Nerf de bœuf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Châtiment avec nerf de boeuf (La paysanne pervertie - 1784)

Le nerf de bœuf est une matraque ou cravache légèrement flexible, faite a base du sexe de bœuf séché et durci[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'expression est composée de nerf et de bœuf. À l'origine, lorsque le mot nerf apparaît au XIe siècle, il désignait de façon beaucoup moins spécialisée un ligament, un tendon ou une fibre quelconque[2].

Description[modifier | modifier le code]

Nerf de bœuf, façonné en matraque

Long de trente à cinquante centimètres et d’un diamètre variant d’un demi à un centimètre, le nerf de bœuf est composé de nerfs et de tendons grossièrement tressés puis séchés. Une fois secs, ils forment une matraque jaunâtre très dure, mais qui conserve une certaine élasticité[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Le nerf de bœuf est produit à partir du membre génital du bœuf, arraché et desséché. C'est la description qu'en donne le Dictionnaire de l'Académie depuis sa première édition de 1694 jusqu'en 1838[3].

Par la suite la pudeur en fait cacher l'origine, il devient « tendon de la jambe et du calcanéum » en 1838, puis la « partie épaisse du ligament cervical » qui serait récupérée sur le cou des bœufs lors de la découpe de l'animal ; cette dernière version sera recopiée par tous les dictionnaires du XXe siècle avant d'être rétablie récemment dans sa version d'origine[3].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Autrefois[modifier | modifier le code]

Camp de concentration de Dachau : Prügelbock, utilisé par les SS pour le châtiment au nerf de boeuf
Nerf de boeuf découpé, usage mastication et friandise pour chiens

Les policiers utilisaient le nerf de bœuf dans les opérations de maintien de l'ordre, à la manière d'une matraque semi-rigide.

Les nervis, voyous marseillais, tirent leur nom du nerf de bœuf, dont ils se servaient pour menacer les passants et leur soutirer le portefeuille dès 1840.

Les éleveurs, les bouchers, les abatteurs ou les maquignons, qui allaient ou revenaient d’une transaction commerciale les poches pleines d'espèces, le tenaient en main pour parer à toute agression[3].

Cette matraque a aussi été utilisée comme fouet ou cravache pour la punition des esclaves.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle fut employée par les SS dans les camps de concentration. Le prisonnier était attaché sur un Prügelbock, chevalet de bastonnade présent dans tous les camps nazis[3],[4]. Le supplicié était battu par deux SS avec le nerf de bœuf. Il devait compter les coups à haute voix.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui le nerf de bœuf une fois séché peut être utilisé comme aliment de fortification des mâchoires et des gencives du chien. Il contribuerait à l'élimination de la plaque dentaire des canidés, lorsqu'il est rongé[5].

Composition[modifier | modifier le code]

Sa composition moyenne est de 84% de protéines, 3% de matières grasses et 8% d'humidité.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :


Notes et références[modifier | modifier le code]