Nicolas-Pierre-Henri de Montfaucon de Villars

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Nicolas-Pierre-Henri de Montfaucon de Villars
Biographie
Naissance
Décès

Nicolas-Pierre-Henri de Montfaucon, abbé de Villars (1635-1673) est un écrivain français. Son prénom usuel est Henri[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Cadet d'une famille noble, il nait au manoir du Villars près d'Alet-les-Bains, dans la haute vallée de l'Aude. Il témoigne dès ses études de son goût pour le Talmud et Plotin. Engagé dans les ordres, il s’y fait remarquer par des succès fulgurants, et prêche à la basilique Saint-Sernin de Toulouse alors qu’il n’a que vingt ans (vers 1655). Il monte ensuite à Paris et fréquente les esprits forts et libertins de son temps. Embastillé en 1661, sans qu'on en sache le motif, il mène ensuite une carrière d'abbé mondain et de critique acerbe, attaquant notamment les écrivains de Port-Royal et les Pensées de Pascal, ainsi que Racine et Corneille dans sa Critique de Bérénice (1671). Il meurt assassiné sur la route de Lyon en 1673.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il est surtout célèbre pour son ouvrage intitulé Le comte de Gabalis ou Entretiens sur les sciences secrètes (1670) où il dévoile plaisamment les mystères de la Cabale et de la Société des Rose-Croix. L’ouvrage, qui révèle le savoir très limité de son auteur en matière d'occultisme, connut néanmoins un véritable succès de librairie par ses thèmes équivoques et libertins, comme son appel à un certain merveilleux. Il développe, à la suite de Psellus et Paracelse, une théorie sur les génie des quatre éléments :

"L'air est plein d'une innombrable multitude de peuples [les sylphes] de figure humaine, un peu fiers en apparence, mais dociles en effet : grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, et ennemis des sots et des ignorants. leurs femmes et leurs filles sont des beautés mâles, telles qu'on dépeint les Amazones... Sachez que les mers et les fleuves sont habités de même que l'air ; les anciens Sages ont nommé ondins ou nymphes cette espèce de peuple... La terre est remplie presque jusqu'au centre de gnomes, gens de petite stature, gardiens des trésors, des minières et des pierreries... Quant aux Salamandres, habitants enflammés de la région du feu, ils servent aux philosophes" (p. 45-48).

On a également de lui un Traité de la Délicatesse (1671).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. Kahn, préface à Le Comte de Gabalis, 2010, p. 15.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres
  • Le Comte de Gabalis, ou Entretiens sur les sciences secrètes (1670), édi. par Didier Kahn, Honoré Champion, 2010. [1]
  • Critique de Bérénice (1671), Paris, 2 vol.
  • De la délicatesse (1671), Paris.
Études
  • Dominique Descotes, La première critique des Pensées. Texte etcommentaire du cinquième dialogue du Traité de la Délicatesse de l’abbé de Villars (1671), C.N.R.S., Paris, 1980,
  • Jean-François Perrin, "Henri de Montfaucon de Villars", Féeries, n° 10, 2013, p. 273-278.

Liens internes[modifier | modifier le code]