Nicolas Morard

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Nicolas Morard
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Nicolas Morard, né à Fribourg le , est un historien médiéviste et archiviste suisse, de langue française, connu pour ses travaux sur l'histoire économique et sociale du Moyen Âge. Leur intérêt repose essentiellement sur les dépouillements de documents originaux inédits. Le chapitre de synthèse consacré à « l'heure de la puissance » dans la Nouvelle histoire de la Suisse et des Suisses (1982) a marqué l'historiographie de la Confédération à la fin du Moyen Âge[1], tout comme ses travaux d'histoire monétaire et ses recherches tendant à démontrer l'origine récente (XVIIe siècle) du fromage de Gruyère[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études en sciences économiques à l'université de Fribourg et une thèse de doctorat sous la direction du professeur Jean Valarché, il y poursuit des études d'histoire sous la direction du professeur Roland Ruffieux. Le 1er août 1963, il entre au service des archives cantonales du canton de Fribourg, dont il devient directeur l'année suivante ; il occupera ce poste jusqu'en 1998[3].

Nicolas Morard a principalement orienté ses recherches sur l'étude des documents originaux qu'il avait à conserver, à interpréter et à mettre en valeur de par ses fonctions d'archiviste cantonal.

Bien que l'essentiel de sa carrière se soit développé en marge des milieux universitaires, il a entretenu des liens étroits de collaboration avec plusieurs de ses représentants, mais aussi avec un cercle érudit plus large. Il a établi, avec Marcel Strub(+1969)[4] le catalogue des Monnaies de Fribourg (1969).

En 1980, il a été lauréat du prix Duchalais, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres sur proposition de M. Robert-Henri Bauthier, professeur à l'École nationale des chartes et membre de cette Académie[5].

Il a été invité à plusieurs reprises à présenter le fruit de ses travaux dans le cadre de séminaires universitaires des professeurs Jean-François Bergier, Anne-Marie Puiz, Paul Bairoch (université de Genève, chaire d'histoire économique), Jean-François Poudret (université de Lausanne, chaire d'histoire du droit) et Agostino Paravicini Bagliani (université de Lausanne, chaire d'histoire médiévale), Franticek Grauss (université de Bâle). Il a été un temps chargé d'enseignement à l'université de Fribourg (Institut du journalisme).

Nicolas Morard a été membre de la "Société d'histoire de la Suisse romande" qu'il a présidée pendant un mandat, membre et président de la "Société d'histoire du canton de Fribourg" dont il a marqué, avec Roland Ruffieux et Jean Dubas, la période des années 1957-1992[6].

Il a également fait partie du comité scientifique du Glossaire des patois romands[7].

Travaux et recherches[modifier | modifier le code]

Les recherches publiées concernent principalement l'histoire de la Suisse romande et plus spécialement de la ville et du canton de Fribourg, du comté de Gruyère, de la formation de leur territoire et de leur vie économique et sociale. Elles s'étendent du XIIe siècle jusqu'à l'époque contemporaine mais concernent principalement la fin du Moyen Âge. L'essentiel de la documentation exploitée provient des archives cantonales de Fribourg et des cantons voisins, principalement de la transcription de très nombreuses chartes et documents inédits dont l'édition est en préparation[8].

La méthode suivie consiste principalement dans l'édition et l'analyse de sources inédites, dépouillées de façon suivie tout au long d'une carrière et valorisées par des publications touchant aussi bien le monde scientifique que le grand public toujours intéressé par l'histoire locale. Le croisement des approches (histoire économique, de la formation du territoire, institutionnelle, monétaire, politique), le défrichement cohérent et quasi systématique des archives médiévales de tout type (chartes, registres comptables, etc.) incite aujourd'hui des équipes de chercheurs étrangers à choisir la Gruyère pour approfondir et poursuivre des recherches interdisciplinaires ; l'historien devient à son tour objet d'histoire[9].

Éditions et analyses de corpus de sources[modifier | modifier le code]

  • « Les chartes de la châtellenie de Rue au XIVe siècle », Annales fribourgeoises, tome 51 (1971-1972), p. 3-112.
  • Inventaire analytique des chartes de l'abbaye de Humilimont (1148-1350), Fribourg, Archives de l'État, dactyl., 129 p. [inventaire dactylographié consultable aux Archives de l'État de Fribourg]

Condition des personnes et démographie historique[modifier | modifier le code]

  • « Les registres de la paroisse de Broc », Annales fribourgeoises, 46 (1964), p. 17-31.
  • « Un document inédit sur la seigneurie foncière au Pays de Vaud : l’extenta nova de Palézieux (1337) », Revue d'histoire vaudoise (1974), p. 27-63.
  • « Servage ou dépendance au pays de Vaud ? A propos d’un ouvrage récent », Revue suisse d'histoire 25 (1975), p. 1-36.
  • « Servage et manumissions dans le canton de Fribourg à la fin du Moyen Âge (XIVe – XVe siècles), dans Mémoires de la Société pour l’histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands [Dijon], 28 fasc. (1967), p. 89-140.
  • « Une charité bien ordonnée : la confrérie du Saint-Esprit à Fribourg à la fin du Moyen Âge (XIVe – XVe siècles), dans Le mouvement confraternel au Moyen Âge : France, Italie, Suisse. Actes de la table ronde organisée par l’Université de Lausanne avec le concours de l’École française de Rome et de l’Unité associée 1011 du CNRS « L’institution ecclésiale à la fin du Moyen Âge », Lausanne 9-11 mai 1985, Rome, École française de Rome, 1987, p. 275-296.
  • « La dépendance des ruraux », dans Les Pays romands au Moyen Âge, éd. Agostino PARAVICINI-BAGLIANI, Jean-Pierre FELBER, Jean-Daniel MOREROD, Véronique PASCHE, Lausanne, Payot-Lausanne, 1997, p. 301-314.
  • « La population d’une châtellenie savoyarde à la fin du Moyen Âge : Rue et son arrière-pays », dans Rue : de la villette savoyarde à la commune fribourgeoise, Cahier spécial de la revue ‘Pro Fribourg’ [Fribourg-CH], n° 122 (1999), p. 47-66.
  • «Servitudes coutumières et statut personnel dans le comté de Gruyère (XIIIe-XVe siècles) », dans A cheval entre histoire et droit. Mélanges offerts à Jean-François Poudret, éd. Eva Maier, Antoine Rochat, Denis Tappy, Lausanne, 1999 (Bibliothèque historique vaudoise 115), p. 93-108.
  • « Métiers, richesses, pouvoirs. Fribourg instantané : un rôle de taille inédit (1478) », Annales fribourgeoises 65 (2002-2003), p. 11-112.
  • «Le sort des ruraux attirés par les villes : mainmorte et liberté réelle à Fribourg (Suisse) (XIIIe-XIVe siècles) », Mémoires de la Société pour l'histoire du droit..., 63 (2006), p. 140-179.
  • «La population (XIVe-XXe siècles). Un dynamisme constant», dans La Gruyère dans le miroir de son patrimoine, 5 vol., dir. Christophe Mauron, Isabelle Raboud-Schülé, Genève, 2012, ici t. 2 : Entre ville et campagne, p. 125-129 (Premier aperçu chiffré, reposant sur l'étude de sources de première main).
  • «L'emprise des seigneurs. Servitude et liberté en Pays de Gruyère au Moyen Âge», dans La Gruyère dans le miroir de son patrimoine, 5 vol., dir. Christophe Mauron, Isabelle Raboud-Schülé, Genève, 2012, ici t. 3 : Pouvoir et territoire, p. 18-21.
  • «Le testament de Girard Chalamala», dans La Gruyère dans le miroir de son patrimoine, 5 vol., dir. Christophe Mauron, Isabelle Raboud-Schülé, Genève, 2012, ici t. 3 : Pouvoir et territoire, p. 27.

Économie alpestre[modifier | modifier le code]

  • « A propos de l'élevage bovin dans les Préalpes fribourgeoises à la fin du Moyen Âge : prairie et pâturages, deux réalités distinctes et complémentaires », dans Atti della undicesima settimana di studio (25-30 aprile 1979), Prato (Italie), Istituto internationale di storia economica F. Datini, Prato, 1984, p. 363-387.
  • « L’élevage dans les Préalpes fribourgeoises : des ovins aux bovins (1350-1550), dans Elevage et vie pastorale dans les montagnes de l’Europe au Moyen Âge et à l’époque moderne, Actes du colloque international, Clermont, Juin 1982, Clermont-Ferrand, Institut d’Études du Massif Central, 1984 (Publications de l’Institut d’Etudes du Massif Central, 27), p. 15-26 [reprise abrégée de l'article précédent].
  • « Les premières enclosures dans le canton de Fribourg à la fin du Moyen Âge et les progrès de l’individualisme agraire », Revue suisse d'histoire 21 (1971), p. 249-281.
  • « Origine et développement de l’économie alpestre en Gruyère », dans Le patrimoine alpestre de la Gruyère, Bulle (CH), Journée du patrimoine alpestre de la Gruyère 1991, 1992, p. 7-15.
  • « Le fromage de Gruyère : une invention récente », dans La civilisation du Gruyère, Cahiers du Musée gruérien - Revue d’histoire régionale, s. l. [Bulle], s. d. [1998], p. 25-32.
  • «Une société en mutation. Gruyère et Préalpes à la fin du Moyen Âge», dans La Gruyère dans le miroir de son patrimoine, 5 vol., dir. Christophe Mauron, Isabelle Raboud-Schülé, Genève, 2012, ici t. 1 : Des armaillis et des ouvriers, p. 10-23 (Mise au point sur l'origine du fromage de Gruyère et la transformation agro-pastorale qui l'a permise).

Organisation du territoire[modifier | modifier le code]

  • « Fribourg au Moyen Âge : la formation d’un territoire (1157-1555) », dans Encyclopédie du canton de Fribourg, dir. Roland Ruffieux, t. 1, Fribourg (CH), 1977, p. ?
  • « Les investissements bourgeois dans le plat pays autour de Fribourg de 1250 à 1350 », dans Fribourg : ville et territoire. Aspects politiques, sociaux et culturels de la relation ville-campagne depuis le Bas Moyen Age, éd. G. Gaudard, C. Pfaff, R. Ruffieux, Fribourg (CH), 1981, p. 89-104.
  • « La formation du canton de Fribourg : contrainte et liberté », dans La formation territoriale des cantons romands, 1989 (Mémoires et documents publiés par la Société d’histoire de la Suisse romande, 3e s., 17), p. 1-15.
  • « Esquisse pour un paysage », dans La Maison de Savoie en pays de Vaud, Bernard ANDENMATTEN et Daniel de RAEMY dir., Payot, Lausanne, 1990, p. 115-118.
  • « Fribourg : la mise en valeur d’un ‘pays neuf’ », dans L’identité du canton de Fribourg à travers son historiographie : Actes de la journée scientifique organisée le 24 novembre 1990 pour célébrer le 150e anniversaire de la Société du canton de Fribourg, Annales fribourgeoises 59 (1990/1991), p. 35-54, avec en annexe : I Liste chronologique des paroisses du canton de Fribourg ; II Liste des paroisses du canton de Fribourg (1957) A. Paroisses comprenant une seule commune, B. Paroisses comprenant 2 communes, C. Paroisse comprenant plus de 2 communes].
  • « Esquisse pour un paysage rural : le Plateau », dans Les Pays romands au Moyen Âge, éd. Agostino PARAVICINI-BAGLIANI, Jean-Pierre FELBER, Jean-Daniel MOREROD, Véronique PASCHE, Lausanne, 1997, p. 83-86.
  • « Une transalpine fribourgeoise au Moyen Âge », dans Paysages découverts, GREAT 3, pages ?
  • « Le territoire fribourgeois au cap du XVIe siècle : de la commune à l’État », dans Fribourg au temps de Fries : urbanisme, culture, politique et religion, Fribourg (CH), Méandres, 2002(Musée d’art et d’histoire, Fribourg), p. 9-14.
  • « Clio n'a pas d'odorat : confort domestique et tout-à-l'égout à Fribourg au XVe siècle », dans Clio dans tous ses états : en hommage à Georges Andrey, Genève, 2009, p. 71-92.

Histoire économique[modifier | modifier le code]

  • Fonctionnement et perspectives de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, Fribourg, éditions universitaires, 1962 (Cahiers de l'Institut des sciences économiques et sociales de l'université de Fribourg Suisse, 10), 233 pages. (recension André MARCHAL, "Morard (Nicolas), Fonctionnement et perspectives de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier", Revue économique, t. 15, n°3, 1964. p. 479..)
  • « Une réussite éphémère : l’économie fribourgeoise aux XIVe et XVe siècles », dans Histoire du canton de Fribourg, chap. VII, Fribourg (CH), 1981, p. 242-283.
  • « Les investissements bourgeois dans le plat pays autour de Fribourg de 1250 à 1350 », dans Fribourg : ville et territoire. Aspects politiques, sociaux et culturels de la relation ville-campagne depuis le Bas Moyen Age, éd. G. Gaudard, C. Pfaff, R. Ruffieux, Fribourg (CH), 1981, p. 89-104.
  • «L’évolution des prix de quelques denrées alimentaires à Fribourg au 18e siècle », Annales fribourgeoises, 1965-1966, p. 57-110.
  • «La métallurgie du fer à Fribourg aux XIVe et XVe s.», dans L'Abbaye des Maréchaux: Fribourg 1385-1985, Fribourg, 1984, p. 61-78.
  • « L’assolement triennal à Fribourg aux 14e et 15e siècles : innovations et tradition », dans Paysages découverts, Great, 1 (1989), p. 135-152.
  • « Le témoignage d’un notaire : achats, ventes et production à Fribourg au milieu du XIVe siècle », Revue suisse d'histoire 35 (1985), p. 121-141.
  • «Quelques aspects des relations commerciales entre pays neuchâtelois et fribourgeois au XVe siècle», Musée neuchâtelois, n°1, 1990, p. 23-36.

Histoire de la monnaie et numismatique[modifier | modifier le code]

Histoire politique et religieuse[modifier | modifier le code]

  • « Le procès de la sorcière Catherine Repond dite ‘Catillon’ : superstition ou crime judiciaire », Annales fribourgeoises 50, (1969-1970), p. 13-80 [conférence prononcée lors de l’assemblée de la Société d’histoire du canton de Fribourg, tenue à Romont le 1er juillet 1967 ; avec édition de pièces du procès] .
  • « Les troubles du Valais vus à travers les comptes des trésoriers fribourgeois (1412-1419) », dans Mélanges offerts à André Donnet pour son 65e anniversaire, Vallesia 33 (1978), p. 201-222.
  • « A propos d’une charte inédite de l’évêque Pierre d’Oron : lépreux brûlés à Lausanne en 1321 », Revue d'histoire ecclésiastique suisse 75 (1981), p. 231-238.
  • « L’Ancien Régime », dans Guide des Archives de l’Etat de Fribourg, Fribourg (CH), Archives de l’Etat de Fribourg, Suisse, 1986, p. 4-68.
  • « ‘Grande’ et ‘petite’ école : ‘Magister’ et ‘Magistra’ à Fribourg (1249-1425) », RHES 81 (1987), p. 83-104.
  • « L’abbaye d’Humilimont et les comtes de Champagne », Revue d'histoire ecclésiastique suisse 82 (1988), p. 159-176.
  • [Septième centenaire de la fondation de la chartreuse de la Valsainte] : « Anniversaire : La Valsainte déroule le parchemin de son histoire, riche et sept fois centenaire », La Liberté [Fribourg (CH)], 23-26 décembre 1995, p. 21.
  • « Les comtes de Gruyère », dans Les Pays romands au Moyen Âge, éd. Agostino PARAVICINI-BAGLIANI, Jean-Pierre FELBER, Jean-Daniel MOREROD, Véronique PASCHE, Lausanne, Payot-Lausanne, 1997, p. 199-210.
  • « La vie religieuse en Suisse au temps du grand schisme et du conciliarisme : politique ou religion ? », dans Histoire religieuse de le Suisse, éd. Guy BEDOUELLE et François WALTER, Paris-Fribourg (CH), Cerf / Éditions universitaires, 2000 (Histoire religieuse de l’Europe contemporaine, 3), p. 65-85.
  • « L’heure de la puissance (1394-1536) », dans Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, dir. Favez, Lausanne, Payot ; Basel, Helbing & Lichtenhahn ; Lugano e Bellinzona, Giampiero Casagrande, 1982, p. 199-332.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bibliographie Internationale de l'Humanisme et de la Renaissance, Fédération internationale des sociétés et instituts pour l'étude de la renaissance,International Council for Philosophy and Humanistic Studies, Genève, Droz, 1969 (1971) n° 3908, 2000 (2004) n° 2849, 2002 (2006) n° 2935, etc.
  • Marianne Rolle, « Morard » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

Sur l'apport de cet auteur à l'historiographie des sujets traités, voir notamment :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notamment Jean Favier, Louis XI, Paris, Fayard, bibliographie
  2. Voir aussi ci-dessous "Bibliographie et référencements
  3. Communication écrite de Nicolas Morard, lettre du 14 mai 2013
  4. « Marcel Strub +1969 » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.; Marcel Strub avait été professeur de Nicolas Morard au collège Saint-Michel de Fribourg avant de devenir directeur du Musée d'art et d'histoire de Fribourg.
  5. Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 124e année, N. 2, 1980. pp. 295-298, ici p. 298.
  6. Cf. Francis Python, "Portrait de la société d'histoire du canton de Fribourg"
  7. « Glossaire des patois de la Suisse romande », sur www.unine.ch (consulté le 12 juin 2017)
  8. Cf. Martin Nicoulin, Granges-Paccot corps et âme, Fribourg, 2004, p. 18 : « Nicolas Morard, après avoir dépouillé des milliers de chartes... » ; il s'agit de plus de 3000 chartes concernant l'Hôpital de Fribourg, les structures agraires et la condition des personnes au Moyen Âge dans le territoire des actuels cantons de Fribourg et Vaud, ainsi que des actes notariés (communication écrite de Nicolas Morard, 3 mai 2013).
  9. Claude Macherel, Claude Reichler, Noël Barbe, Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture, Programme « Altérités montagnardes : un laboratoire de l’ethnologie », Site internet : « L’équipe se propose de travailler dans les Alpes mais selon une modalité différente. Il ne s’agit plus de partir des disciplines appliquées sur des sociétés de la chaîne mais de choisir une tranche restreinte d’espace et de temps qui peut aller des Préalpes au Jura (précisément de la Gruyère à la Franche-Comté), du XVIIIe au XXe siècle. La Gruyère est une entité politique féodale jusqu'au milieu du XVIe siècle ; c’est ensuite un espace social et économique singularisé par une production fromagère de grande valeur ; puis c’est une entité culturellement refaite et remodelée, dans des processus qui imbriquent des transformations économiques, des réinterprétations intéressées de l’histoire, des réélaborations esthétiques et savantes d’une culture indigène chahutée par l’industrialisation et le tourisme ; c’est enfin, de surcroît et de nos jours, un terrain de recherches scientifiques, notamment humaines. […]L’élaboration et la diffusion des savoirs se professionnalise et se diversifie aux deux générations suivantes, dont l’œuvre se poursuit au présent. Elle est majoritairement universitaire, et l’œuvre d’historiens surtout, tous rompus aux techniques comme aux problématiques de la recherche scientifique contemporaine : Roland Ruffieux, Nicolas Morard, Walter Bodmer, Jean Steinauer, Patrice Borcard, Ernst Tremp, par exemple. L’éventail de leurs postures cognitives va d’une neutralité universitaire affichée à l’objectivation critique. Quelques ethnologues prennent le relais des folkloristes. Géographes et économistes produisent de leur côté des savoirs “ de gouvernement ”, qui éclairent et orientent les actions tant publiques que privées en matière d’investissements et d’aménagement du territoire (le paradigme “ De Gérando ”). »