Nicolas de Flue

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Nicolas de Flüe (saint)
Image illustrative de l'article Nicolas de Flue
Peinture représentant Nicolas de Flüe, avec l'inscription « Bruder Klaus » (« Frère Nicolas »)
Saint
Naissance
Canton d'Obwald
Décès   (69 ans)
Sachseln
Nationalité suisse
Vénéré à la tombe de Frère Nicolas à Sachseln
l'église Saint-Théodule à Sachseln
Flüeli-Ranft
Béatification 1648
par Innocent X[1]
Canonisation 1947 Rome
par Pie XII[1]
Vénéré par Église catholique
Fête 25 septembre (Suisse et Allemagne)
21 mars (Reste du monde)
Saint patron Suisse
Garde suisse pontificale

Saint Nicolas de Flüe, en allemand : Niklaus von Flüe, né le 25 septembre 1417 et mort le 21 mars 1487 à Sachseln est un ascète suisse qui est le saint patron de la Suisse. Il est parfois invoqué comme « Frère Nicolas. » Les principales caractéristiques attribuées à la pensée de Nicolas de Flüe – esprit de paix, non-intervention dans les affaires étrangères, modération - ont aujourd'hui encore des répercussions sur la manière dont certains Suisses perçoivent leur pays et envisagent sa politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue à Flüeli-Ranft

Nicolas de Flue est né à Sachseln, dans la municipalité de Flueli dans le canton d'Unterwald. Il est le fils de Heinrich von Flue et Hemma von Ruobert, paysans aisés. Il mène initialement une vie de modestie, pieusement identique à celle des paysans de sa région[2]. Il se distingue ensuite en tant que soldat dans la lutte contre le canton de Zurich, qui s'était rebellé contre la confédération. Vers l'âge de 30 ans, il épouse Dorothy Wiss, la fille d'un fermier[3], avec laquelle il a cinq fils et cinq filles, qu’il entretient avec aisance, grâce à son travail acharné[2]. Il continue dans l'armée, et à l'âge de 37 ans il atteint le grade de capitaine. Il aurait été connu pour se battre avec une épée dans une main et un chapelet dans l'autre. Après avoir servi dans l'armée, il devient conseiller et juge de son canton en 1459 et sert comme juge pendant neuf ans. Il refuse la possibilité de servir comme Landamman (gouverneur) de son canton.

Un mystique politique[modifier | modifier le code]

Une illustration de l'Amtliche Luzerner Chronik de 1513 de Diebold Schilling le Jeune, illustrant les événements de la Diète de Stans en 1481.

Après avoir reçu une vision mystique d'un lis mangé par un cheval[4], qu'il reconnut comme indiquant que les soucis de sa vie mondaine (le cheval de trait tirant une charrue) avalait sa vie spirituelle (le lys, symbole de pureté) il décide de se consacrer entièrement à la vie contemplative. En 1467, il quitte sa famille avec le consentement de sa femme, et s'installe comme ermite [1] à Ranft en Suisse, tout en établissant une chapelle et un prêtre sur ses fonds propres, afin de pouvoir assister à la messe quotidienne. Selon la légende, il a survécu pendant dix-neuf ans, sans autre nourriture, que l'eucharistie. La rumeur de son prodigieux jeûne se répercute jusqu'aux oreilles de l'État qui décide de vérifier si l'écho est bien juste, mais en vain car les autorités cèdent après un mois d'observation. Les témoignages se rapportant à son absence d'alimentation matérielle ou inédie, sont peu fiables et s'expriment en ces termes : « Dieu seul le sait »[2].

« Mon Seigneur et mon Dieu Prends-moi à moi Et donne-moi tout entier à Toi
Mon Seigneur et mon Dieu Prends-moi tout Ce qui me sépare de Toi
Mon Seigneur et mon Dieu Donne moi tout Ce qui m'attire à toi »[2],[5]
Un bref résumé des pensées de Nicolas par le biais d'une prière préservée dans un manuscrit de la fin XVe siècle[2]

.

Sa réputation de sagesse et de piété était telle que les grands de toute l'Europe sont venus chercher ses conseils. Il était alors connu de tous comme « Frère Nicolas. » En 1470, le pape Paul II accorde une indulgence au sanctuaire de Ranft et il devient un lieu de pèlerinage, car il était sur le chemin de Compostelle [3].

Nicolas intervient au cours de la diète de Stans en 1481 qui résulte des guerres de Bourgogne et où des conflits apparaissent, notamment concernant l'admission de Fribourg et de Soleure dans la Confédération, entrées redoutées par les cantons ruraux. Un des témoins du Convenant, Heini am Grund, va chercher auprès de Nicolas de Flue un message dont le contenu exact demeure inconnu mais qui établit les bases d'un compromis juridique qui règle la situation.

Des lettres de remerciements qui lui furent adressées par Berne et Soleure ont été conservées.

En dépit de son analphabétisme et de son peu d'expérience du monde, son art de la médiation et son sincère amour de la paix on fait de lui un conciliateur entre cantons ruraux et citadins et un des principaux unificateurs de la Suisse.

Son culte prend un nouvel essor lors des deux conflits mondiaux qui, au XXe siècle, épargnent la Suisse. La ferveur populaire, qui ne se limite pas aux seuls catholiques, trouve un écho lors de la canonisation de l'ermite en 1947, quand bien même la gauche suisse reproche à Nicolas de Flue d'avoir favorisé la classe dominante.

Canonisation[modifier | modifier le code]

Il a été béatifié en 1669. Après sa béatification, la commune de Sachseln construisit une église en son honneur où son corps a été enterré. Nicolas de Flue a été canonisé le par le pape Pie XII. Il est Saint-patron mondial de la paix depuis cette date. Il est également, de même que Saint Martin et Saint Sébastien, le saint-patron de la Garde Suisse Pontificale au Vatican. Il est aussi le patron des familles nombreuses, des médiateurs et le protecteur des épouses qui vivent séparées de leur mari.

Il est fêté le 25 septembre en Suisse et le 21 mars ailleurs[6],[7]

Le nouveau Catéchisme de l'Église catholique cite une brève prière personnelle de saint Nicolas de Flue[8]. Cette prière quotidienne de Saint Nicolas de Flue, Mein Herr und Mein Gott[5],[9], est encore activement utilisée aujourd'hui.

En sa mémoire, un musée a été fondé dans le village de la commune de Sachseln (OW)[10], où se trouve également l'église de pèlerinage de ce saint.

Une église à Lausanne est également placée sous son patronat: il s'agit de la paroisse de Saint-Nicolas-de-Flue, à Chailly[11].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Qui est Frère Nicolas? », sur bruderklaus.com (consulté le 21 novembre 2012)
  2. a, b, c, d et e R. Pernoud, Les Saints au Moyen Âge, Plon,‎ 1984 ch. XI « Mystique et Politique » p.231-236
  3. Michel Jungo (trad. Eric E. Thilo), La Couronne invisible : Histoire de Dorothée Wyss, femme de Nicolas de Flue [« Verborgene Krone »], Stein am Rhein, Christiana,‎ 1995, 2e éd., 118 p. (ISBN 3-7171-0995-2)
  4. (de) « Die weisse Lilie und das Pferd » (consulté en 2008-06-17)
  5. a et b Gebet von Bruder Klaus - Mein Herr und mein Gott
  6. Nominis : Saint Nicolas de Flüe
  7. Wer ist Bruder Klaus (Biografie)
  8. au paragraphe n ° 226 [4] du chapitre 1 de la partie 1, section 2 «La profession de la foi chrétienne» sous-position IV «Les implications de la foi en un seul Dieu "un aspect de ce qui fait un bon usage des choses créées
  9. pour des versions antérieures de cette prière en allemand et en français : Prière quotidienne
  10. Lieux saints
  11. http://www.cath-vd.ch/-Paroisse-de-St-Nicolas-Lausanne-.html

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]