Nicole de La Chesnaye

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Condamnation de Banquet, tapisserie de Tournai, XVIe, présentée au Musée lorrain.
Repas de Banquet.

Nicole [ou Nicolas] de La Chesnaye est un écrivain français de la fin du XVe siècle, auteur de plusieurs textes en prose et en vers.

Présentation[modifier | modifier le code]

La Condamnation de Banquet est une moralité de 3644 vers, avec 38 personnages, composée probablement autour de 1500, et transmise par une édition imprimée de 1507, dans un recueil comprenant trois textes et intitulé La Nef de santé, avec le Gouvernail du corps humain et la condamnacion des bancquetz a la louenge de diepte et sobrieté[1]. Il existe également deux manuscrits de cette moralité - sans nom d'auteur. L'attribution à Nicole de La Chesnaye a été mise en doute par Jelle Koopmans en 2005.

On attribue également à cet auteur un quatrième texte, rédigé en vers, le Traité des passions de l'âme.

La Condamnation de Banquet, une moralité "hygiéniste", a pour objectif de prévenir le spectateur contre la gloutonnerie et l’ivrognerie, tant sur le plan moral, mais aussi, ce qui est plus original, en donnant une leçon d’hygiène et de diététique. Elle met en scène des personnages allégoriques : sept joyeux compagnons, nommés Bonne-Compagnie, Gourmandise, Friandise, Passetemps, Je-bois-à-vous, Je-plaige-d'autant et Accoutumance, sont invités par Dîner, Souper et Banquet. Le premier repas a lieu chez Dîner, et les convives font honneur à une table bien servie. Mais tandis qu'ils mangent, Souper et Banquet les épient, et, jaloux, décident de se venger. Souper fait venir chez lui les maladies : Apoplexie, Paralysie, Épilepsie, Pleurésie, Colique, Esquinancie, Hydropisie, Jaunisse, Gravelle, Goutte et Apoplexie. Quand Bonne-Compagnie et ses amis font leur second puis leur troisième repas, les maladies viennent assaillir les convives. Il en résulte quatre morts : Je-bois-à-vous, Je-plaige, Friandise et Gourmandise. Les trois autres réussissent à s'enfuir et vont se plaindre à Expérience. Arrêtés, Souper et Banquet sont jugés par Expérience qui est conseillée par Hippocrate, Galien, Avicenne et Averroès. Le jugement est prononcé ; Remède proclame la sentence : Banquet est pendu. Dîner et à Souper, considérés comme indispensables pour se nourrir sont épargnés, mais à condition qu'ils mettront toujours six heures d'intervalle entre eux.

Ce texte est le sujet de deux tapisseries du XVIe siècle : l’une conservée au musée-château de Villevêque[2] ; une autre en cinq pièces au Musée Lorrain de Nancy (ateliers de Jean Grenier, 1505 ou 1511).

En 1593, le Lucernois Renward Cysat traduit et adapte la moralité dans sa 'tragicocomedi' Convivii Process (21 actes, 9000 vers) et il relie l'original dont il s'est servi en un volume avec son texte.

La Condamnation de Banquet a fait l’objet en 1913 d’une adaptation par Roger Sémichon sous le titre : La Mort de Souper. Moralité en un acte d'après « La Condamnation de Banquet » de Nicole de La Chesnaye (XVIe siècle)[3]. Cette adaptation a été mise en scène par Charles Dullin à Paris au Théâtre de l'Atelier en 1922-1923. Antonin Artaud y jouait le rôle d’Apoplexie[4].

Édition[modifier | modifier le code]

  • Recueil De Farces, Soties Et Moralités Du XVe Siècle, éd. critique par P.-L. Jacob (Paul Lacroix), Paris, 1859 (rééd. en 2010)
  • La Condamnation de banquet : Nicolas de La Chesnaye, éd. critique par Jelle Koopmans et Paul Verhuyck, Genève, Droz, 1991
  • Spiegel des vberflüsses vnd missbruchs. Renward Cysats "Convivii Process". Kommentierte Erstausgabe der Tragicocomedi von 1593, par Heidy Greco-Kaufmann, Zürich, Chronos, 2001

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Marot, « Nicole de La Chesnaye, auteur de la “Condamnation de Banquet“ », dans Recueil de travaux offerts à Clovis Brunel, Paris, 1955, t. 2, p. 223-237.
  • M. Parfodry, « La Condamnation de Banquet, moralité médiévale, et son auteur, Nicole de La Chesnaye », dans Hommage au professeur Maurice Delbouille, éd. Jeanne Wathelet-Willem, Liège, 1973, p. 251-258.
  • Philippe Ménard, « Les tapisseries de Nancy et la "Condamnation de Banquet" », dans Lorraine vivante. Hommage à J. Lanher, Nancy, 1992, p. 137-161.
  • Jelle Koopmans, « La fin de Banquet », Mainte belle œuvre faite. Etudes sur le théâtre médiéval offertes à Graham A. Runnalls. Textes réunis par Denis Hüe, MArio Longtin, Lynette Muir, Orléans, Paradigme 2005 p. 251-264
  • Hugues Sheeren, "Etude dramaturgique d'une moralité du début du XVIe siècle : La condamnacion de Bancquet de Nicolas de la Chesnaye". Mèmoire de fin d'études, Université de Liège, 1997.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paris, Antoine Vérard, 1507, in-4° ; rééd. en 1511 par Michel Le Noir. Le premier texte de ce recueil, anonyme et en prose, La Nef de santé, est parfois attribué à Nicole de La Chesnaye.
  2. La tapisserie des musées d'Angers montre l’attaque des maladies dans la salle de festin
  3. Paris, Floury, 1913, in-4°, tirage de 110 exemplaires.
  4. Monique Surel-Tupin, Charles Dullin : thèse présentée devant l'Université de Paris III le 27 juin 1979, Presses Universitaires de Bordeaux, 1984, p. 776-777.

Liens externes[modifier | modifier le code]