
Le domaine du château comprend un donjon, une chapelle gothique, un manoir Renaissance et une maison néo-Renaissance. Les Landsberg occupent le premier fort, édifié sur une motte de 5,65 mètres d'altitude, ceint de remparts et dont les fossés sont alimentés par un canal de dérivation de l'Ehn, le Stadelbach. Le manoir est modifié et agrandi aux XVIIIe et XIXe siècles. La maison est réaménagée au XIXe siècle ; seuls en subsistent la façade du pignon à escalier et la tour du nid de cigogne datant du XVe siècle. Au XIXe siècle, des travaux sont entrepris pour modifier le couronnement du donjon. Le manoir sert de caserne et d'hôpital pendant la Deuxième Guerre mondiale.
  • Tour de guet (1439)
La tour de guet, dite aussi Glockenturm est une ancienne tour flanquante de l'enceinte urbaine. Elle présente un appareillage grossier ainsi qu'un chaînage d'angle à bossage et à large liséré. Ses meurtrières sont adaptées pour le tir au canon. Cette tour de guet se trouve actuellement à l'intérieur du cimetière.
  • Ancienne chapelle Sainte-Barbe (1741)
  • Ancien moulin (XVIIe siècle)
  • Hangar à tabac
  • Corps de garde

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française) », sur insee.fr (consulté le ).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. Theudelinde est qualifiée de dame noble (illustris madona). Avec l'autorisation de son mari Ricpert ou Rupert, elle renonce à poursuivre sa vie conjugale pour rentrer dans les ordres. En 746, la religieuse Theudelinde fait à l'abbaye de Wissembourg une donation située à Lortzheim, village aujourd'hui disparu près de Schwindratzheim.
  9. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le ).
  10. « REINACH-WERTH, Maximilien Benoît Félix baron de », sur Archives nationales (consulté le ).
  11. [PDF]« Liste des maires du Bas-Rhin au 1er avril 2008 », sur www.bas-rhin.pref.gouv.fr, (consulté le ).
  12. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.