Neurchi

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Un neurchi (« chineur » en verlan) est une communauté francophone née sur le réseau social Facebook qui rassemble des membres autour de thématiques très variées et de la culture du mème[1],[2],[3],[4]. Le mot neurchi est utilisé pour désigner les groupes Facebook de la communauté mais aussi les membres de cette communauté. (Le terme neurchette est parfois employé pour désigner les membres féminins[réf. souhaitée]). L'ensemble des neurchis est désigné sous le nom de neurchisphère[5].

Ces groupes sont régis par des règles de bienveillance et de bonne conduite, parmi lesquelles l'interdiction du tag sauvage (notifier publiquement un ami sans faire de commentaire constructif), et l'ouverture d'esprit quant au contenu[réf. nécessaire].

Description[modifier | modifier le code]

La grande majorité des groupes neurchi est facilement repérable, car ceux-ci sont nommés selon le même schéma : « Neurchi de [Thème abordé] ».

La culture du mème est souvent l'élément central des neurchis[1]. Cependant, d'autres sont davantage tournés vers le partage de contenus divers, d'articles de presse[3] ou de débats. Les thèmes des neurchis sont variés : certains partagent des contenus humoristiques, souvent issus de la culture web ou centrés sur l'actualité[6], tandis que d'autres sont des espaces de discussion, de débat et de partage de conseils. Certains neurchis sont centrés sur des mèmes politiques, leur sensibilité allant du féminisme[7] jusqu'à Éric Zemmour[8]. Certains neurchis sont consacrés à des œuvres culturelles (films, bandes dessinées), à des personnalités[6] ou aux identités régionales[9].

En plus de partager la culture internet, neurchi partage sa propre culture, avec ses propres termes, ses propres blagues et son propre vocabulaire[6]. L'humour mêle souvent l'ironie et l'autodérision[10].

Les neurchis sont le plus souvent des groupes fermés : pour y accéder, il est généralement nécessaire d'en faire la demande, d'en accepter les règles et de répondre à une ou plusieurs questions. Les groupes sont gérés par une équipe d'administrateurs et de modérateurs. Ces derniers rédigent les règles du groupe, acceptent ou refusent les candidats, valident les publications des membres, et veillent à la bonne tenue des espaces commentaires en appliquant des sanctions si nécessaire (interdiction de commenter, bannissement temporaire ou définitif). L'une des règles centrales et communes à presque tous les neurchis est l'interdiction des « tags sauvages », c'est-à-dire le fait de mentionner en commentaire un autre utilisateur sans réellement commenter la publication[11][source insuffisante]. Chaque neurchi a ses propres codes humoristiques et ses références.

Les membres des neurchi ont en grande majorité moins de 35 ans[6], environ 80 % sont de sexe masculin[6]. Certains groupes les plus populaires rassemblent plusieurs dizaines de milliers de membres[12]. Certains administrateurs ont créé et gèrent plusieurs neurchis différents (parfois des dizaines de groupes)[1]. La plupart des administrateurs sont étudiants et ont moins de 25 ans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier groupe neurchi, « neurchi de mèmes », est né en mai 2016[1]. Il a été créé par Yugnat999, un jeune utilisateur parisien[6]. Les neurchis sont en partie inspirés par les groupes Facebook anglophones reposant sur le même concept de partage de mèmes[1].

Dès les premiers mois, d'autres groupes neurchis dérivés ont vus le jours. Fin 2019 - début 2020, une « coupe de France du mème » rassemble plus de 70 000 internautes des différents neurchis[5].

Neurchi s'est exporté hors de facebook, sous forme de neurchIRL, qui consistent en des rassemblements de plusieurs membres de neurchi, généralement en soirée[réf. nécessaire]. Il s'est également exporté sur d'autres plateformes.

Analyse et critiques[modifier | modifier le code]

Les neurchis sont appréciés pour leur côté humoristique, et constituent pour certains utilisateurs une raison pour rester sur Facebook alors même que le réseau social est en perte d'attractivité[6],. Pour Numerama, « les neurchis ont réussi un exploit : ramener de jeunes internautes sur Facebook et en faire un réseau edgy, parfaitement dans les codes sociaux du web »[1].

Étant des groupes fermés, ils permettent une discrétion plus importante et sont perçus comme des espaces bienveillants[1]. Néanmoins, certains groupes sont peu ou pas modérés et certains mèmes et commentaires racistes, homophobes ou sexistes sont publiés. Des cas de harcèlement ont été également signalés dans certains neurchis, et il y a parfois des rivalités fortes entre administrateurs ou membres de neurchis différents[1].

Certaines branches de neurchi peuvent échapper à la bienveillance initiale. Ainsi, certains groupe neurchi on pu être témoins ou acteurs de harcèlements, ou de propagation d'idées extrémistes[13]. Du sexisme est parfois présent dans certains neurchis, qui regroupent des utilisateurs en grande majorité masculins[6]'.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Perrine Signoret, « Facebook est-il devenu drôle ? Bienvenue chez les neurchis, ces machines à créer des mèmes », sur Numerama, .
  2. QueenCamille, « Voici où trouver des memes par et pour les meufs ! », sur madmoiZelle.com, .
  3. a et b « On s’est incrusté dans un groupe secret qui pirate la presse payante. Ça s’est fini autour d’une bière », sur L'Obs, .
  4. JcMaster, « LOL : Facebook à la reconquête des ados ! », sur Junior City, .
  5. a et b « Retour sur la première édition de la Coupe de France du mème », sur usbeketrica.com (consulté le 6 juin 2020)
  6. a b c d e f g et h StreetPress, « Les neurchis de mèmes, une sous-culture web très politique », sur StreetPress (consulté le 6 juin 2020)
  7. QueenCamille, « Voici où trouver des memes par et pour les meufs ! », sur madmoiZelle.com,
  8. Victor-Isaac Anne, « Éric Zemmour, champion des parodies sur les réseaux sociaux », sur Valeurs actuelles (consulté le 1er février 2020)
  9. Jean-Laurent Cassely, « Mèmes décentralisés, ou la transition numérique des blagues de PMU », sur Slate.fr, (consulté le 6 juin 2020)
  10. « “Neurchis” et “memes” : quand catholiques et scouts s’amusent sur Internet », sur La Vie.fr (consulté le 6 juin 2020)
  11. « Tag sauvage ».
  12. Marie Turcan, « La Coupe de France la plus importante a lieu en ce moment sur Facebook (et on ne parle pas de foot) », sur Numerama, (consulté le 6 juin 2020)
  13. « Sur Facebook, des chasseurs de “social justice warrior” s’en prennent à des féministes », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 13 juin 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marinette Jeannerod, « Les stéréotypes mis à mal sur la Toile », Hermès, la revue,‎ (résumé)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]