Nicolas Dubreuil

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Nicolas Dubreuil
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Nicolas Dubreuil, né en 1969, est un aventurier français, spécialiste des milieux polaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1987, alors qu'il vient d'entamer des études d'informatique à Paris, Nicolas Dubreuil vit à 18 ans sa première expérience d'aventurier aux côtés d’un ami de la famille, un explorateur polaire. De Port McNeill, sur la côte Ouest du Canada à l'Alaska, il est initié à la dure aux règles de survie en milieu hostile et sauvage durant deux mois. Il parfait son apprentissage en rentrant seul d’Alaska.

De retour à Paris, Nicolas Dubreuil reprend sa vie étudiante mais il est contaminé par le virus de l'aventure. Il poursuit ses études à Strasbourg, où il parvient à combiner travaux universitaires, randonnées de dépassement et explorations clandestines urbaines. En 1995, il accomplit un raid en ski en Suède puis en Alaska, où il découvre la passion de l’Arctique, du grand froid, de l'immensité et de la glace.

En 1996, il devient guide pour l'agence Grand Nord Grand Large, spécialisée dans les voyages polaires, tout en restant maître de conférences en informatique. C’est au cours d'une expédition au Groenland qu’il se passionne pour ce pays singulier. Il y retourne régulièrement, rencontre peu à peu les peuples autochtones et apprend le groenlandais sur les bancs d’école, avec les enfants.

En , lors d'une aventure sur la côte Nord du Groenland, près d'Upernavik, la glace cède, il tombe à l'eau, à -2 °C. Gelé, les mains blessées par une carre de ski, il parvient à se hisser hors de l'eau. Secouru par deux Groenlandais qui ont assisté à la scène, Titus et Gerth, il est emmené sur un Ski-Doo au prochain village. En route, la glace cède encore, il retombe. Véritable miraculé, il s'en sort avec pour seule séquelle une insensibilité au niveau de la tranche des mains.

Connu par la radio comme celui qui est tombé deux fois à l'eau et y a survécu, cet accident lui ouvre les portes groenlandaises. Désormais les habitants d'Upernavik l’accueillent volontiers, et Titus l'initie au monde des chasseurs. Nicolas Dubreuil apprend à ses côtés la chasse à l'ours ou au phoque, la pêche au flétan, le dépeçage du phoque, l'attelage des chiens, les vents, les marées, la glace, des détails de fabrication du kayak, du harpon et du traîneau, et surtout, l'hiver.

À 34 ans, il abandonne son poste de maître de conférences à l'université, pour se consacrer à l'aventure polaire.

La vie d'explorateur[modifier | modifier le code]

Nicolas Dubreuil parvient à joindre les deux bouts et à financer ses voyages grâce aux expéditions en tant que guide. Il fait des conférences sur les milieux polaires pour les lycées, les associations ou les entreprises. Il devient également fixeur pour le cinéma et la télévision. Il accompagne les équipes de tournage et gère toute la logistique des déplacements. Il est le trait d'union entre les Occidentaux et les Groenlandais, en particulier les chasseurs de Kullorsuaq, avec lesquels il noue des liens privilégiés. Il assiste, entre autres, le tag polaire des 60 ans de Paris Match, les émissions Thalassa, Faut pas rêver et le Journal de 13h de TF1.

En quelques années, il pose sa tente au Groenland, au Spitzberg, en Alaska, au Canada, au Nunavut, en Islande et en Sibérie. S’il est désormais habitué aux pays de l’Arctique, jusqu'à poser le pied au Pôle Nord, sa curiosité est piquée par l'Antarctique, difficilement accessible pour quiconque. Il crée l'opportunité en devenant accompagnateur et conférencier à bord du prestigieux bateau de croisière en Antarctique, le Diamant. Il devient rapidement chef d'expédition pour la compagnie du Ponant, chargé de la supervision des débarquements et de la survie des passagers hors du bateau.

En 2007, en traversant la calotte glaciaire, il découvre Dye-2, ancienne base de radar polaire de l'armée américaine, laissée à l'abandon depuis 1989.

En 2012, il publie son autobiographie Aventurier des glaces, co-écrite avec Michel Moutot. En 2013, paraît Mystères Polaires, co-écrit avec le journaliste Ismaël Khelifa, où il revient sur les grandes énigmes et aventures du monde polaire.

Depuis l’été 2014, il travaille avec Jacques Malaterre sur la réalisation d’une série documentaire, Les oubliés du monde, produite par Les Tambours de soie et France 5. Cette série s’intéresse aux communautés isolées du reste du monde, et cherche à comprendre pourquoi et comment elles vivent dans ces régions reculées.

Kullorsuaq[modifier | modifier le code]

Désireux de pousser plus loin son exploration du Groenland, Nicolas Dubreuil, au cours de repérages pour un film, découvre Kullorsuaq, un village isolé à l'entrée de la Baie de Melville. Ses habitants sont des chasseurs « pas faciles et pas bavards ». Bien que l'accueil soit austère, il parvient à se faire accepter, notamment grâce à des échanges de matériel. Rapidement, il se lie avec les habitants, participe à la vie quotidienne du village, à la chasse, aux anniversaires, aux jeux de force. Touché par leur authenticité, Nicolas Dubreuil revient régulièrement à Kullorsuaq, et approfondit ses relations d’amitié. En 2009, il achète une maison destinée à accueillir les étrangers en son absence.

Sensibilisé par les conditions de vie de ces 450 habitants isolés du monde, qui se voient imposer des quotas de chasse et de pêche restrictifs, Nicolas Dubreuil se fait le témoin de cette civilisation en voie d'extinction. Il entame auprès d'eux un important travail ethnologique et photographique, qui vise à documenter leur quotidien, leurs croyances, leurs traditions et leur savoir-faire. Il entreprend également une thèse d'ethnologie consacrée aux pratiques de chasse groenlandaise, qu'il étudie auprès de ses amis.

En France, il révèle l’existence de cette culture méconnue par des interventions dans les médias, des expositions photographiques, et ses deux ouvrages Aventuriers des glaces et Kullorsuaq, un village aux confins du Groenland. À l'été 2013, il fait venir en France deux habitants de Kullorsuaq, leur offrant la chance de voir le premier arbre de leur vie. Durant ce périple incluant Paris, Bordeaux, Strasbourg et la Suisse, ils tournent ensemble le court métrage Inupiluk. Produit par Envie de Tempête Productions, le film met en scène les deux chasseurs inuits débarquant en France, accueillis par deux jeunes parisiens. Un long métrage est en préparation pour l'année 2015, axé cette fois sur les deux français en visite à Kullorsuaq.

Aventure et handicap[modifier | modifier le code]

Après son accident, Nicolas Dubreuil ressent l’envie profonde de permettre à toute personne de découvrir les régions polaires. Il organise avec succès une première expédition au Groenland avec des enfants sourds et des élèves en difficulté scolaire de la région parisienne. En 2007, il traverse la calotte glaciaire aux côtés de son ami Frank Bruno, amputé tibial, de Serge, qui vient de subir un triple pontage coronarien, et de Hogan, au dos gravement endommagé. Ce voyage singulier marque le début de son aventure tournée vers les personnes vulnérables.

Très proche de l’association Bout de vie, fondée par Frank Bruno, qui a pour but d’accompagner les amputés, il rencontre aussi d’autres associations pour des projets similaires. Avec l’aide de la compagnie du Ponant, il emmène cinq amputés en Géorgie du Sud et en Péninsule Antarctique. Lors de ces croisières polaires, il met d’ailleurs un point d’honneur à ce que les passagers handicapés vivent les mêmes expériences que les valides.

En 2012, Thierry Corbalan et Pascal Olmeta lui demandent de monter une expédition pour communiquer autour de l’association Un sourire un espoir pour la vie, qui accompagne des enfants gravement malades. Élaboré par Nicolas Dubreuil et Frank Bruno, « Le défi polaire » voit le jour en . Les nageurs Alain Bernard et Thierry Corbalan, amputé des bras, plongent dans les eaux glaciales groenlandaises. La prochaine expédition, prévue pour 2015 en partenariat avec l’association Vue d’ensemble, consistera à emmener 5 non-voyants et 5 voyants traverser la Baie de Melville au Groenland. Nicolas Dubreuil voit dans ces expéditions singulières la possibilité d’accompagner des individus fragiles dans leur défi et de les aider à réaliser leur rêve. Sa volonté est d’associer les handicapés et les valides afin de privilégier l’aventure humaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Dubreuil et Michel Moutot, Aventurier des glaces, Ed. La Martinière, Paris, 2012
  • Le Monde magazine, Dossier Tout quitter pour l'aventure,
  • Mathias Deguelle, Conduite accompagnée, le , France Inter
  • Marie-Pierre Planchon, Partir avec..., le , France Inter

Liens externes[modifier | modifier le code]