Nicolas Martin du Nord

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Nicolas Martin du Nord
Illustration.
Fonctions
Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Cultes

(6 ans, 4 mois et 11 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Soult III
Prédécesseur Alexandre-François Vivien (Tiers Parti)
Successeur Michel Hébert (Majorité conservatrice)
Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce

(1 an, 7 mois et 13 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Molé II
Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce

(6 mois et 27 jours)
Monarque Louis-Philippe Ier
Gouvernement Molé I
Député du Nord

(15 ans, 8 mois et 7 jours)
Circonscription Cinquième collège du Nord (Lille)
Prédécesseur Lui-même
Successeur Augustin Guilbert-Estevez (Majorité ministérielle)
Député du Nord

(7 mois et 3 jours)
Circonscription Cinquième collège du Nord (Lille)
Prédécesseur -
Successeur Lui-même
Biographie
Nom de naissance Nicolas, Ferdinand, Marie, Louis, Joseph Martin du Nord
Date de naissance
Lieu de naissance Douai (Flandre française)
Date de décès (à 56 ans)
Lieu de décès Château de Lormoy (Seine-et-Oise)
Nationalité Drapeau de France Français
Parti politique Majorité conservatrice
Conjoint Adèle Lefebvre
Diplômé de Doctorat en droit
Profession Avocat

Nicolas Martin, comte Martin du Nord[1], né le à Douai (Flandre française) et décédé le au château de Lormoy (Seine-et-Oise), est un magistrat et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de droit à Paris, Nicolas Martin du Nord fut reçu docteur en droit, et devint rapidement un brillant avocat au barreau de Douai. Il fut plusieurs fois bâtonnier. Conseiller municipal, juge suppléant, vice-président des hospices de Douai, il se prononça pour la Restauration avec un empressement qui fut ensuite l'objet des railleries de ses adversaires politiques, car il se rallia à la monarchie de Juillet dès le lendemain de la révolution de 1830.

Élu député le par le grand collège du Nord (571 voix sur 1.258 votants et 2.895 inscrits), il siégea dans la majorité conservatrice dont il ne tarda pas à devenir l'un des membres les plus en vue grâce à ses talents oratoires. Il se fit remarquer notamment dans la discussion générale du projet de loi sur la composition des cours d'assises et sur les déclarations du jury (). Le 12 mars, il fut le rapporteur de la commission chargée d'examiner le projet de loi concernant la procédure pour les délits de presse. Peu après (14 mars), il fit rejeter un amendement de Georges Humann qui proposait d'appliquer à tous les travaux d'utilité publique entrepris par le gouvernement les dispositions exceptionnelles du projet sur l'expropriation temporaire des propriétés privées.

Réélu le par le 5e collège du département du Nord (Douai) (91 voix sur 128 votants et 152 inscrits contre 35 à M. Honoré, avocat), il fut chargé d'un rapport important sur la loi sur l'avancement dans l'armée (8 octobre). En février 1832, il présenta le rapport de la commission chargée d'examiner le projet de loi autorisant la ville de Paris à émettre un emprunt de 40 millions. Rapporteur de la commission d'enquête chargée d'examiner les agissements du Sieur Kessner, caissier général du Trésor public qui avait disparu en laissant un déficit de plusieurs millions, il fut accusé d'avoir atténué, voire couvert, certaines responsabilités, et violemment pris à partie par l'opposition.

Nommé avocat général à la Cour de cassation le , il vit son mandat de député confirmé par ses électeurs (93 voix sur 109 votants et 151 inscrits) et fut désigné comme l'un des secrétaires de la Chambre des députés. Il présenta le rapport du projet de loi sur les associations adopté le . Le , il fut nommé procureur général près la cour d'appel de Paris, en remplacement de Jean-Charles Persil, nommé garde des sceaux. Le 15 avril, le roi le désigna pour remplir les fonctions de procureur général près la Cour des pairs, convoquée pour juger le procès des insurgés de Lyon (). Sa promotion dans la magistrature l'amena à se représenter devant ses électeurs qui lui renouvelèrent leur confiance le (105 voix sur 170 votants). Il fut également réélu lors du renouvellement général du 21 juin (109 voix sur 113 votants et 172 inscrits) et élu vice-président de la Chambre des députés le .

En 1835, il fut occupé par le procès des insurgés d' et, en 1836, par ceux de l'attentat de Fieschi, de l'attentat d'Alibaud, du complot de Neuilly-sur-Seine. Succédant au rapport de Girod de l'Ain, son réquisitoire dans le procès des insurgés d'avril occupa quatre séances.

Martin du Nord voyageait en Suisse en septembre 1836 lorsqu'il fut rappelé à Paris pour être nommé, le , ministre des Travaux publics, de l'Agriculture et du Commerce dans le premier ministère Molé, fonctions que, malade, il ne put remplir effectivement qu'à compter du 16 octobre. À ce titre il s'occupa des premières concessions du chemin de fer. Il présenta des projets de loi pour l'achèvement de routes royales, de ports maritimes, de canaux et pour l'amélioration de diverses rivières navigables. Il déposa également le projet de loi sur l'application exclusive du système métrique et le projet de loi sur les vices rédhibitoires des animaux domestiques. Il fit lever la prohibition des fils de laine à l'étranger et abaisser les droits sur les houilles étrangères. Il augmenta les encouragements à l'agriculture, tenta une réorganisation du Conservatoire des arts et métiers et créa plusieurs bourses à l'École centrale des arts et manufactures. Il appuie et encourage également le développement de l'industrie de la soie[2].

Il conserva le même portefeuille dans le deuxième ministère Molé jusqu'au . Ses électeurs du Nord lui avaient renouvelé leur confiance les , (116 voix sur 119 votants et 179 inscrits) et (108 voix sur 129 votants). Réélu à la vice-présidence de la Chambre, il fut nommé ministre de la Justice et des Cultes le dans le troisième ministère Soult, poste qu'il conserva jusqu'en 1847. Durant cette période, il ne cessa d'être réélu par ses électeurs de Douai, les (137 voix sur 140 votants), (173 voix sur 177 votants et 235 inscrits) et (172 voix sur 173 votants et 231 inscrits).

Comme Garde des Sceaux, il se signala par deux circulaires aux procureurs généraux du , l'une concernant la ferme et rigoureuse exécution de la loi sur les associations illicites, l'autre concernant les délits de presse, qui furent vivement attaquées par l'opposition républicaine. Il présenta aux chambres la loi sur les ventes judiciaires des immeubles, sur la responsabilité des propriétaires de navires, sur les ventes aux enchères de marchandises neuves, sur la police de la chasse, sur le Conseil d'État, sur la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il s'occupa également de la réforme du régime hypothécaire, présenta à la Chambre des pairs un projet de loi sur le noviciat judiciaire et prépara une réforme du Code d'instruction criminelle. Comme ministre des Cultes, il mena avec succès de délicates négociations avec les Jésuites et avec le Saint-Siège.

Il décède le 15 janvier 1847 d'une attaque d'apoplexie au château de Lormoy (Seine-et-Oise).

Vie familiale[modifier | modifier le code]

  • Il épouse Adèle Sophie Charlotte Lefebvre, fille d'un négociant lillois, dont postérité :
    • Ernest, comte Martin du Nord, lieutenant-colonel du 2e régiment de Paris, auditeur au Conseil d'État et conseiller général du Nord, marié le à Julie Sophie Chaulin, dont:
      • Cécile Martin du Nord, mariée le à Georges Marie Alphonse Esnault de La Devansaye;
      • Georges Martin du Nord, marié le à Marie du Goût de Cazaux;
      • Delphine Jeanne Martin du Nord, mariée en 1875 avec Louis Etignard de Lafaulotte;
      • Suzanne Martin du Nord, mariée le avec René Gaborit de Montjou.
    • Delphine Martin du Nord, épouse de Gustave Roland-Gosselin, dont:
      • Marie Alexandrine Roland-Gosselin.
    • Clémence Martin du Nord, épouse de Léon Roland-Gosselin, dont:
      • Marcel Roland-Gosselin, marié le avec Marie Thérèse de Vasselot de Régné;
      • Robert Roland-Gosselin
      • André Roland Gosselin, marié avec Marie Dutey-Harispe.
    • Charles Martin du Nord, Marié avec Lucie Marie Eugénie Louveau, dont:
      • Fernand Martin du Nord, marié avec Lucie Viellard;
      • Renée Martin du Nord, mariée le avec Joseph Petit de Bantel.

Décorations[modifier | modifier le code]

Armes[modifier | modifier le code]

Image Armoiries
Heraldique couronne comte français.svg
Armes Martin du Nord.png
Nicolas Martin († 1847), comte Martin du Nord par lettres patentes du roi Louis Philippe Ier, Garde des sceaux, Ministre, député.

Parti, au 1 de gueules à une main de justice d'argent montée d'or; au 2, d'or à la tour de gueules, sommée d'un lion naissant de sable; au chef d'azur, brochant sur le parti et chargé de trois étoiles d'or[3]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Créé comte héréditaire par lettres patentes du 21 février 1847.
  2. Annales de la Société séricicole: pour l'amélioration et la propagation de l'industrie de la soie en France (1842)
  3. Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, vol.5, p.2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]