Nezara viridula

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Nezara viridula, plus communément appelée Punaise verte puante ou Punaise verte ponctuée, est une punaise malodorante (Pentatomomorpha), de la famille des Pentatomidae, de la sous-famille des Pentatominae, de la tribu des Pentatomini et du genre Nezara.

Elle est herbivore et originaire d'Éthiopie, mais présente aujourd'hui dans le monde entier[1].

Du fait de ses préférences pour certaines espèces de légumes, comme les haricots et les haricots de soja, elle est un organisme ravageur économiquement important de ces cultures[2].

Description[modifier | modifier le code]

Adultes[modifier | modifier le code]

Les adultes, en forme de bouclier, sont de couleur vert brillant avec trois à cinq points blancs en haut du scutellum. Ils mesurent de 1,2 à 1,6 cm de long. Ils diffèrent d'une espèce semblable N. hilaris par la forme de l'ouverture de leurs glandes odoriférantes qui est courte et large chez N. viridula, et étroite et longue chez N. hilaris[1]. Il existe de nombreuses variations colorées y compris chez un même individu. L'hiver Nezara virudula passe du vert au brun. Ce changement est réversible.

Confusion possible

Nezara viridula peut être confondue avec la Punaise verte (Palomena prasina) mais Nezara virudula a souvent 3 petits points blancs bien visibles à la limite du pronotum sur la partie dorsale, sur l’écusson. Pour Palomena prasina les ailes membraneuses sont sombre, elles sont vertes pour Nezara viridula.

Différents stades larvaires[modifier | modifier le code]

Le motif et la coloration de leur exosquelette varient en fonction de l'âge de la punaise.

Après éclosion, les larves de premier stade (rouge ou jaune) restent groupées puis vont se disperser dès le deuxième stade larvaire (rouge sombre). Elles commencent à s’alimenter.

À partir du troisième stade larvaire, les punaises prennent une teinte dominante sombre et leur thorax et abdomen se couvrent de taches blanches, jaunes et rouges.

Au quatrième et cinquième stades larvaires, l’insecte prend une coloration dominante vert jaunâtre avec des taches rouges et jaunes.

Biologie[modifier | modifier le code]

Nezara viridula se reproduit tout au long de l'année sous les tropiques, et à l'exception de l'hiver dans la zone tempérée. La femelle dépose de 30 à 130 œufs à la fois, sous forme d'une masse d'œufs solidement collée sous le dessous d'une feuille. Les œufs sont en forme de tonnelet, avec une ouverture au-dessus [1] Les œufs mettent entre 5 et 21 jours pour se développer, selon la température[3]. Les larves nouveau-nées se rassemblent près des œufs vides et ne se nourrissent que trois jours plus tard, après la première mue. Elles muent cinq fois avant d'atteindre leur maturité, augmentant de taille à chaque fois. Chaque stade larvaire dure une semaine, excepté le dernier qui dure seulement une journée[1]. Jusqu'à quatre générations peuvent se développer en une année, avec des œufs donnant des adultes en un peu moins de 35 jours au milieu de l'été. Jusqu'à leur troisième mue, les larves restent grégaires sur la même plante hôte, la raison de cette grégarité est la mise en commun de défenses chimiques contre les prédateurs tels que les fourmis [3].

Écologie[modifier | modifier le code]

C'est un insecte hautement polyphage et herbivore, capable de se nourrir sur au moins 30 familles de plantes, aussi bien monocotylédones que dicotylédones [3]. Elle a une préférence pour les légumes, surtout pour se nourrir sur des plantes en cours de fructification ou formant des cosses[3].

Le facteur limitant la population dans la zone tempérée est le froid hivernal. La mortalité des individus hivernants est comprise entre 30 et 80 % ; la population ne peut pas survivre dans les zones où la température de la mi-hiver est en dessous de 5 °C [4]. Les femelles sont plus résistantes que les mâles, comme le sont les plus grands spécimens et ceux qui développent une coloration brun-rougeâtre [3]. Dans les dernières décades, l'espèce semble avoir augmenté son aire de répartition vers le nord, certainement à cause du réchauffement climatique planétaire[4],[5]. La capacité de cet animal à survivre à l'hiver dépend aussi de l'opportunité de la diapause.

Parasitisme[modifier | modifier le code]

Œuf de Trichopoda pennipes sur la tête de Nezara viridula
  • En régions tropicales, dont elle est issue, divers hyménoptères parasitent Nezara viridula :
Ooencyrtus trinidadensis Crawford (Encyrtidae)
Gryon sp, Trissolcus basalis, Telenomus podisi Ashmead (Scelionidae) qui sont des parasitoïdes oophages.
  • En Europe le prédateur le plus net est Trichopoda pennipes

Origine et répartition[modifier | modifier le code]

Nezara viridula a une aire de distribution cosmopolite, vivant dans des régions tropicales et subtropicales en Amérique, Afrique, Asie, Australasie et Europe, entre 45 degrés nord et 45 degrés sud[3]. Ses origines exactes sont inconnues, mais il est admis communément qu'elle est originaire d'Éthiopie, région de l'Afrique de l'Est, d'où elle se serait répandue autour du monde grâce à sa puissante capacité de vol et aux routes commerciales humaines[3].

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom inital de Cimex viridulus[6].

Synonymie[modifier | modifier le code]

Liste chronologique selon Biolib
  • Cimex viridulus Linné, 1758 Protonyme
  • Cimex smaragdulus Fabricius, 1775
  • Cimex torquatus Fabricius, 1775
  • Cimex transversus Thunberg, 1783
  • Cimex variabilis Villers, 1789
  • Cimex spirans Fabricius, 1798
  • Cimex viridissimus Wolff, 1801
  • Nezara approximata Reiche & Fairmaire, 1848
  • Nezara aurantiacaCosta, 1884
  • Nezara hepatica Costa, 1884

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Une variété est reconnue :

  • Nezara viridula var. torquata (Fabricius, 1775)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. a, b, c et d Squitier J.M. (1997, mis à jour en 2007) »Southern green stink bug« Featured creatures, University of Florida Institute of Food and Agricultural services. Consulté en 2008-10-14
  2. Panizzi A.R. et al. (2000). Stink bugs (Pentatomidae). In: Schaefer C.W. & Panizzi A.R. (eds.). Heteroptera of economic importance, str. 421-747. Boca Raton: CRC Press
  3. a, b, c, d, e, f et g Todd J.W. (1989). » Ecology and behavior of Nezara viridula«. Annu. Rev. Entomol. 34: 273-292. DOI:10.1146/annurev.en.34.010189.001421
  4. a et b Musolin D.L. (2005). »The Southern Green Shield Bug Nezara viridula (L.) expands its distribution range, not only in the U.K.« Het News - Newsletter of the Heteroptera Recording Schemes. Accès du 14-10-2008.
  5. Yukava J. et al. (2007). »Distribution range shift of two allied species, Nezara viridula and N. antennata (Hemiptera: Pentatomidae), in Japan, possibly due to global warming«. Applied Entomology and Zoology 42(2): 205-215
  6. Linnaeus, C., 1758: Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio Decima, Reformata. Tomus I. Laurentii Salvii, Stockholm. 824 pp.542

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Liens externes[modifier | modifier le code]