Nicétas Oryphas

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Nicétas Oryphas ou Ooryphas (en grec : Νικήτας ὁ Ὀρύφας ou Ὠορυφᾶς) est un personnage officiel byzantin, patricien et amiral sous les empereurs Michel III et Basile Ier le Macédonien, actif dans les années 860.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous Michel III[modifier | modifier le code]

Le début de sa vie est inconnu. Plusieurs personnes dénommées Oryphas sont mentionnées dans des sources au cours de la première moitié du IXe siècle, toutes occupant des positions élevées dans la marine, mais toute relation familiale reste hypothétique[1].

Nicétas Oryphas est mentionné pour la première fois en 860 comme éparque de Constantinople quand une flotte Rus' apparaît à l'entrée du Bosphore et commence à piller les alentours de la cité. Du fait de sa position, Oryphas fait un rapport à l'empereur Michel III qui est en campagne contre les Arabes en Anatolie orientale. Plus tard, Oryphas est nommé dans la marine et, en 867, il est responsable de la flotte impériale. Il commande une flotte de 100 navires envoyés pour soutenir Raguse contre les Arabes qui l'assiègent depuis 15 mois[2] et restaurer la suzeraineté impériale sur les côtes de Dalmatie[3]. Cependant, il est possible qu'Oryphas eût déjà une expérience maritime puisqu'il est peut-être l'un des commandants de l'attaque contre Damiette de 853[4].

Sous Basile Ier[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait atteint un poste élevé sous Michel III et qu'il ait protesté contre l'usurpation de Basile Ier en 867, Oryphas est rapidement réintégré à son poste précédent. Il devient alors l'un des amiraux les plus efficaces de son temps[5].

En 869, Oryphas dirige la flotte byzantine qui navigue en soutien de Louis II d'Italie assiégé par les Francs à Bari. Mais en arrivant là, il trouve l'armée de la Francie occidentale dispersée dans ses quartiers d'hiver et cause un incident diplomatique en faisant référence au souverain Louis II comme roi d'Italie et non comme « empereur des Romains », titre alors détenu par les empereurs de Constantinople mais revendiqué avec véhémence par Louis II. Cette querelle entraîne le départ de la majorité de la flotte byzantine et la ville de Bari est prise par les Francs en février 871[6].

En 873, Oryphas défait la flotte de pirates sarrasins de l'émirat de Crète dans le golfe de Saros[7]. Cette victoire est suivie d'un exploit : alors que les Sarrasins pillent les côtes occidentales de la Grèce, il aurait demandé à ses hommes de porter les navires à travers l'isthme de Corinthe (comme l'on procédait dans l'Antiquité sur un chemin de portage) pour surprendre la flotte sarrasine dans le golfe de Corinthe et la défaire, mais la réalité de cette manœuvre est discutée[8]. Oryphas disparaît ensuite de toute source, bien qu'il aurait dirigé la flotte impériale durant quelques années avant d'être remplacé par le drongaire Nasar. Parmi ses actions d'éclat figurent la reprise de Bari en 875 et celle plus brève de Chypre[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Winkelmann & Lilie (1998), p. 442, 487-488
  2. Constantin Porphyrogénète, p. 130
  3. Runciman (1988), p. 215
  4. Winkelmann & Lilie (1998), p. 488
  5. Jenkins (1987), p. 192
  6. Jenkins (1987), p. 187
  7. Pryor & Jeffreys (2006), p. 61
  8. Pettegrew 2011, p. 1-8.
  9. Treadgold (1997), p. 458

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Constantin Porphyrogénète, De cerimoniis aulae Byzantinae, E. Weber, (lire en ligne)
    Texte édité par Immanuel Bekker et Johann Jacob Reiske
  • (en) Romilly Jenkins, Byzantium: The Imperial Centuries, AD 610–1071, University of Toronto Press, (ISBN 0802066674)
  • (en) John H. Pryor et Elizabeth M. Jeffreys, The Age of the ΔΡΟΜΩΝ: The Byzantine Navy ca. 500–1204, Brill Academic Publishers,‎ (ISBN 978-9004151970)
  • (en) Steven Runciman, The Emperor Romanus Lecapenus and His Reign: A Study of Tenth-Century Byzantium, Cambridge University Press, (ISBN 978-0521357227)
  • (en) Warren T. Treadgold, A History of the Byzantine State and Society, Stanford University Press, (ISBN 0804726302, lire en ligne)
  • (de) Friedhelm Winkelmann (dir.) et Lilie Ralph-Johannes (dir.), Prosopographie der mittelbyzantinischen Zeit: I. Abteilung (641–867) - 3. Band, Walter de Gruyter, (ISBN 3-11-016673-9, notice BnF no FRBNF37215648, lire en ligne)
  • (en) David Pettegrew, « Basil’s Thunderbolt: Niketas Ooryphas and the Portage of the Corinthian Isthmus », Intervention lors de la 37e conférence des études byzantines, Chicago,‎ (lire en ligne)