Nergis Mavalvala

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Nergis Mavalvala, née en 1968 à Lahore, est une astrophysicienne américano-pakistanaise connue pour son rôle dans la première observation des ondes gravitationnelles[1]. Elle est professeur d'astrophysique à l'Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), où elle est également la directrice associée du Département de Physique[2]. Bénéficiaire d'un prix MacArthur en 2010[3],[4], Mavalvala est surtout célèbre pour son travail sur la détection des ondes gravitationnelles au Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory (LIGO)[1],[5],[6], mais elle a également obtenu des résultats importants dans d'autres domaines de la physique liés au LIGO. Elle a par exemple effectué des expériences pionnières sur le refroidissement laser d'objets macroscopiques[7],[8], mais a aussi travaillé sur les états quantiques de la lumière[9].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Nergis Mavalvala nait à Lahore dans une famille Parsi[10], où elle est éduquée dans la doctrine zoroastrienne[6]. Elle est élevée à Karachi, au Pakistan. Elle fréquente le Couvent de Jésus et de Marie, où elle obtient les Niveaux O et A de qualifications. Elle déménage aux États-Unis en 1986 et s'inscrit à l'université féminine Wellesley College, où elle est diplômée en physique et en astronomie en 1990. Elle obtient son doctorat en physique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1997.

Carrière[modifier | modifier le code]

Étudiante au MIT, elle poursuit sa thèse sous la direction de Rainer Weiss. Mavalvala développe un prototype d'interféromètre laser pour détecter les ondes gravitationnelles[11]. Après ses études, elle est chercheuse postdoctorale, puis chercheuse à l'Institut de Technologie de Californie, travaillant sur le LIGO[1]. Nergis Mavalvala rejoint la faculté de physique du MIT en 2002[1].

Découverte des ondes gravitationnelles[modifier | modifier le code]

Mavalvala est dans l'équipe de scientifiques qui, pour la première fois, observe des vagues dans le tissu de l'espace-temps, appelées couramment ondes gravitationnelles. cette découverte est dévoilée au public le 11 février 2016. Cette détection confirme l'une des principales prédictions de la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein, formulée en 1915[10].

Après l'annonce de cette découverte, elle devient une célébrité au Pakistan, son pays de naissance. Elle déclare à la presse « nous sommes les témoins de l'ouverture d'un nouvel outil pour faire de l'astronomie »[12],[13].

Lors d'une interview avec le journal Pakistanais Dawn, après la détection des ondes gravitationnelles, elle affirme avoir été déroutée par l'intérêt du public porté sur ses recherches au Pakistan. Elle affirme « j'ai vraiment pensé à ce que je voulais que les gens sachent au Pakistan, comme j'ai gagné une certaine attention. Tout le monde devrait être en mesure de réussir, peu importe que l'on soit une femme, issu d'une minorité religieuse ou gay. ça n'a tout simplement pas d'importance[14]. ». Une déclaration du Premier Ministre du Pakistan Nawaz Sharif salue Nergis Mavalvala, la définissant comme une source d'inspiration pour les Pakistanais, les scientifiques, et les étudiants qui aspirent à devenir de futurs scientifiques. Il a également déclaré que « l'ensemble de la nation est fière de sa précieuse contribution[15] ».

Le 20 février 2016, l'Ambassadeur du Pakistan aux États-Unis Jalil Abbas Jilani a donné de la part du Gouvernement du Pakistan un message de félicitation à la chercheuse pour ses réalisations exceptionnelles dans le domaine de l'astrophysique. Il l'a également invitée à visiter le Pakistan, ce qu'elle a accepté[14],[16],[17],[18].

Contributions sur le refroidissement d'atomes par laser[modifier | modifier le code]

Le refroidissement optique de miroirs à une température proche du zéro absolu peut aider à éliminer le bruit de mesure découlant de vibrations thermiques[8]. Une partie du travail de Nergis Mavalvala porte sur l'extension du refroidissement laser pour piéger de plus en plus d'objets massifs, à la fois dans le cadre du projet LIGO, mais aussi pour d'autres applications, par exemple pour permettre l'observation de phénomènes quantiques dans les objets macroscopiques[7]. Des résultats importants ont été observés par son équipe sur cette thématique. Cela inclut notamment le refroidissement d'un objet d'échelle centimétrique, à une température de 0.8 Kelvin[7] et l'observation d'un pendule de 2,7 kilogrammes proche de son état quantique fondamental[8]. Ces expériences jettent les bases de l'observation du comportement quantique d'objets de taille humaine.

États quantiques de la lumière[modifier | modifier le code]

Nergis Mavalvala a également travaillé sur le développement des états quantiques de la lumière, et en particulier sur la génération de lumière dans les états quantiques cohérents[9],[19],[20]. Par l'injection de ces états dans les interféromètres de Michelson, les détecteurs du LIGO, son équipe a amélioré la sensibilité de la détection en y réduisant le bruit quantique[20]. Ces états ont en outre de nombreuses autres applications en physique expérimentale.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Lesbienne[1], elle et sa compagne ont un enfant. Elles résident à Cambridge, dans le Massachusetts. Mavalvala a de la famille éloignée à Karachi, et a visité la ville en 2010[1],[14],[21],[22],[23].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Gravitational wave researcher succeeds by being herself », sur ScienceMag - AAAS (consulté le 18 février 2016)
  2. « Nergis Mavalvala - MIT Department of Physics », sur Massachusetts Institute of Technology (consulté le 18 février 2016)
  3. « Nergis Mavalvala - MacArthur Foundation », sur MacArthur Foundation (consulté le 18 février 2016)
  4. « Nergis Mavalvala and Five Exceptional Stories Of Women In STEM », sur AutoStraddle (consulté le 25 février 2016)
  5. « MIT Kavli Institute Directory - MIT Kavli Institute for Astrophysics and Space Research », sur Massachusetts Institute of Technology (consulté le 18 février 2016)
  6. a et b « Making waves », sur The Hindu (consulté le 25 février 2016)
  7. a b et c Laser-cooling Brings Large Object Near Absolute Zero, ScienceDaily (April 8, 2007).
  8. a b et c Quantum goes massive, Phys.org News (July 16, 2009).
  9. a et b Laura Mgrdichian, 'Squeezed' Light May Improve Gravitational Wave Detectors, Phys.org News (June 5, 2008).
  10. a et b « Pak born scientist played significant role in discovery of gravitational waves », sur Business Standard (consulté le 25 février 2016)
  11. « Nergis Mavalvala », sur TEDxCLE (consulté le 25 février 2016)
  12. (en) Adam Hadhazy, « Here's How It Felt to Discover Gravitational Waves (Kavli Hangout) », Space.com,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2016)
  13. (en-US) « Einstein's gravitational waves detected - InDaily », InDaily,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2016)
  14. a b et c « Nergis Mavalvala, Pakistan’s unexpected celebrity scientist », sur DAWN (consulté le 18 février 2016)
  15. « PM praises Pakistani scientist who played key role in discovery of gravitational waves », sur Express Tribune (consulté le 18 février 2016).
  16. « PROF DR NERGIS MAVALVALA TO VISIT PAKISTAN », sur Pakistan Observer (consulté le 25 février 2016)
  17. « Jilani conveys PM’s greetings to Pakistani-US scientist », sur Radio Pakistan (consulté le 25 février 2016)
  18. « Would Nergis Mavalvala have made it had she stayed in Pakistan? », sur The Express Tribune (consulté le 25 février 2016)
  19. Dave Reitze, Squeezed Light Experiment a Glowing Success!, LIGO Laboratory News (28th October 2011).
  20. a et b Ulrik L. Andersen, Quantum optics: Squeezing more out of LIGO, Nature Photonics: News and Views, volume 7, pp. 589–590 (2013).
  21. « Karachi bike repairman inspired Mavalvala », sur Express Tribune (consulté le 18 février 2016)
  22. « Meet The Queer Woman Who Proved Einstein’s Theory About Gravitational Waves », sur NewNowNext (consulté le 19 février 2016)
  23. « Interview of Nargis Mavalvala », sur YouTube (consulté le 6 avril 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]