Netizen

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Définition[modifier | modifier le code]

Netizen, digital citizen ou citoyen du net en français, est un mot-valise inventé en 1992 par un universitaire américain, Michael Hauben[1], issu de la contraction anglaise de net (abréviation d'Internet) et de citizen (qui signifie citoyen). Ce mot fait référence à une personne utilisant le réseau Internet et la technologie numérique régulièrement et de manière contributive. On parle de netizen à partir du moment où une personne utilise une adresse mail, est active sur les réseaux sociaux, fait du commerce en ligne, publie des articles etc. Michael Hauben voyait justement dans l’émergence d'Internet la possibilité donnée aux internautes de davantage s’engager ou d’intervenir dans les grandes questions du monde, de pouvoir se rendre utile au niveau planétaire[2]. Un netizen est donc un utilisateur actif du web qui participe à la dynamique du réseau Internet comme un citoyen participe à la dynamique de la société.

Grâce à ses nombreuses propriétés, le monde numérique offre aux citoyens du net de multiples manières de participer à la société, plus simples, accessibles, visibles et diffusables.

Historique[modifier | modifier le code]

Au niveau historique, en déclarant l’indépendance du cyberespace en 1996 à Davos, John Perry Barlow marque une distinction entre la citoyenneté numérique et la citoyenneté civile en posant le fait que « la cyber-citoyenneté est assortie de droits spécifiques qui doivent être développés ». On ne parle plus d’une « citoyenneté renouvelée grâce à l’espace numérique » mais d’une citoyenneté à part entière.[3]

Les pratiques de la citoyenneté numérique et celles de la citoyenneté civile ne sont pas les mêmes en regard des différentes propriétés[4] qui régissent le monde numérique et celles qui régissent le monde civil. De par sa nature instantanée, décentralisée et multilatérale, le monde numérique offre une possibilité de s’informer et de s’exprimer beaucoup plus facile et participative que dans la plupart de nos démocraties. La communication se passe à un niveau horizontal et non vertical, les forums et réseaux sociaux ouvrent la discussion commune et participative, tout un chacun est libre de partager ses opinions et de discuter celles des autres, l’intelligence est partagée (Wikipédia), des réseaux de résistance se créent, etc. Internet permet donc la participation à la décision publique elle-même ce qui implique la création de nouveaux droits qui eux-mêmes impliquent un besoin d’une éducation spécifique au monde du numérique[5].

Cette éducation, au même titre que l’accès aux outils numériques, n’est pas distribuée de manière égale partout. On parle de fracture du numérique qui, directement liée aux fractures sociales, varie en fonction des régions, des pays et des personnes. La citoyenneté numérique n’est donc pas accessible à tous et même pour ceux qui bénéficient des outils, l’apprentissage des pratiques n’est pas uniformisé.

Sensibilisation et Éducation[modifier | modifier le code]

Le travail d'Anne Collier[modifier | modifier le code]

Anne Collier[6], avocate et journaliste, rejoint les idées de Michael Hauben et du sens premier de netizen en étudiant plus particulièrement ce qu’est la citoyenneté numérique (netizenship). Pionnière de la prévention des abus sur internet, elle spécialise notamment sa recherche sur la sécurité en ligne et le rapport qu’entretiennent les jeunes avec Internet tout en développant un travail de sensibilisation autour du fait « d’être un-e citoyen-ne numérique ». Dans une conférence TED qu’elle donne en 2016 à Genève[5], elle donne quelques conseils à appliquer en tant que netizen pour faciliter une bonne intégration et navigation des jeunes dans le monde numérique. Elle insiste sur la nécessité d’offrir aux jeunes une capacité d’action et de liberté dans le monde du digital numérique en leur offrant une éducation adaptée et des compétences élémentaires pour qu’ils puissent s’engager consciemment et constructivement dans la société numérique.

Cette manière d’enseigner les bonnes pratiques à adopter sur le web et d’offrir les capacités d'agir en tant que citoyen dans le monde numérique, s’inscrit dans une optique de prévention positive face au réseau Internet et ses possibilités, ce qui se résume à ne pas baser l’apprentissage des utilisateurs sur la peur et les expériences négatives de certaines personnes. Plusieurs articles du livre Citoyens du Net [7] s'inscrivent également dans cette optique et offrent de nombreux exemples de pratiques encourageant la participation et l'action de chacun au sein du monde numérique pour mieux l'appréhender et développer sa culture.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://c250.columbia.edu/c250_celebrates/your_columbians/michael_hauben.html
  2. http://www.columbia.edu/~rh120/ch106.x01
  3. « Vers une déclaration des droits de l'homme numérique et du cyber-citoyen ? », sur Fondation Res Publica, (consulté le 22 novembre 2017)
  4. « Les propriétés fondamentales du numérique », sur netizen3.org, (consulté le 22 novembre 2017)
  5. a et b (en) « Anne Collier: The Heart of Digital Citizenship », sur tedxgeneva.net (consulté le 21 septembre 2017)
  6. (en) « Anne Collier's Bio », sur NetFamilyNews.org (consulté le 5 octobre 2017)
  7. Théo Bondolfi & all, Citoyens du Net, Suisse, Collection eCulture, , 436 p. (ISBN 978-2-9700902-1-2, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]