Nicholas Winton

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Nicholas Winton
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Nicholas Winton en .

Nom de naissance Nicholas Wertheim
Naissance
Hampstead, Londres
Décès (à 106 ans)
Slough
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni britannique
Pays de résidence Royaume-Uni
Profession
courtier en valeurs mobilières
Autres activités
Résistance

Nicholas Winton, né Nicholas Wertheim, le à Hampstead, un quartier de Londres, et mort le [1],[2] à Slough[3], est un courtier en valeurs mobilières britannique[4] qui organisa le sauvetage de 669 enfants juifs tchèques et slovaques d'un destin fatal avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Surnommé le « Schindler britannique »[5], anobli en 2002 pour ses actes de bravoure, il lui est rendu hommage par David Cameron, Premier ministre britannique, en ces termes :

« Le monde a perdu un grand homme. Nous ne devons jamais oublier l’humanité dont a fait preuve Sir Nicholas Winton en sauvant tant d’enfants de la Shoah. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Ses parents sont des juifs allemands installés à Londres deux ans avant sa naissance. Leur nom de famille d'origine est Wertheim, qu'ils changent en Winton pour mieux s'intégrer[réf. nécessaire]. Ils se convertissent au christianisme et Nicholas est baptisé[6].

En 1923, Winton entre à l'école Stowe, qui vient tout juste d'ouvrir. Il la quitte avant l'obtention de son diplôme, étant donné qu'il fréquente l'école de nuit puisqu'il est bénévole à la banque Midland. Il part alors à Hambourg, où il travaille à la banque Behrens, puis à la banque Wasserman à Berlin. En 1931, il déménage en France où il travaille à la Banque nationale de crédit à Paris. Il retourne à Londres et devient courtier à la Bourse de Londres[réf. nécessaire].

Le sauvetage des enfants juifs[modifier | modifier le code]

Peu de temps avant Noël 1938, Nicholas Winton s'apprête à partir en Suisse pour faire du ski. Il y renonce pour venir à Prague aider un ami engagé dans le sauvetage de Juifs. Après avoir visité un camp de réfugiés, il monte seul, sur place, une organisation pour sauver les enfants juifs des nazis. Son bureau est une table à manger dans un hôtel de la place Venceslas.

En Grande-Bretagne, la Chambre des communes a approuvé un décret permettant aux réfugiés de moins de dix-sept ans de pouvoir s'installer dans le pays à la condition d'y trouver un lieu d'accueil et de déposer cinquante livres en garantie pour un éventuel billet de retour chez eux.

Quelques-uns de « ses » enfants en 2007.

Nicholas Winton, alors âgé de vingt-neuf ans, organise leur transport par huit trains de Prague à Londres. Le neuvième et plus important convoi ne put jamais quitter la gare de Prague, bloqué par l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne. Les 250 enfants qui devaient être à bord ont disparu.

Ce geste héroïque passa inaperçu pendant un demi-siècle, jusqu’en 1988. Pendant cinquante ans, les enfants ne surent pas à qui ils devaient leur sauvetage. Son histoire ne fut connue que le jour où sa femme Greta découvrit une serviette de cuir dans un grenier contenant des listes d'enfants et des lettres de leurs parents. Greta partage l'histoire avec l'historienne Élisabeth Meynard-Maxwell (en), spécialiste de la Shoah et épouse du magnat de presse britannique Robert Maxwell. Celui-ci prend des dispositions pour que son journal publie des articles sur les actes de Winton. Winton apparaît dans l'émission télévisée That's Life! présentée par Esther Rantzen sur BBC1. Des « enfants de Winton » se sont présentés à lui et lui ont exprimé leur gratitude pour avoir sauvé leur vie.

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

The Winton-Train en 2009.

Nicholas Winton a été élevé au rang de membre de l’ordre de l'Empire britannique (MBE) au début des années 1980 pour sa contribution à la création de Abbeyfields, un concept de résidence pour personnes âgées.

Il a reçu en 1998 la croix de 4e classe de l'ordre de Tomáš Garrigue Masaryk des mains de Václav Havel.

Un film, Nicholas Winton, la force d'un Juste, réalisé par Matěj Mináč et produit par Bessel Kok, a été adapté de cette histoire et a remporté un Emmy Award en 2002.

Il a été fait chevalier par la reine Élizabeth II en pour services rendus à l’Humanité.

En , un train ayant à son bord des rescapés ayant bénéficié de la filière mise en place par Nicholas Winton, a effectué le trajet de Prague à Londres. À leur arrivée sur le quai de Londres, les passagers ont été accueillis par leur ancien bienfaiteur qui était alors âgé de 100 ans et dont ils avaient longtemps ignoré l’identité[7].

En 2010, il reçoit le titre de Héros britannique de l'Holocauste (en), décerné par le gouvernement britannique[8].

Le , Miloš Zeman, président de la République tchèque, annonce son intention de remettre à Nicholas Winton, l'ordre du Lion blanc en .

Nicholas Winton, du fait d'être lui-même juif, n'a pas pu recevoir le titre de Juste parmi les nations décerné par le mémorial Yad Vashem de Jérusalem[9].

Les descendants des « enfants de Winton », dont le nombre est évalué à plus de 5 000, vivent aujourd’hui dans le monde entier, et notamment en Grande-Bretagne, au Canada et en Israël[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Nicholas Winton, la force d’un Juste, Matěj Mináč, produit par Bessel Kok, 2002
  • La famille de Nicky, le Schindler britannique, Matěj Mináč, Production Insomnia, Slovaquie, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]