Neuromodulation cérébrale

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La neuromodulation cérébrale offre des possibilités thérapeutiques non invasives transcrâniennes de modification de production des neurohormones et neuromédiateurs centraux dans le syndrome de fibromyalgie. Dans cette pathologie « la douleur est bien dans la tête » mais pas au sens populaire de cette assertion. En effet, la théorie actuelle la plus scientifiquement avancée grâce aux progrès de l'imagerie moderne IRM fonctionnelle et TEP (tomographie par émission de positrons) est une perturbation de la gestion de la douleur par la matrice neuronale au centre du cerveau humain. Ceci justifie la recherche de nouveaux moyens non pharmacologiques de modulation cérébrale.

Fibromyalgie[modifier | modifier le code]

La fibromyalgie (FM) fait l’objet de toutes les attentions pour les nouvelles techniques de modulation neuronale cérébrale, principalement la tDSC ou Transcranial Direct Current Stimulation (champ électrique), la TMS ou Transcranial Magnetic Stimulation (champ magnétique) mais aussi la PBE ou photonthérapie basse énergie (luminothérapie). Leur principe est de stimuler, par des procédés extracrâniens non invasifs, des aires spécifiques cérébrales et d’engendrer des modifications fonctionnelles de circuits neuronaux impliqués dans certaines pathologies, d’où le terme de neuromodulation.

Histoire de la neurostimulation cérébrale[modifier | modifier le code]

Ces techniques ont été appréhendées dès la fin du XIXe siècle (Alessandro Volta[réf. souhaitée] et L. Galvani[réf. souhaitée]) puis ont été éclipsées dans leurs applications médicales dans les années 1930 par la découverte des électrochocs en psychiatrie. Utilisées pour explorer les voies motrices pyramidales cérébrales (potentiels évoqués moteurs) mais aussi plus récemment en test prédictif de l’effet thérapeutique d’électrodes implantées (stimulateur cortical), elles reviennent en force en 2010 dans diverses pathologies, tant de la douleur chronique neuropathique que des pathologies psychiatriques ou des déficits post AVC… grâce à l’IRM 3D et les systèmes de neuro-navigation permettant un repérage précis de la zone corticale à stimuler[1].

Perturbation de la matrice neuronale de la douleur dans la fibromyalgie[modifier | modifier le code]

Dans la fibromyalgie, la découverte grâce à l’imagerie fonctionnelle (f-IRM), d’anomalies de la matrice neuronale cérébrale responsable de la gestion de la douleur, justifie les recherches en cours et les applications thérapeutiques prospectives pour des cas particulièrement rebelles[2]. En effet ces techniques de neuromodulation sont indolores, non invasives et ambulatoires.

Nouvelles techniques de neuromodulation cérébrale[modifier | modifier le code]

Ces traitements non médicamenteux s’inscrivent dans le cadre d’une prise en charge globale pluridisciplinaire pharmacologique et non pharmacologique selon les recommandations européennes EULAR 2006 et françaises HAS 2010.

Les effets attendus dans la FM sont antalgiques via la stimulation du cortex moteur primaire mais aussi l’humeur en excitant le cortex préfrontal dorsolatéral gauche voire l’asthénie et peut-être faciliter… le retour au travail.

La tDSC, Transcranial Direct Current Stimulation[modifier | modifier le code]

La tDSC[3] Transcranial Direct Current Stimulation, est peu coûteuse, dix fois moins chère que la TMS mais moins puissante[réf. nécessaire]. Elle nécessite seulement des électrodes et une batterie. La stimulation est soit anodale dite positive génératrice de dépolarisation du potentiel d’action membranaire et source d’excitabilité neuronale alors que la stimulation cathodale négative est hyperpolarisante et diminue l’excitabilité neuronale (inhibitrice). La tDSC agit en modulant l’activité cérébrale régionale, les stimulations activatrices et inhibitrices peuvent en complémentarité permettre de retrouver un équilibre entre les deux hémisphères cérébraux. Une technique sham dite « placebo » permet de développer un groupe témoin, ou contrôle, dans les études, ce qui est indispensable pour valider ces traitements expérimentaux. Le courant continu est en général de 1 ou 2 mA et la durée de la stimulation de 20 min.

La TMS, Transcranial Magnetic Stimulation[modifier | modifier le code]

La TMS[4] Transcranial Magnetic Stimulation, nécessite une bobine-aimant inductrice d’impulsions magnétiques transcrâniennes générant un courant électrique du cortex sous-jacent. Dans son application répétitive (r-TMS)[5] après repérage de la cible corticomotrice en single pulse (choc magnétique unique) le circuit électrique neuronal induit permet de moduler la perception du message douloureux. Les chocs magnétiques répétés pour être excitateurs doivent être appliqués à haute fréquence supérieure à 5 Hz. Leur effet pérenne nécessite plusieurs séances rapprochées (quotidiennes) puis d’entretien plus espacées. L’effet durable s’expliquerait par l’induction de potentialisation ou dépression à long terme (LTP et LTD) de la neurotransmission source de neuroplasticité cérébrale synaptique[6]. L’amélioration est rapide en quelques jours et dure quelques semaines, mais les protocoles ne sont pas encore consensuels ni validés ce qui en font actuellement des traitements de recherche[7]. Les effets secondaires de ces techniques sont anecdotiques avec rarement nausées, céphalées, irritations cutanées, vertiges[réf. souhaitée]. La comitialité reste par principe de précaution une contre indication, de même, les patients porteurs d’un pacemaker cardiaque[8].

Low Light Energy[modifier | modifier le code]

La PBE, photonthérapie basse énergie, correspond à une biostimulation inverse de la sécrétion de mélatonine par l'épiphyse, ou glande pinéale, sous l'influence d'un flash de lumière sur la face, les yeux fermés. Il s'agit d'une neuromodulation de la mélatonine par transfert d'énergie des photons de basse énergie de toutes couleurs de la lumière visible[9]. Le mode polychromatique de la PBE correspond à la sommation de toutes les énergies cumulées des photons des longueurs d'onde de la lumière visible du violet 480 nm au rouge 780 nm et d'une partie du spectre de l'infrarouge 3 400 nm.

Dans sa version monocouleur (chromothérapie), les localisations préférentielles pour la fibromyalgie[réf. nécessaire] sont le violet en coronal (entre le vertex et le frontal médium) pour le moral, le bleu en cervical antérieur pour le sommeil et l'orange en sacral antérieur pour les douleurs diffuses, le jaune en épigastrique pour les colopathies. Chez les patientes hypersensibles ou hyperactives, il faudra choisir pour l'hémicorps supérieur, les couleurs inverses, celles de plus faibles énergies : jaune pour violet, orange pour bleu…

La PBE[10] est une technique validée scientifiquement et médicalement en France par l'Afssaps (maintenant Ansm) depuis 2003[réf. nécessaire] et aux États-Unis depuis 2004 (FDA 21CFR 820)[réf. nécessaire], seulement pour le Bioptron Light Therapy System (BLTS). Ces appareils Bioptron sont des échangeurs d'énergie au regard de leur classification DM classe IIa, norme CE 0124 selon la directive 93/42/CEE et n'ont pas d'effets secondaires connus et compatibles avec un pacemaker ou un matériel d'ostéosynthèse ou arthroplastie. Sans rayons UV, ils entrent dans le cadre du matériel de physiothérapie du spectre électromagnétique qui s'étend des rayons gamma (γ, photons de haute énergie PHE) aux ondes radio sonores.

Leur efficacité est quasi immédiate, à chaque séance, le praticien doit ajuster la dose 10 000 lux à 40 000 lux en réglant la distance à la zone cible, la durée 10 à 20 minutes (position couchée impérative pour les patients fibromyalgiques), la fréquence et le nombre des séances : 3 par semaine et 10 au total en général en induction d'effet puis 1 à 2 séances par mois en entretien. Surtout le praticien de santé doit définir avec le patient l'objectif de la séance au cas par cas et à chaque séance (moral, sommeil, douleurs diffuses, vitalité…). Le patient retrouve très rapidement un sommeil réparateur, le moral, un état moins algique et une démarche plus tonique. Cette technique est applicable chez l'enfant pour le diagnostic d'élimination qu'est le JFMS (juvenile FMS)[11].

Intégration aux recommandations des sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Toutes ces techniques innovantes méritent des études cliniques rigoureuses pour confirmer les premiers résultats encourageants et ne se conçoivent qu'intégrées à la prise en charge conventionnelle plurimodale pharmacologique et non pharmacologique de cette pathologie telle que définie par les recommandations des sociétés savantes françaises (HAS[12]), européenne (EULAR) et américaines (ACR).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Bihan D. Le cerveau de cristal. Ce que nous révèle la neuroimagerie. Neurospin, CEA, 2012, éd. Odile Jacob.
  2. Marc JF. Apport de la Neuro-Imagerie fonctionnelle cérébrale (NIFC) à la compréhension du syndrome de fibromyalgie (FMS). Revue Hygie, 2006 ;32:26-27.
  3. (en) Degabriele R, Lagopoulos J. Recommendations for the use of tDCS in clinical research. Acta Neuropsychiatrica, 2010; 22: 197–198
  4. (en) Lefaucheur JP et al. « The use of repetitive transcranial magnetic stimulation (rTMS) and transcranial direct current stimulation (tDSC) to relieve pain » Brain Stimul 2008;1:337-44
  5. (en) Nitsche MA et al. « Transcranial direct current stimulation: State of the art 2008 » Brain Stimul 2008; 1(3), 206-23.
  6. (en) Rossi S et al. « Safety of TMS Consensus Group. Safety, ethical considerations and application guidelines for the use of transcranial magnetic stimulation in clinical practice and research » Clin Neurophysiol. 2009;120:2008-39
  7. (en) Nizard J et al. « Apport de la stimulation magnétique transcrânienne dans la fibromyalgie » Rhumatologie pratique 2011;283-284:1-4.
  8. (en) Passard A et al. « Effects of unilatéral repetitive transcranial magnetic stimulation of the motor cortex on chronic widespread pain in fibromyalgia » Brain 2007;130:2661-70.
  9. Freyheit S. La Luminothérapie et ses principales applications. Thèse pharmacie, France, 2009.
  10. Marc JF. La Photonthérapie Basse Énergie, applications en rhumatologie et médecine du sport. Séminaire Bioptron, Rome (It), 2012. In press & online.
  11. Marc JF. « Le syndrome juvénile de fibromyalgie : JFMS » Revue Hygie, 2007 ; 34,18-19 2006;73:488-9.
  12. HAS « Rapport d’orientation. Syndrome fibromyalgique de l’adulte » juillet 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Yunus MB, Masi AT., « Juvenile primary fibromyalgia syndrome. A clinical study of thirty-three patients and matched normal controls », Arthritis Rheum., vol. 28, no 2,‎ , p. 138-45. (PMID 3871615)
  • Marc JF. « La saga fibromyalgie, 102 ans de médecine »